VAOVAO TVM MIVANTANA

TVM EN DIRECTE.

VAOVAO

.

.

VAOVAO

mardi 8 mars 2011

La dualité Ariary-Fmg, un piège à… gogos




Les vazaha autant que les Malagasy résidant à l’étranger déclinent avec aisance la monnaie en ariary. De son côté, le Malagasy du coin jongle avec les deux monnaies, l’ariary et le fmg, en manifestant une inclination en faveur du fmg, qu’il s’agisse du citoyen lambda ou des « aristos » modernes. Il ne s’agit pas d’une question de snobisme ; ce n’est parfois qu’un raccourci pragmatique, surtout quand on utilise la langue malgache. 17.835 fmg, par exemple, comment les convertir en ariary ? Outre le fait de devoir transformer cette somme en ariary en la divisant par cinq, l’exprimer en langue malgache exige une deuxième gymnastique intellectuelle, celle de lire le nombre de droite à gauche, une singularité particulière à Madagascar que cet ordre d’épeler les chiffres à partir des unités pour remonter aux dixièmes, puis centaines et ainsi de suite. Pour revenir à l’exemple de 17.835 fmg, la somme en ariary s’élève donc à 8907, plus facile à écrire qu’à dire dans la langue du pays : 7 ariary 9 centaines et 8 milliers. Ce n’est pas toujours un plaisir de fouiller ainsi et on ne peut que comprendre la marchande de brèdes qui, même sans connaître la langue de Molière, annonce le prix de façon claire « 1350 » (sic) au lieu de 70 et 200 ariary. 
Là, on ne parle que des difficultés d’utilisation au quotidien ; lorsque l’on constate des difficultés, certains esprits imaginent de suite des opportunités pour exploiter ces difficultés à leur profit. Le double étiquetage y remédie en partie ; mais tout le monde ne pratique pas ce procédé. Les petits commerçants restent en majorité aux indications en fmg que les petites gens des agglomérations urbaines perçoivent mieux, alors que la grande distribution utilise de préférence l’ariary qui n’est pas toujours pratique pour les autochtones ; parfois, quand ceux-ci ne font pas très attention, ce qu’ils avaient cru être la bonne affaire devient la mauvaise surprise lors du passage aux caisses.
Les organisateurs de jeux publics le savent très bien, sur les documents officiels ils chiffrent les lots en ariary, alors que pour donner plus d’impact à leur communication, ils affichent cagnottes ou autre tirelires en fmg, millions et milliards résonnent mieux une fois multipliés par 5.