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vendredi 28 janvier 2011

Perspectives économiques Les économistes du CREM sont pessimistes


Le Cercle de réflexion des économistes de Madagascar (CREM) a rencontré la presse ce jeudi 27 janvier. « Nous sommes pessimistes quant à l’avenir économique du pays » déclare Hugues Rajaonson, coordinateur national du CREM. Comme nombre d’observateurs, le CREM ne voit pas du tout d’un bon œil l’ingérence de l’État qui joue aujourd’hui le rôle d’opérateur économique au lieu de se limiter dans celui de régulateur qui lui échoit. Hugues Rajaonson, directeur de Cabinet du ministre des Finances est le coordinateur national du CREM. Le CREM a fait comprendre que quoi qu’on puisse évoquer, l’État qui importe du riz occupe les fonctions qui reviennent aux opérateurs économiques du secteur privé.
En fait, le CREM n’a pas manqué de critiques à l’endroit de presque toutes les décisions de l’État. Le riz est devenu un instrument politique, a-t-il souligné. Par ailleurs, « l’État importe des règles et/ou procédures de validation des critères de performance dans les Projets financés par des emprunts auprès des bailleurs de fonds », déclare Hugues Rajaonson. Il a aussi pointé du doigt la non maîtrise des informations, précisément leur collecte et leur traitement. Le CREM dénonce les annonces de création de telles ou telles infrastructures, qui, a-t-on compris, n’observeraient pas le code des marchés publics. Tout cela vraisemblablement en raison de l’instabilité politique et économique.
L’avenir économique du pays pour cette année, voire pour 2012, est sombre, affirme le CREM. Il propose de réévaluer chaque secteur clé ou ministère. En guise de financement, l’État a octroyé 10 % de plus au budget annuel de chaque ministère, alors que le CREM recommande plutôt de financer un ministère clé. Il conseille de prioriser un seul secteur pour une durée de deux ans avant de s’attaquer à un autre. Il en est de même pour les produits à exporter.
Le CREM a fait constater la stagnation du pays depuis l’indépendance : « 50 ans après l’indépendance, Madagascar puise toujours ses sources dans l’exportation. Les produits à exporter restent les mêmes », explique -t-il. Ces produits sont le litchi, le café, la vanille, le girofle et quelques matières premières. Hugues Rajaonson déplore que le pays se contente de quelques produits de quelques secteurs tel le textile, les crevettes et la vanille alors que les opportunités et les potentialités sont nombreuses. Il a cité entre autres, les huiles essentielles, l’oignon, le maïs. Le CREM souligne avec regret que Madagascar demeure jusqu’à présent un « preneur de prix » et subit toujours les fluctuations des prix mondiaux.