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jeudi 27 décembre 2012

Les difficultés du secteur culturel – Des efforts pour que la culture devienne un levier de développement


« La diversité culturelle est une caractéristique inhérente à l’humanité, elle constitue un patrimoine commun de l’humanité et crée un monde riche et varié qui élargit les choix possibles, nourrit les capacités et les valeurs humaines ».
Ces quelques lignes tirées du préambule de la convention de l’Unesco sur la culture, montre suffisamment l’importance qu’il y a à promouvoir et à protéger la diversité culturelle. Madagascar a un peu négligé la diversité culturelle. Actuellement, les acteurs culturels la mettent à sa vraie place pour en faire une arme pour le développement du pays.
Luttes pour le soutien au secteur culturel
Le secteur artistique et culturel malgache fait actuellement face à deux problèmes importants : un manque de soutien financier et l’incompétence des hommes responsables politiques, du gouvernement et des officiels locaux qui ne comprennent pas la spécificité de l’activité artistique. Mais le problème principal du secteur culturel reste le manque de moyens financiers. Le budget du ministère malgache de la Culture et du Patrimoine en 2012 était moins important que ceux des autres départements. Le budget des institutions culturelles diminue également et seules les plus importantes réussissent à garder la tête hors de l’eau. Les autres sont condamnées à travailler à perte ou à fermer.
Face à cette situation apparemment sans espoir, de nombreuses institutions culturelles tentent d’obtenir le soutien du troisième secteur. Grâce à l’aide de fondations ou d’associations, elles peuvent faire d’autres demandes de subventions publiques, nationales ou étrangères. Bien que les institutions à la renommée internationale luttent pour survivre, ce sont les plus petites institutions artistiques et culturelles qui souffrent le plus. Et elles finissent bien souvent par passer davantage de temps à remplir des formulaires de demande de subventions qu’à effectuer un véritable travail culturel ou de recherche artistique.
Les problèmes des acteurs culturels
Malgré les résultats enregistrés ces derniers temps, le secteur de la culture peine à jouer son rôle de moteur de développement du fait de nombreux problèmes auxquels sont confrontés les acteurs culturels. Et en dépit d’un énorme potentiel et du rôle important qu’il joue sur le plan socioéconomique, le secteur de la culture n’a pas atteint le niveau de performance souhaité, du fait de multiples contraintes dont la plus importante est
la dégradation de la production culturelle.
Elle est engendrée par la prépondérance de l’informel dans le secteur ; la faiblesse de la professionnalisation des acteurs ; l’insuffisance des capacités de production et d’adaptation des acteurs culturels aux diverses mutations du secteur et un déficit de capacité à mettre de la plus-value sur le potentiel créatif existant.
L’insuffisance de la décentralisation culturelle
Le déficit de l’aménagement culturel du territoire national marqué par une concentration des infrastructures et des évènements culturels à Antananarivo ; le processus de décentralisation qui stagne au niveau des chefs-lieux de régions ; et l’absence de prise en compte de la culture dans les instruments de planification régionale (Plan régionaux de Développement, Plans locaux de Développement, Plans d’Investissement communaux) caractérisent l’insuffisance de la décentralisation culturelle.
Problèmes des sous-secteurs
Ces principales difficultés, du fait de leur caractère transversal, sont vécues par toutes les différentes filières.
La musique
Avec le palais national de la Culture et des Sports de Mahamasina, le théâtre de verdure d’Antsahamanitra, pas plus tard que mardi dernier, le Coliseum de Madagascar à Antsonjombe donne un nouvel espoir au monde de la musique. Mais pour un espace de 50 000 spectateurs, quelle artiste arrivera à le remplir ? En termes d’appui logistique, l’Etat n’apporte pas vraiment son soutien aux organisateurs de concerts et autres manifestations musicales. Par ailleurs, le problème de piratage d’œuvres n’est plus vraiment un grand problème pour ce secteur, vue l’ampleur du travail de la Brigade anti-piratage.
Le théâtre
Le théâtre a perdu la place qu’il occupait dans les années 70. L’engouement a faibli et le public a déserté les salles pour d’autres formes d’expression comme le cinéma. Le théâtre malgache a subi des mutations avec l’avènement de la télévision. Les réalisateurs de téléfilms malgaches sont confrontés à l’absence ou la rareté de la formation dans le domaine de la rédaction de scénario et de l’écriture dramatique.
En dépit de la multiplication des compagnies, le théâtre sénégalais a du mal à atteindre son public. Les espaces de diffusion sont singulièrement rares. Le potentiel économique et de création d’emplois est presque annihilé par la concurrence de la télévision. En outre, il n’existe aucun financement spécifiquement destiné au théâtre. Différents problèmes existent et constituent autant d’handicaps en ce qui concerne les espaces de création et de diffusion, la promotion, la formation, etc.
Les arts plastiques
En ce qui concerne les arts plastiques, la création et la diffusion constituent les nœuds gordiens faute d’espaces adaptés. La plupart des professionnels évoluent dans des situations de promiscuité ; leurs ateliers sont installés dans des sites à usage d’habitation ou parfois même dans la rue. L’Etat devrait aménager et mettre à la disposition des artistes un espace dit Village des Arts. Pour les espaces de diffusion, quelques galeries ont ouvert leurs portes comme l’Is’Art Analakely, Roses&Baobab, Le Louvre, l’Institut français de Madagascar… mais sont un peu limités en nombre.
Le cinéma
Le cinéma malgache a connu un net fléchissement au cours des deux décennies 80 et 90. Comme symptôme à cette crise, il y a la diminution drastique du nombre de salles de cinéma, seuls le Ritz, le Rex et quelques « tranompokonolona » servent encore de salles de projection. Il n’y a pas assez d’aide venant de l’Etat pour soutenir le cinéma et malgré l’essor des associations pour la promotion cinématographique et audiovisuelle, le cinéma malgache a beaucoup de difficultés. Le développement du sous-secteur devrait être accompagné d’une bonne politique de formation. Par ailleurs, la formation s’intéresse de plus en plus aux jeunes mais dans la majorité des cas, ce ne sont que les réalisateurs qui ont le privilège d’une formation. Il est cependant nécessaire de former proportionnellement des producteurs, des distributeurs et des critiques pour un développement équilibré de l’industrie cinématographique et audiovisuelle.
La photographie
La photographie constitue une branche des arts graphiques, que nous retrouvons dans la plupart des expositions collectives et même un mois est dédié à la photo intitulé « Sar’Nao ». Elle apporte une contribution de taille dans le domaine de la création et un soutien technique aux Technologies de l’Information et de la Communication. Cependant, la formation constitue une préoccupation majeure des professionnels. Il n’existe en effet aucune structure formelle de formation à la photographie à Madagascar. Le sous-secteur n’est pas non plus suffisamment structuré et réglementé pour être plus efficace et productif.
Le livre et la lecture
Des maisons d’édition, il n’y en a pas assez à Madagascar. Les bibliothèques, dans les écoles, on en trouve et nous avons aussi plusieurs centres de lecture et d’animation culturelle. La majorité des écrivains font de l’autoproduction à cause de la cherté du coût de l’édition. Dans les bibliothèques et centres de lecture, l’insuffisance du fonds documentaires, ainsi que le déficit en personnels qualifiés, la gestion des bibliothèques étant confiée généralement à des agents bénévoles formés sur le tas sont les principales difficultés de ce sous-secteur.
La mode et le stylisme
Le savoir-faire des stylistes et modélistes malgaches n’est plus à démontrer dans la mesure où ce secteur a donné de réels motifs de satisfaction aussi bien dans son organisation, dans ses résultats que dans son ouverture sur l’étranger. Cependant, la filière souffre du monopole exercé par la région de la capitale. Les autres régions du pays regorgent de potentialités mal valorisées faute d’espaces d’expression (show-room, manifestations spécialisées). En outre, bien que l’exercice de la profession relève du Département, les écoles de formation sont placées sous la tutelle du ministère de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle. Ce qui apparaît comme une incohérence structurelle.
Les langues nationales
Le sous-secteur des langues nationales est confronté à un certain nombre de contraintes comme la non-maîtrise des données statistiques et indicatrices pertinentes pour déterminer la qualité des enseignements ; l’insuffisance des ressources financières et humaines ; ou encore la non-efficacité de la décentralisation des activités relatives à l’alphabétisation au niveau des collectivités locales et des communautés…
Un grand espoir de relance
Depuis quelques temps, l’Etat actuel mise aussi sur la culture, la diversité culturelle pour promouvoir le développement du pays. Depuis la présentation de vœux de cette année au Palais d’Iavoloha avec les artistes, toutes disciplines confondues, le Président de la Transition fait tout pour honorer ses promesses comme la réhabilitation d’Antsonjombe pour en faire le plus grand et le plus beau Coliseum de l’Océan Indien voire même de l’Afrique. Les manifestations culturelles, par le biais des festivals un peu partout dans la Grande Ile donnent un nouvel élan à la diversité culturelle qui s’en trouve boostée. En effet, la culture a connu ces dernières années un nouvel essor. Plusieurs disciplines ont été appuyées par l’aide de l’Etat, ainsi que des particuliers. C’est ainsi que la diversité des expressions culturelles a été un peu plus priorisée. Les Malgaches redécouvrent les valeurs culturelles et la richesse des activités relevant de ce patrimoine. Notre pays met en exergue ses différentes facettes culturelles qui font l’objet d’attention particulière de la part des populations et des étrangers.
La politique menée par le gouvernement (le ministère de la Culture et du Patrimoine) encourage fortement l’initiative privée à travers des subventions favorisant l’organisation annuelle de manifestions culturelles dans toutes les régions du pays. Lesdites subventions malgré leur modicité participent à la promotion de la diversité des expressions culturelles. De ce fait, l’initiative privée, encouragée, se traduit aujourd’hui par la multiplication des événements culturels à travers tout le pays. Ainsi, chaque région a son festival et ses manifestations culturelles propres qu’elle organise annuellement. Le festival devient une opportunité de réunir les enfants du terroir autour d’activités appartenant à la région et favorise les échanges commerciaux et économiques.