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mercredi 6 octobre 2010

Contraire à l’esprit...

Faut-il autoriser les membres de la Haute Autorité de la Transition (HAT) à faire campagne pour le « oui » ? La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a répondu… oui, arguant du fait que ceux interdits de propagande, ce sont les chefs d’institution, les fonctionnaires d’autorité et tous ceux qui disposent d’un pouvoir de décision dans l’appareil d’Etat. Forts de cette permission, les membres de la HAT ont divisé l’île en secteurs et vont battre campagne chacun dans sa zone de prédilection. Voilà une perversion du sens de fonctionnaire d’autorité (ou une interprétation restrictive), car normalement, les membres de la HAT
devraient tomber sous le coup de l’interdiction.
Ce qui est curieux, c’est que la campagne est autorisée pour les membres de la HAT, alors que les chefs de région et les chefs de district -qui se plient en quatre face à ces mêmes membres de la HAT – n’ont pas la permission de faire de la propagande. En fait, si l’on s’en tient à l’esprit du code électoral, les membres de la HAT devraient s’abstenir de faire campagne. Car leurs fonctions élevées, dans l’entourage du chef de l’exécutif, leur confèrent un ascendant sur la population. Détenteurs d’une autorité, comme l’indique d’ailleurs le nom de l’institution à laquelle ils appartiennent, ces membres de la HAT exercent une réelle influence sur les électeurs et un souhait de leur part est un ordre, notamment dans les zones rurales. Une crainte et une prudence séculaires contraignent, en effet, les campagnards à épouser les vues des autorités en place. Si on veut véritablement garantir la liberté de choix des électeurs, les membres de la HAT ne devraient pas être autorisés à faire campagne.
Idem pour les ministres du gouvernement qui voudraient effectuer des tournées pour exhorter la population à voter. Non pas à voter « oui » car cela leur est interdit, mais à voter tout court (!). Apparemment, le but de l’opération est de limiter le taux d’abstention, lequel pourrait enlever tout crédit au référendum s’il est trop élevé. En fait, la seule présence des ministres dans la campagne exerce involontairement une influence sur les électeurs. Pour la population, en effet, ils exhortent à voter « oui » mais sans le dire de vive voix. Car de tout temps, un ministre plaide pour le « oui » et les gens ne comprendraient pas pourquoi il n’en serait pas ainsi cette fois-ci. Si on veut éviter aux électeurs toute pression  qui pèse sur leur choix, les ministres comme les membres de la HAT devraient rester dans leurs bureaux pendant tout le temps de la campagne référendaire. D’ailleurs, tous les barons de la transition devraient prendre exemple sur leur chef, Andry Rajoelina, qui adopte une attitude muette pour ne pas interférer sur le vote. Tout l’appareil dirigeant de la transition devrait prendre ses distances vis-à-vis des élections de la transition, et ne pas s’engager pour assurer la neutralité de l’administration lors des votes. La communauté internationale recommande d’ailleurs des élections neutres, libres et transparentes comme condition de la reconnaissance internationale. Tous ces membres de la HAT et ministres en campagne, désireux surtout de sauvegarder leurs sièges, devraient donc réintégrer au plus vite leurs bureaux et s’y tenir coi.
Que doit faire Andry Rajoelina pour inciter à la réserve ces dignitaires du régime de transition ? Le chef de la transition donne le bon exemple en restant  muet, mais membres de la HAT et ministres y sont… sourds.