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lundi 25 juin 2012

Rencontre Rajoelina-Ravalomanana – La ville de Luanda tient la corde

Rencontre Rajoelina-Ravalomanana – La ville de Luanda tient la corde


Les personnes concernées par un tête-à-tête Rajoelina-Ravalomanana mettent la pression sur le lieu de la rencontre. La capitale angolaise aurait pourtant la priorité.
Moins d''une semaine après la décision de la SADC d'initier une rencontre entre Andry Rajoelina, président de la Transition, et son prédécesseur à la tête de l'État, Marc Ravaloma¬nana, les détails manquent encore.
Les spéculations entre les parties plus ou moins concernées font monter les enchères autour du lieu de la rencontre, chacune réclamant le lieu propice qui l'avan¬tage. Jusqu'à hier, cependant, à défaut d'un communiqué officiel, Luanda semble tenir la corde pour abriter le prochain rendez-vous en¬tre les deux personnalités.
Ces supputations sonnent également comme une tentative de mettre la pression sur la SADC et d'influencer sa décision. Aussi bien les proches du pouvoir que les fidèles de l'ancien président de la République, tous admettent avoir « une préférence », mais Luanda se donne un petit avantage. Des journaux locaux avancent, en effet, la capitale ango¬laise comme la piste la plus sérieuse en attendant une décision de la SADC. La tendance actuelle confirme cette option.
La tenue d'une rencontre sur le sol malgache pourrait heurter la sensibilité des actuels tenants du pouvoir et compromettre le processus. Le Tanora malaGasy Vonona (TGV), parti de Andry Nirina Rajoelina, a affiché ses deux conditions pour ce « tête-à-tête d'urgen¬ce » comme le qualifie la SADC. Primo, il devra obligatoirement se dérouler à l'étranger secundo, « les acquis de la Feuille de route ne seront plus discutés », principalement l'attribution de la fonction de chef de l'État à Andry Rajoelina et les institutions de la Transition.
Non négociable
Lanto Rakotomavo, secrétaire nationale du TGV, utilise même l'expression « non négociable ». Des officiers des Forces armées malgaches, isolés ou non, font également savoir leur désapprobation de la tenue de cette rencontre à Madagascar. Leur déclaration rappelle, en tout cas, qu'ils rejettent un retour immédiat de l'ancien chef suprême des Armées au pays.
Mais surtout, Marc Rava¬lomanana, qui a insisté sur l'organisation de cette rencontre, a volontairement mis en exergue dans sa lettre destinée à la SADC le terme « anytime, anywhere », à savoir la possibilité de tenir la rencontre n'importe où et à n'importe quel moment. Hanitra Razafimanantsoa, une des leaders de la mouvance Rava¬lomanana, confirme cette donne mais mentionne néanmoins que « la préférence de la mouvance Ravalomanana va à Antananarivo ». Cette vice-présidente du Conseil supérieur de la Transition précise toutefois que « la décision de Marc Ravalomanana l'emportera ».
Une session extraordinaire du Sommet des chefs d'État et de gouvernement de la SADC s'est tenue à Luanda le 1er juin. C'est dans le communiqué issu de cette réunion que l'organisation régionale africaine a mandaté son émissaire Joaquim Chissano et la Troïka « d'appeler les deux principaux protagonistes de la crise à une rencontre d'urgence afin d'assurer la pleine application de la Feuille de route et d'instaurer un climat favorable aux élections ».
À son retour de la réunion des Nations unies à New York en mi-mai, Andry Rajoe¬lina avait affirmé que « tout ce qui est question juridique est close » concernant Marc Ravalomanana, assurant, néanmoins, sa disposition à discuter avec ce dernier et à régler son cas sur le plan politique.
L'UE encourage le dialogue
Leonidas Tezapsidis, ambassadeur de l'Union européenne, a réagi favorablement à la décision de la SADC d'initier un tête-à-tête entre Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana. Hier au Colbert à Antaninarenina, en marge de l'atelier de validation de la stratégie sur la pêche maritime, le diplomate a exprimé son soutien à cette initiative. Il a notamment déclaré que « l'UE était plus ou moins au courant (de cette décision, ndlr) car nous effectuons des échanges avec le bureau de liaison de la SADC à Antananarivo ».