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dimanche 28 août 2011

Le « miracle » économique malgache

Il faut rendre à César ce qui est à César et reconnaître que le Ministre des Finances de la HAT est un excellent gestionnaire. Au regard des indicateurs économiques pour 2011 (prévisions de la Banque mondiale et du FMI), la situation semble au beau fixe. Croissance du PNB de 1,7%, comptes courants stables, dettes extérieures régulièrement honorées avec comme résultat immédiat une baisse du stock de la dette ne représentant plus que 12,2% du PNB alors qu’il était de 12,7% au début de la crise en 2008. Côté échanges extérieurs, c’est le calme plat avec une baisse des importations à US$ 2,9 milliards et une stabilité des exportations à US$ 1,3 milliards en dépit de la sortie de l’AGOA d’où un déficit de la balance commerciale en baisse à US$-1,6 contre US$ -1,9 en 2008. Que c’est encourageant.
Pourtant Madagascar a perdu US$ 860 millions d’aides depuis 2009. A ce jour, les sanctions économiques restent maintenues et ce n’est pas demain la veille que le FMI et la Banque mondiale vont revenir à la charge pour soutenir un programme économique à Madagascar. Rien non plus côté Union Européenne. La relance des aides budgétaires du FED semble s’éloigner au fur et à mesure que le retour à la normalité constitutionnelle s’évapore.
Une autre information m’interpelle pourtant. Le conseil du Gouvernement Vital du 11 août 2011 a adopté une série d’engagements « pour faire face aux problèmes socio-économiques », sans précision de la période concernée. Et quels bels engagements. Secteur par secteur, le gouvernement s’engage à accorder 80 milliards Ar. de subventions aux compagnies pétrolières en attendant l’importation directe par l’État de pétrole iranien, irakien, vénézuélien, l’achat de riz et de sucre pour combler le GAP, des sommes astronomiques pour assurer la gratuité des soins, à payer les kit scolaires, paiement des arriérés de la JIRAMA et cerise sur le gâteau, une élection avant la fin de l’année. La question qui nous intrigue : Mais comment font-ils? Où le Ministre des Finances trouve t-il l’argent pour financer tous ces engagements sans toucher aux comptes de l’État, sans aides extérieures, sans faire tourner la planche à billets et sans toucher, selon les médias, aux 100 millions de dollars de WISCO ? Quel modèle nous permet de réaliser un tel miracle ?
J’en tire une conclusion naïve. Imaginez ce qu’un gouvernement reconnu, capable, visionnaire et bon gestionnaire et un peuple docile, travailleur et discipliné peuvent faire ensemble. Pour l’heure, l’attente d’une hypothétique signature d’un bout de papier nous tient en haleine et freine nos élans et ceux des investisseurs étrangers. Alors même que les moteurs de l’économie mondiale, États-Unis et Europe, sont en panne et que les intérêts des économies émergentes à Madagascar restent minimes en dépit des ambitions affichées de la Chine, l’économie malgache elle, est plutôt en bonne santé, du moins sur le papier. Certes, on survit à Madagascar. La sécurité alimentaire est désastreuse et la pauvreté s’est accentuée au cours de cette transition. Mais les Finances publiques sont plutôt bien gérées. Et il n’est pas interdit de rêver. Il est temps que les malgaches s’éveillent pour réaliser son « miracle » économique et assumer son destin.