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jeudi 11 novembre 2010

Madagascar: 21 opposants arrêtés après les manifestations de mercredi

ANTANANARIVO — Vingt-et-une personnes, dont trois leaders d'opposition, ont été placées sous mandat de dépôt jeudi à Antananarivo, au lendemain d'échauffourées dans la capitale malgache, a annoncé un avocat de la défense.
"Fetison Andrianirina, Stanislas Zafilahy, le pasteur Edouard Tsarahame ainsi que 18 autres personnes ont été placés sous mandat de dépôt, ils sont en route pour la prison d'Antanimora (à Antananarivo)", a déclaré par téléphone à l'AFP Me Hanitra Razafimanantsoa, qui défend ces inculpés.
Mercredi, les "trois mouvances" des anciens présidents avaient voulu organiser un meeting dans un stade du centre ville, mais après avoir obtenu l'autorisation de la mairie, le préfet avait finalement annoncé à la radio que ce rassemblement était interdit.
Les forces de l'ordre avaient alors dispersé les partisans de l'opposition à coup de grenades lacrymogènes, et deux voitures avaient notamment été brûlées.
Après quelques arrestations mercredi, cinq leaders des trois mouvances avaient été convoqués à la gendarmerie jeudi matin.
Ils sont accusés de "participation à une réunion sans autorisation, de refus d'ordre de dispersion et de destruction de biens privés", a précisé Me Razafimanantsoa.
Parmi les trois leaders mis sous mandat de dépôt, Fetison Andrianirina est le chef de file de la mouvance du président évincé Marc Ravalomanana et a participé, à ce titre, à toutes les négociations pour tenter de sortir de la crise.
L'audience doit se tenir le 23 novembre, soit après le référendum constitutionnel du 17 novembre prochain, que dénoncent justement les opposants.
"Depuis hier, les seules opinions possibles sont le "oui" et le "non", mais pour nous ce référendum n'existe pas !", s'est indigné Joseph Randriamiarisoa, de la mouvance Albert Zafy.
Ce référendum est la première étape électorale d'un processus de sortie de crise élaboré dans le cadre d'un accord politique signé en août par une centaine de partis.
Ce schéma, qui prévoit ensuite plusieurs élections dont une présidentielle en mai 2011, est contesté par l'opposition radicale qui maintient sa volonté d'appliquer les accords de Maputo et d'Addis Abeba signés en 2009.
La communauté internationale n'a pas donné son assentiment à ce processus au motif qu'il ne serait "pas assez consensuel et inclusif".
Madagascar est plongée dans une grave crise politique et économique depuis fin 2008 et l'éviction en mars 2009 de l'ancien président Marc Ravalomanana au profit d'Andry Rajoelina alors maire de la capitale Antananarivo.
"Il paraît que c'est de notre faute s'il y a eu une manifestation de mécontentement, mais si on avait été à l'intérieur du stade, il ne se serait rien passé", a déclaré à l'AFP Emmanuel Rakotovahiny, le chef de file de la mouvance Albert Zafy, qui n'a finalement pas été mis sous mandat de dépôt après sa convocation à la gendarmerie.