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lundi 3 octobre 2011

Des groupes de protection de l’environnement nient les accusations de ‘conspiration’ proférées par le chef de la transition de Madagascar


Exploitation de bois de rose dans le Parc National de Masoala, un site inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

Deux groupes engagés dans la protection de l’environnement, responsables d’une enquête sur le commerce illicite de bois de rose, ont formellement rejeté les allégations du président de la transition de Madagascar sur leur implication dans une campagne destinée à nuire à son image.

Andry Rajoelina, ancien maire de la capitale Antananarivo qui a pris le pouvoir après un coup d’état perpétré en mars 2009, a prétendu le mois dernier dans une interview de la Revue de l’océan Indien que Global Witness, basé à Londres et Environmental Investigation Agence, basé à Washington DC, ont tenté de salir son image en l’exposant dans une de leur opération d'infiltration sur le commerce de bois de rose. Les groupes ont trouvé des preuves suggérant que Rajoelina a été impliqué dans le trafic de bois de rose. Les éléments de preuve incluaient des séquences vidéo de négociants chinois de bois de rose qui prétendent traiter directement avec Rajoelina.

Dans l’interview de la Revue de l'océan Indien, Rajoelina a déclaré que les accusations « n’ont qu’une seule visée : salir mon image. » Il a affirmé que lors de son mandat en tant que maire d’Antananarivo, il n’est allé à Guangzhou qu’une seule fois pour « acquérir des matériels pour la commune, comme les bacs à ordures en plastique. » Il a ajouté qu'à aucun moment il n’a été impliqué dans le commerce de bois de rose.

Caméléon panthère à Madagascar
Caméléon panthère à Madagascar
« La filière bois de rose est une filière que je ne connais pas, que je ne maîtrise pas et qui ne m’intéresse pas du tout » a-t-il ajouté. « Je réitère que ce rapport a été écrit pour me discréditer. »

Mais lorsqu’on interroge Global Witness et l’Environmental Investigation Agency (EIA) à propos des remarques de Monsieur Rajoelina, ils nient toute motivation politique dans leur enquête.

« EIA et Global Witness sont des organismes à but non lucratif dédiés à la poursuite d’enquêtes pour révéler la criminalité environnementale et la corruption dans le commerce des ressources naturelles », ont déclaré ces groupes à wildmadagascar.org dans un communiqué envoyé par courriel. « Chacun de ces organismes a travaillé pendant plus de dix ans sur l'exploitation forestière illégale et son commerce dans le monde entier, en révélant les problèmes aussi bien dans les pays producteurs de bois que dans les pays consommateurs, y compris aux États-Unis, en Europe et en Chine. »

Les groupes expliquent que leur enquête a fait suite à une demande émanant du Gouvernement de Madagascar, dans ce qu'ils appellent « un effort louable consenti par les organismes malgaches impliqués dans le désir de résoudre ce grave problème. »

« Global Witness et EIA ont passé contrat avec Madagascar National Parks au nom du Ministère malgache de l’Environnement et des Forêts afin de mener une enquête sur le commerce illégal de bois de rose, palissandre et ébène, et d'identifier les responsables au niveau national et international. Dans le cadre de ce projet, nous avons entrepris des recherches en Chine, en Europe et aux États-Unis, qui sont les principales destinations pour la consommation des bois de rose et d'ébène. »








« Les déclarations montrant le rôle du Chef du Gouvernement de Transition de Madagascar, Andry Rajoelina, ont été formulées par les commerçants chinois impliqués dans le commerce illégal de bois de rose malgache au cours de cette enquête. Si le président Rajoelina veut montrer sa volonté de s’attaquer aux problèmes urgents auxquels sont confrontés les forêts de Madagascar, il ferait mieux de mener sa propre enquête sur ces allégations et de s’assurer que les personnes soupçonnées d'activités illégales soient traduites en justice, plutôt que de blâmer le messager. »

Global Witness et EIA ont également publié une transcription de la séquence vidéo au cours de laquelle les négociants de bois de rose se réfèrent à la visite de Rajoelina à Guangzhou en tant que maire d’Antananarivo.

    [négociant] Lorsqu’il était maire il est venu à Guangzhou avec [expurgé ; nom chinois]. 01:03:24
    [EIA] Oh vous le connaissiez donc ? 01:03:27
    [trader] Ouai, ouai quand il était encore le maire. Lui et mon partenaire sont venus à Guangzhou. 01:03:31
    [négociant] Les banderoles et les casquettes pour sa campagne à la présidence ont été faites à Guangzhou. 01:03:32
    [EIA] Oh, vous le connaissiez alors, bien sûr ! 01:03:37
« Au cours des transcriptions de nos enquêtes, les mêmes commerçants chinois qui se référaient à la visite de Rajoelina en Chine alors qu'il était maire ont également fait remarquer qu'il avait alors procédé à des achats à Guangzhou d’articles pour mener campagne. » Andrea Johnson, directeur des campagnes Forêt pour l'EIA, dit à wildmadagascar. org. « Les propos du président ne font donc que corroborer nos témoignages de première main. »

WildMadagascar.org a échoué dans ses tentatives pour parvenir au siège de Rajoelina afin d’élucider la réponse aux propos de l'EIA et Global Witness.

Rosewoodgate ou le scandale du bois de rose

Les accusations portant sur le bois de rose ont explosé en scandale politique à Madagascar. Les partisans de Rajoelina blâment le président empêché Marc Ravalomanana, tandis que les défenseurs de Ravalomanana pointent l’administration Rajoelina sur le trafic de bois précieux. Les deux parties disent que « la mafia chinoise » est impliquée dans le commerce. Quel que soit le ou les protagoniste(s) à qui incombe finalement la responsabilité, il y a eu une importante augmentation de l’exploitation de bois de rose depuis les événements survenus en mars 2009. Un inventaire récent mené en octobre 2010 a découvert d’importants campements de bûcherons à l’intérieur des limites du Parc National de Masoala, un site du Patrimoine Mondial de l'UNESCO célèbre pour la richesse de sa biodiversité. D'autres enquêtes ont apporté des preuves de l’existence de pièges utilisés pour la capture de lémuriens, qui deviennent toujours plus du gibier en vente sur les marchés locaux, d’après Conservation International, une ONG qui travaille dans la région.

Logging camp in Masoala
Campement de bûcherons à Masoala. Courtoisie du Missouri Botanical Garden

Les groupes de protection de l’environnement disent que le gouvernement a tardé à prendre des mesures contre les bûcherons opérant dans les parcs, mais les exportations de bois de rose ont été considérablement réduites en raison de la pression internationale et de la mise en place d’un meilleur contrôle des ports.

Madagascar est l'une des priorités mondiales en matière de protection de la nature du fait des menaces qui continuent de peser sur ses habitats et de son importante biodiversité. Plus de 70 pour cent des espèces de Madagascar ne se trouvent nulle part ailleurs sur Terre.


Le président Rajoelina a laissé entendre que WildMadagascar.org et Mongabay.com (parent de wildmadagascar.org) font partie d’une coalition visant à porter atteinte à son image. Rappelons que ni WildMadagascar.org ni Mongabay.com n’ont d’intention politique à Madagascar et que ni WildMadagascar.org ni Mongabay.com n’ont de relation avec Marc Ravalomanana ou ses agents.

La motivation profonde de WildMadagascar.org et Mongabay.com porte sur des questions liées à l’environnement. WildMadagascar.org et Mongabay.com n’ont aucun intérêt dans la vie politique malgache.

- Rhett Butler, fondateur et rédacteur de WildMadagascar.org et Mongabay.com

Madagascar Redressement de l'exportation de la vanille par un groupe indien

Le groupe indien Elite compte redresser l'exportation de la vanille malgache avec les coopératives des producteurs malgaches regroupés dans "Madagascar Vanille Development Exportation & Corporation" (MVDEC), apprend-on, hier, à l'issue de la conférence de presse donnée à cet effet. Donner un nouveau souffle à la vanille malgache avec l'amélioration de sa qualité ainsi que le développement des exportations dans cette filière sont les objectifs fixés par le groupe indien Elite et le lancement du projet se fera dans la région Sava, dans le nord-est de la grande île. De plus, ce redressement accompagne aussi "l'amélioration du niveau de vie de chaque planteur et opérateur de la filière en assurant un prix rentable aussi bien pour les producteurs que pour l'investisseur", selon les responsables du groupe Elite, en achetant auprès des producteurs de la vanille par les prix indicateurs fixés par l'Etat. Pour la concrétisation de son projet de redressement, Elite entend mettre en place un centre de recherche pour l'amélioration de la qualité de la vanille de Madagascar accompagné des conseils aux producteurs pour faire face aux maladies des vanilliers et multiplier la production. Dans ce projet, le groupe Elite investit 25 à 30 millions de dollars. 51% des actions sont détenues par le groupe Elite, 30% par MVDEC, et 19% par la Société nationale de participations malgache (Sonapar).
Les bénéfices seront partagés aux partenaires et une partie des intérêts reviendra aux producteurs, a-t-on précisé.
Notons que le prix de la vanille malgache a connu une baisse importante suivant la diminution du prix sur le marché international. Madagascar produit annuellement 4.500 à 5.000 tonnes de vanille verte pour avoir en finalité environ 1.300 tonnes de vanille préparée et exportable, qui représente 80% de sa production annuelle. L'année dernière, la grande île a exporté près de 2.410 tonnes de vanille, d'une valeur de 126.696 millions d'Ariary (1dollar équivaut à 2.000 Ariary), selon les données du ministère du Commerce malgache. L'Ouganda, l'Inde, l'Indonésie, les Comores et la Papouasie-Nouvelle-Guinée sont les principaux exportateurs mondiaux de vanille à part Madagascar, qui exporte ses vanilles vers les pays européens, américains et récemment vers le Japon et la Chine.