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mercredi 11 mai 2011

Politiciens malgaches: Les plus impopulaires ... au monde !


«Comment évaluez-vous le niveau de confiance du public dans les normes d’éthique des politiciens dans votre pays ? ». C’est l’une des questions posées par le World Economic Forum et ses partenaires dans le monde (dont le Centre d’études économiques d’Ankatso) dans le cadre de l’établissement de l’Indice de Compétitivité Mondiale. L’organisateur du célèbre Sommet de Davos donne une échelle de 1 à 7 qui va de la plus mauvaise à la meilleure perception du public envers les politiciens.
Pour Madagascar, la notation est à la mesure du mépris de la population envers la politique et surtout les politicards. Nos hommes et femmes politiques n’ont qu’une notation de 1,6. Le rapport sur la compétitivité en Afrique, publié la semaine dernière à Cape Town (Afrique du sud), lors du sommet régional, permet d’indiquer que Madagascar a le plus mauvais score en Afrique avec la Côte d’Ivoire. Pis, les politiciens de la Grande Ile ont la plus mauvaise image au monde sur un classement de 139 pays recensés. On ne sait pas ce qui se passe dans les autres pays mais c’est le constat.
La note est une moyenne pondérée des enquêtes menées en 2009 et 2010. Et quand on fait le parallèle avec la Côte d’Ivoire, on peut dire que la transition n’est pas étrangère à cette perception de la population. Ce n’est pas la transition en soi qui est mauvaise mais la façon avec laquelle les professionnels de la politique l’utilisent pour se faire une santé financière avec en prime une seconde virginité politique.
Pas plus tard que lundi, nous avons évoqué dans ces colonnes ces spécialistes du 13 mai qui ne pensent qu’à leurs propres intérêts. Aux Roger Ralison, Marson Evariste, Pierre Lecacheur, Norbert Ratsirahonana, Pety Rakotoniaina et les autres, il faudrait aussi ajouter les innombrables et vulgaires opportunistes qui s’arrachent un siège au Conseil supérieur de la Transition ou au Congrès de la Transition par la seule force de la gueule. Quand un chanteur issu du MFM avant de rallier Andry Rajoelina sur la Place du 13-Mai clame haut et fort sur le plateau de la TVM que l’Etat lui verse quelque chose comme 25 millions de francs, ce n’est pas seulement scandaleux, c’est aussi une insulte à l’endroit des 20 millions de Malgaches qui pataugent de plus en plus dans la pauvreté.
Pour en revenir au parallèle avec la Côte d’Ivoire, les 352 membres du Parlement de la Transition, les ministres, les conseillers et les autres dignitaires du régime rêvent tous d’une transition aussi longue que celle qui s’est achevée dans la violence dans le pays de Drogba. Dans les différents milieux, on appréhende d’ailleurs ce schéma. On ne sait pas si les déclarations du président de la HAT, dans une interview à Jeune Afrique (lire notre édition d’hier), vont rassurer un tant soit peu. En tout cas, on ne peut qu’encourager Andry Rajoelina dans sa volonté de tenir les élections cette année. Ce sera l’occasion pour lui de légitimer son pouvoir à condition toutefois qu’il se décide pour de bon à se présenter. Mais ce sera l’opportunité de se dessaisir de cette meute de politiciens affamés qui ne daignent même pas jeter un regard sur leurs proches parents dans leur village natal.
La plupart de ces politiciens gravitent autour du pouvoir depuis quelques décennies mais allez visiter leur bled si vous trouvez des routes praticables, des écoles et des hôpitaux en bon état. Pourtant, du temps de Philibert Tsiranana qui a hérité quand même des infrastructures laissées par l’Administration française, les régions avaient connu un certain essor grâce à l’implication des ministres et des secrétaires d’Etat qui ont bataillé dur, qui pour la construction du bureau du district, qui pour l’aménagement hydro-agricole, qui pour les constructions routières. C’est à l’occasion de l’enterrement de proches dans les contrées lointaines qu’on retrouve les vestiges des routes laissées à l’abandon sans entretien.
En tout cas, ces politiciens n’ont plus la cote au sein de la population. Sinon, la victoire du « OUI » au référendum du 17 novembre dernier aurait été largement confortable. Et si le projet de tenir le même jour l’élection présidentielle et les élections législatives est maintenu, on ne donne pas cher de la peau des candidats non cautionnés par Andry Rajoelina. Après l’énorme sacrifice que ce dernier a consenti en ne nommant presque aucun ministre TGV, on imagine mal le tombeur de Ravalomanana faire des concessions à des compagnons de circonstance. D’autant plus que l’enjeu est énorme avec la nouvelle Constitution qui revient au parlementarisme de 1993 avec la nomination du Premier ministre par la majorité.
Les commentaires établis pour étayer la conclusion de WEF accablent a priori ceux qui ont rejoint la transition et la feuille de route que la Communauté internationale se doit de cautionner pour éviter une transition aussi longue et aussi sanglante qu’en Côte d’Ivoire. La perception envers les politiciens malgaches n’est cependant pas exclusive aux opportunistes de la Transition actuelle. Elle est aussi valable pour les gens d’en face qui pour des raisons obscures, en tout cas incompréhensibles pour une population avide de sérénité, de stabilité et surtout de mieux-être, jouent pour le jusqu’au-boutisme. Est-ce leur dernière carte ?
En tout cas, le pays est assez libre pour n’importe quelle manifestation pacifique. Le « Rodobe » ou tout autre appellation du mouvement de l’opposition doit se faire dans le cadre du jeu démocratique. Mais qu’on ne s’amuse surtout pas à mettre le pays à feu et à sang. Si l’opposition veut remettre un peu d’éthique à la politique, qu’elle s’en prenne aux membres du CST et du CT. Ces derniers sont en session actuellement. A eux de s’invectiver ou plus (comme ce qui s’est passé à Tsimbazaza entre Pety Rakotoniaina et Voninahitsy Jean Eugène). Et pourquoi pas s’arranger. Les politiciens ralliés à la HAT comme ceux de l’opposition sont les mêmes : ils sont les plus impopulaires au monde.
Salomon Ravelontsalama (Sa)
 http://www.lagazette-dgi.com