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lundi 21 janvier 2013

Valoriser les ressources naturelles et culturelles d'Orangéa pour un écotourisme

Au coeur de l'aire protégée d'Orangéa, vue sur l'entrée de la baie de Diego Suarez



Au coeur de l'aire protégée d'Orangéa, vue sur l'entrée de la baie de Diego Suarez

Au nord de Madagascar, la mise en place Nouvelle Aire Protégée d'Orangéa, dont le processus de création a débuté en 2007 suite à la demande de la Région DIANA et appuyé par les parties prenantes, touche actuellement à sa fin. Prochaine étape : l'obtention du décret de création définitive

La validation du plan d'aménagement et de gestion, un outil important pour l'atteinte de ses objectifs de gestion faisait l'objet de la réunion organisée par la Région DIANA et Missouri Botanical Garden, le promoteur du projet, qui s'est tenue le 27 décembre 2012 à l'espace Mahefa Antanamitarana.
Malgré quelques absences du côté des invités en raison des vacances des fins d'année, le plan d'aménagement et de gestion proposé de la NAP Oronjia a été validé. Les suggestions dégagées lors de la réunion de validation ont par ailleurs été prises en compte.
La gouvernance de cette nouvelle aire protégée a été revue en séance plénière, les contextes de la NAP ont été analysés lors des travaux de groupe pour faire ressortir la catégorie et le mode de gouvernance adaptés à ces contextes. D'après l'application des critères de catégorisation de l'Union Internationale sur la Conservation de la Nature (UICN), la NAP Oronjia est classée dans la catégorie V ou PHP, Paysage Harmonieux Protégé avec un mode de gouvernance partagée. Notons que l'identification de cette gouvernance a été faite de façon participative lors des travaux de groupe.
Les cibles de conservation, des éléments de la NAP, ont été analysées. Elles comprennent des éléments de la biodiversité et des valeurs culturelles/historiques, dont la forêt sèche, les primates, les plantes endémiques locales comme Dioscorea orangeana, les vestiges historiques. L'évolution de l'état de ces éléments témoigne des impacts des efforts sur la conservation des richesses. La viabilité de ces cibles choisies ainsi que les menaces qui touchent les richesses de la NAP ont été analysées.
Les différents plans d'aménagement proposés pour la gestion de la NAP ont été aussi présentés : un plan de zonage et un plan d'aménagement écotouristique. Les suggestions lors des séries de questions et réponses ont nettement amélioré ces propositions de plan, surtout par rapport aux réalités et les exigences du propriétaire du terrain.
Différents schémas illustrant la structure de gestion de la NAP ont été aussi présentés, la participation de plusieurs entités dans la gestion est remarquée dans cette structure, montrant le type de gestion partagée de la NAP.
Une planification quinquennale, tenant compte des analyses des menaces, des mesures de sauvegarde a été présentée, pour la gestion de la NAP Oronjia.
La prochaine étape de la mise en place de cette nouvelle aire protégée sera le dépôt des dossiers de demande du décret pour sa création définitive, auprès des différents ministères concernés.
L'objectif global de la gestion de cette nouvelle aire protégée est « Valoriser les ressources naturelles et culturelles de la NAP Oronjia pour un écotourisme, garant du développement local et la conservation de ses richesses ». 
Oronjia et sa biodiversité
La Nouvelle Aire Protégée d'Oronjia se trouve sur l'extrémité Nord-Est de Madagascar, elle est localisée dans la commune Rurale de Ramena (district d'Antsiranana II), région DIANA localisée à 6 km environ au nord est de la ville de Diégo Suarez. Elle s'étend sur une superficie de 1 642 ha, délimitée au nord-ouest par le fokotany de Ramena et au sud-ouest par le fokotany Ankorihikely. La zone est habitée par environ 3000 personnes.
Floristiquement, Oronjia est un site très riche. Prés de 216 espèces de plantes, réparties sur 149 genres et regroupées dans 57 familles ont été inventoriées. Parmi ces espèces 13 sont menacées d'extinction et 8 espèces sont endémiques locales notamment : Crossandra quadridentata (ACANTHACEAE), Uvaria antsiranensis (ANNONACEAE), Dioscorea orangeana (DIOSCOREACEAE), Stachyandra merana (EUPHORBIACEAE), Memecylon antsiranense (MELASTOMATACEAE), Premna orangeana (VERBENACEAE), Ivodea sahafariensis (RUTACEAE) et Grewia sahafariensis (TILIACEAE).
Pour ce qui est de la faune, le site abrite 110 espèces, dont 2 espèces d'amphibiens, 32 espèces de reptiles, 63 espèces d'oiseaux dont une colonie nicheuse de Phaetonlepturus, 10 espèces de mammifères non primates et 3 primates. Parmi la faune du site, 19 espèces sont endémiques de Madagascar et 5 sont menacées d'extinction.
L'ensemble de la zone d'Oronjia est caractérisé par une formation végétale sèche plus ou moins dégradée dont les taxons caractéristiques sont présentes par Commiphora stellulata(Burseraceae) et Hildegardia ankaranensis (Sterculiaceae).
On peut distinguer trois types de formations distinctes dans le site.
Forêt sèches à essence autochtone en dominance formée par des individus de régénération et rejets des troncs coupés, c'est-à-dire elle est secondarisée et en partie ressemble à un fourré plus qu'une forêt. Elle s'installe sur un substrat sableux au-dessus des roches calcaires. La forêt perd totalement ses feuilles en saison sèche.
Formation secondaire qui occupe les zones fortement perturbées, marquées par le passage des activités anthropiques. Cette végétation est plutôt classifiée comme un fourré ou végétation arbustive caractérisée par une dense population d'arbustes ligneux de taille moyenne avec une abondance d'espèces exotiques envahissantes.
Savane occupant la partie du site ayant subie une forte pression par des interventions humaines. Dans cette partie, la végétation arbustive est remplacée par une formation herbeuse utilisée comme aires de pâturage des zébus et des chèvres.
En plus de ces trois formations, le site renferme aussi deux étangs et un marécage temporairement inondé. Ces sites sont des zones d'importance pour les oiseaux.
Les pressions
La biodiversité d'Oronjia est fortement menacée par la surexploitation des ressources naturelles : la coupe sélective des plantes pour la construction, dont l'utilisation du Delonix velutina comme unique essence pour la fabrication de pirogue, le charbonnage menaçant l'espèce diegodendron humbertii, l'extension des champs de culture et des pâturages, la collecte irrationnelle de tubercule (oviala),...