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jeudi 10 novembre 2011

Le patrouilleur français " Floréal " à quai à Madagascar

Floréal " est amarré au port de Diégo-Suarez depuis samedi dernier. Le patrouilleur a eu droit à une cérémonie officielle à laquelle prenaient part des officiels malgaches et français. Son escale dans la ville du Nord de Madagascar intervient seulement quinze jours après le passage de la frégate française " Le Nivôse " pour raison technique. Le journal local l’Express salue " un événement qui n’a jamais eu lieu " depuis le début de la crise dans la Grande île. 
Le patrouilleur français " Floréal " à quai à Madagascar


Le " Floréal " qui transportait à son bord 100 marins, dont 10 femmes, a jeté l’ancre au port  fraîchement réhabilité de Diégo ce samedi 5 novembre. L’arrivée du bateau a été accueillie dans une ambiance de fête, d’autant qu’un Malgache  natif  de la ville figure parmi l’équipage.
 
 
Les  autorités régionales, civiles et militaires, conduites par les  parlementaires Patrick Monibou et Jocelyne Rahelihanta ainsi que le chef  de région Romuald Bezara ont été invitées à bord du Floréal par le  capitaine de frégate Christophe Pasco et son équipage pour un cocktail  convivial ", rapporte le quotidien l’Express de Madagascar.
 
 
Cette cérémonie qui a duré deux heures a également vu la présence des résidents français ainsi que des coopérants militaires emmenés par le consul honoraire de Diégo-Suarez, Jean Pierre Manant. 
 
 
Mise à part cette réception officielle, c’est toute la ville portuaire qui était en effervescence. Une série de visites à bord du navire a été organisée à l’intention de la population, en particulier des écoliers et collégiens. Parallèlement, les opérateurs économiques locaux se sont mobilisés pour profiter de cette manne touristique. " Restaurateurs et artisans,  tours opérators et artistes, tous ont contribué à faire de la présence  des marins dans la capitale du Nord un événement inoubliable ", relate le journal malgache. " Naviguer  sur l’océan Indien sans faire escale à Diégo-Suarez   serait très regrettable  pour nous ", se réjouit le commandant du Floréal qui accoste pour la première fois à Madagascar. 
 
 
Le bateau de surveillance " Floréal ", mesurant 93,50m de long, 14m de large et 2950 tonnes de déplacements,   est armé de missiles anti-navires exocet (MM38), d’un canon de 100m et  de deux mitrailleuses 20mm F2. Il a aussi à son bord un hélicoptère de type Panther. Le bâtiment, qui participe régulièrement à la  surveillance des pêches dans les Terres Australes et Antarctiques  Françaises (TAAF), est basé à l’Île de La Réunion, au Port des Galets, et traverse tout l’océan Indien durant l’année.
 



Madagascar : un tiers des espèces de reptiles terrestres sont menacés

Un tiers des espèces de reptiles terrestres malgaches sont menacé et nécessitent des protections, a indiqué jeudi la Conservation International de Madagacsar


Madagascar : un tiers des espèces de reptiles terrestres sont menacés
Caméléon d'Oustalet, Ambalavao, Madagascar

Citant la liste rouge de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), cette ONG a indiqué qu'à l'heure actuelle, 113 espèces de reptiles terrestres malgaches sont répertoriées dans cette liste rouge de l'UICN alors qu'en 2010, 82 espèces de reptiles malgaches y ont été répertoriées parmi les 323 existantes dans toute la grande île.

Parmi ces espèces menacées, 113 reptiles, soit 34%, sont classés dans les trois catégories des espèces globalement menacées dont celles en danger critique d'extinction, celle en danger et celle vulnérables.
Ces reptiles malgaches sont subdivisées en quatre groupes notamment les caméléons, les lézards, les geckos et les serpentés.
D'après cette liste rouge, sur les 76 espèces de caméléons, 41 sont classées dans les catégories des espèces globalement menacées dont 4 en voie d'extinction. Les caméléons représentent pourtant les animaux les plus attractifs pour l'écotourisme.
Quant aux lézards, 24 sur les 81 sont classés dans la catégorie des espèces globalement menacées dont 4 espèces sont en voie d'extinction qui se trouvent seulement dans la forêt littorale d'Orangea (au nord du pays) qui vient d'être développée en une nouvelle aire protégée et l'aire protégée du Péninsule de Sahamalaza (dans le nord-ouest).

Concernant les geckos, 33 espèces sur les 88 sont dans les catégories des espèces globalement menacées dont 5 sont classées en danger critique d'extinction qui sont localisés seulement dans le massif de l'Ankaratra (dans le centre sud du pays) qui est en cours de protection et dans la forêt humide dégradée de Fiadanana (dans le sud-est de Madagascar) où aucune mesure de conservation n'est encore prise.

Pour le cas des serpents, 15 sur 78 espèces sont classées dans la catégorie des espèces globalement menacées incluant 3 en voie d'extinction où certaines sont connue seulement dans les forêts humides d'Andasibe (à l'est du pays) et d'autre localisé dans une seule localité de la baie de Sakalava (au nord-ouest).

Selon les organismes oeuvrant dans le domaine de la préservation de la biodiversité, les principales menaces identifiées pour les espèces de reptiles malgaches sont la perte de l'habitat suite à l'exploitation irrationnelle des bois, la fabrication des charbons de bois, la transformation de l'habitat naturel en terrain d'agriculture, le surpâturage et les feux de brousse.
La liste rouge de l'UICN a été sortie afin servir de référence pour les institutions et les organismes oeuvrant dans le domaine de la préservation de la biodiversité pour leur prochaine protection.


Les esclaves oubliés de la Grande Île refont surface


L'île de Tromelin fut la planche de salut d'esclaves malgaches naufragés et abandonnés. Des fouilles archéologiques exhument leur histoire singulière et taboue à Madagascar.

L'île de Tromelin

Jamais à Madagascar, Bako Rasoarifetra n’en avait entendu parler. Jamais, cette archéologue et muséologue de renom à Antananarivo, la capitale malgache, n’avait eu vent de la tragique aventure des esclaves oubliés sur l’île de Tromelin. Mais en 2009, dès qu’elle apprend qu’une équipe française a commencé des fouilles à Tromelin, situé à 450 kilomètres à l'est de la Grande Île, Bako Rasoarifetra veut être de la partie.  
Le 31 juillet 1761, l’Utile, navire négrier de la Compagnie des Indes, parti de Madagascar, fait naufrage sur les récifs coralliens d’un minuscule îlot sablonneux, sans arbres et végétation, perdu dans l’océan Indien. Après être parvenus à construire une embarcation de fortune avec les restes de l’épave, les cent vingt deux hommes d’équipage quittent l’île. Ils laissent derrière eux une soixantaine d’esclaves avec la promesse qu’un bateau viendra bientôt les secourir. Promesse non tenue. Ce n’est que quinze ans plus tard, en 1776, qu’une corvette récupère les huit esclaves survivants: sept femmes et un enfant de huit mois qui sera baptisé Moïse.

Libres et livrés à eux-mêmes

Pendant plus de deux siècles, les seuls vestiges à témoigner de cette présence humaine se résumeront à une ancre et trois canons. Passionné par l’histoire de l’esclavage, un ancien officier de Marine, Max Guérout, âgé de 73 ans, est alerté par un météorologue travaillant sur l’île de Tromelin qui le convainc qu’il y a là un terrain scientifique exceptionnel. Débute une longue bataille pour réunir des fonds, des soutiens et des hommes et lancer une première campagne de fouilles. Ce sera en 2006, avec l’archéologue Thomas Romon, mis à disposition par l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). Objectif: comprendre comment ces esclaves malgaches ont pu survivre sur cette bande de terre d’un kilomètre carré exposée aux intempéries, aux remous et aux cyclones. L’université d’Antananarivo par son Institut de Civilisations/Musée d’Art et d’Archéologie donne feu vert pour que Bako Rasoarifetra puisse se joindre à la troisième et dernière campagne de fouilles qui a eu lieu en novembre dernier.
«Imaginez-vous ces esclaves, raconte l’archéologue malgache: ils sont sous le coup de quatre chocs psychologiques. Libres, ils avaient été volés et réduits à l’esclavage; puis ils ont échappé à la mort et à la noyade lors du naufrage; ensuite, il leur a fallu survivre sur cette île déserte alors que probablement certains d’entre eux n’avaient jamais vécu près de la mer mais sur les Hautes Terres centrales de Madagascar; et abandonnés, ils se retrouvaient comme emprisonnés au milieu de l’océan, dans une attente interminable.»
Malgré les aléas climatiques —tous les objets collectés en témoignent—, ces hommes et ces femmes ont fait preuve d’une énergie et créativité formidables. «Pour les Malgaches, ne plus avoir d’activité, ne plus travailler c’est être morts. Et les fouilles ont prouvé que ces anciens esclaves avaient mis toutes leurs forces pour combattre et vivre à tout prix», analyse Bako Rasoarifetra.

Un symbole ultime de liberté

Exemple: la «pointe-démêloir» que l’équipe découvre dans les sables. Une grande émotion pour Bako Rasoarifetra, qui établit le lien entre les gestes d’aujourd’hui et ceux d’hier:
«Nous, les femmes malgaches, avons pour tradition de séparer nos cheveux avec cet outil que les hommes nous offrent. Or les femmes esclaves avaient la tête rasée; rendues à la liberté, elles ont donc laissé pousser leurs cheveux et les hommes leur ont confectionné cette pointe-démêloir. C’est, à mes yeux, un symbole ultime de liberté sur cette île loin de tout!»
La présence de l’archéologue malgache est précieuse pour l’équipe dirigée par Max Guérout: «Nous avions besoin de ses connaissances, pour travailler sur l’habitat par exemple, et surtout de sa sensibilité malgache». Et Bako d’ajouter en riant:
«Parmi toute cette équipe d’hommes, costauds et grands, ma petite taille me permettait de me glisser dans les cavités que l’on mettait à jour! Et il est vrai que les objets découverts me "parlaient" sans doute plus; je sais la philosophie de la vie, le mode de pensée qu’ils pouvaient révéler».
D’ailleurs, Bako Rasoarifetra a voulu tenir une petite cérémonie d’hommage aux morts, une femme et un homme, dont l’équipe a mis au jour les squelettes. «Nous n’avons pas retrouvé les sépultures mais il est important de procéder aux deuxièmes funérailles, car on entretient ainsi le souvenir, on réveille la mémoire; ceux qui meurent sont nos ancêtres et continuent à nous protéger, nous devons les honorer», a-t- elle expliqué aux membres français de l’équipe qui l’ont assistée dans la cérémonie.

Le tabou de l'esclavage

Bako Rasoarifetra regrette que cette page d’histoire soit si peu connue dans son pays. «La restitution de la mémoire de l’esclavage malgache, voilà ce qui m’intéresse, dit-elle. Certes nous avons déjà tenu deux colloques sur ce thème mais le sujet est encore tabou pour ceux qui descendent d’esclaves, ils éprouvent une forme de "complexe" à reconnaitre leurs ancêtres». Ce tabou fait sans doute aussi écho aux divisions sociales de la société malgache, avec tout en bas de la hiérarchie les andevos (descendants d’esclaves) dont le statut contredit quelque peu le mythe du fihavanana, un terme qui désigne la solidarité et l'entraide en tant que valeur fondamentale du lien social entre les Malgaches.
«Il y a une réticence à parler de l’esclavage à Madagascar. Dans le cas des esclaves de Tromelin, c’est encore plus vrai car ce ne sont pas des andevos qui ont été vendus mais des "Noirs java", descendants malgaches d’Indonésiens provenant des Hauts-Plateaux. De plus, les organisateurs de ce trafic étaient eux mêmes des habitants des Hautes Terres, ce qui veut dire que l’esclavage était sans doute plus pratiqué et répandu qu’on ne le croit», explique Max Guérout, le chef de mission.
De retour à Antananarivo, Bako Rasoarifetra veut y raconter l’aventure des esclaves oubliés. Elle espère aussi organiser un jour une exposition qui témoignerait de leur combativité. Un bel hommage, plus fort que les tabous peut-être?
Ariane Bonzon

vendredi 28 octobre 2011

les malades de cancer se plaignent du coût du traitement


Un cancéreux doit disposer d'une somme de 10 millions d'Ariary au minimum (1 dollar vaut environ 2 000 Ariary) pour arriver à terme de son traitement selon l'Express, alors que le revenu annuel d'une personne pour les 21 millions d'habitants dans la grande île est en moyenne moins de 400 000 Ariary, d'après le calcul de l'Institut national de la Statistique (INSTAT).
L'étape le plus cher est la chimiothérapie, mais avant d'arriver à la chimio, il faut d'abord faire beaucoup de bilan qui demande le passage au scanner et autres service payante, a dit le journal en citant un responsable du service oncologie, Dr. Ony Rajosefa.
Pour aider les cancéreux, une association nommée Appui à la radiothérapie et l'oncologie de Madagascar (AROM) organisera avec la Commune urbaine d'Antananarivo un téléthon le 16 octobre prochain à l'occasion des journées de cancérologie du 16 au 26 octobre.
Le cancer est la première cause de mortalité dans le monde. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que cette maladie aura fait 84 millions de morts entre 2005 et 2015, si aucune mesure n'est prise.
Le cancer est aussi classé parmi les maladies non transmissibles, comme le diabète, les maladies cardio-vasculaires et les affections respiratoires, qui sont à l'origine de 42% des décès à Madagascar.

lundi 3 octobre 2011

Des groupes de protection de l’environnement nient les accusations de ‘conspiration’ proférées par le chef de la transition de Madagascar


Exploitation de bois de rose dans le Parc National de Masoala, un site inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

Deux groupes engagés dans la protection de l’environnement, responsables d’une enquête sur le commerce illicite de bois de rose, ont formellement rejeté les allégations du président de la transition de Madagascar sur leur implication dans une campagne destinée à nuire à son image.

Andry Rajoelina, ancien maire de la capitale Antananarivo qui a pris le pouvoir après un coup d’état perpétré en mars 2009, a prétendu le mois dernier dans une interview de la Revue de l’océan Indien que Global Witness, basé à Londres et Environmental Investigation Agence, basé à Washington DC, ont tenté de salir son image en l’exposant dans une de leur opération d'infiltration sur le commerce de bois de rose. Les groupes ont trouvé des preuves suggérant que Rajoelina a été impliqué dans le trafic de bois de rose. Les éléments de preuve incluaient des séquences vidéo de négociants chinois de bois de rose qui prétendent traiter directement avec Rajoelina.

Dans l’interview de la Revue de l'océan Indien, Rajoelina a déclaré que les accusations « n’ont qu’une seule visée : salir mon image. » Il a affirmé que lors de son mandat en tant que maire d’Antananarivo, il n’est allé à Guangzhou qu’une seule fois pour « acquérir des matériels pour la commune, comme les bacs à ordures en plastique. » Il a ajouté qu'à aucun moment il n’a été impliqué dans le commerce de bois de rose.

Caméléon panthère à Madagascar
Caméléon panthère à Madagascar
« La filière bois de rose est une filière que je ne connais pas, que je ne maîtrise pas et qui ne m’intéresse pas du tout » a-t-il ajouté. « Je réitère que ce rapport a été écrit pour me discréditer. »

Mais lorsqu’on interroge Global Witness et l’Environmental Investigation Agency (EIA) à propos des remarques de Monsieur Rajoelina, ils nient toute motivation politique dans leur enquête.

« EIA et Global Witness sont des organismes à but non lucratif dédiés à la poursuite d’enquêtes pour révéler la criminalité environnementale et la corruption dans le commerce des ressources naturelles », ont déclaré ces groupes à wildmadagascar.org dans un communiqué envoyé par courriel. « Chacun de ces organismes a travaillé pendant plus de dix ans sur l'exploitation forestière illégale et son commerce dans le monde entier, en révélant les problèmes aussi bien dans les pays producteurs de bois que dans les pays consommateurs, y compris aux États-Unis, en Europe et en Chine. »

Les groupes expliquent que leur enquête a fait suite à une demande émanant du Gouvernement de Madagascar, dans ce qu'ils appellent « un effort louable consenti par les organismes malgaches impliqués dans le désir de résoudre ce grave problème. »

« Global Witness et EIA ont passé contrat avec Madagascar National Parks au nom du Ministère malgache de l’Environnement et des Forêts afin de mener une enquête sur le commerce illégal de bois de rose, palissandre et ébène, et d'identifier les responsables au niveau national et international. Dans le cadre de ce projet, nous avons entrepris des recherches en Chine, en Europe et aux États-Unis, qui sont les principales destinations pour la consommation des bois de rose et d'ébène. »








« Les déclarations montrant le rôle du Chef du Gouvernement de Transition de Madagascar, Andry Rajoelina, ont été formulées par les commerçants chinois impliqués dans le commerce illégal de bois de rose malgache au cours de cette enquête. Si le président Rajoelina veut montrer sa volonté de s’attaquer aux problèmes urgents auxquels sont confrontés les forêts de Madagascar, il ferait mieux de mener sa propre enquête sur ces allégations et de s’assurer que les personnes soupçonnées d'activités illégales soient traduites en justice, plutôt que de blâmer le messager. »

Global Witness et EIA ont également publié une transcription de la séquence vidéo au cours de laquelle les négociants de bois de rose se réfèrent à la visite de Rajoelina à Guangzhou en tant que maire d’Antananarivo.

    [négociant] Lorsqu’il était maire il est venu à Guangzhou avec [expurgé ; nom chinois]. 01:03:24
    [EIA] Oh vous le connaissiez donc ? 01:03:27
    [trader] Ouai, ouai quand il était encore le maire. Lui et mon partenaire sont venus à Guangzhou. 01:03:31
    [négociant] Les banderoles et les casquettes pour sa campagne à la présidence ont été faites à Guangzhou. 01:03:32
    [EIA] Oh, vous le connaissiez alors, bien sûr ! 01:03:37
« Au cours des transcriptions de nos enquêtes, les mêmes commerçants chinois qui se référaient à la visite de Rajoelina en Chine alors qu'il était maire ont également fait remarquer qu'il avait alors procédé à des achats à Guangzhou d’articles pour mener campagne. » Andrea Johnson, directeur des campagnes Forêt pour l'EIA, dit à wildmadagascar. org. « Les propos du président ne font donc que corroborer nos témoignages de première main. »

WildMadagascar.org a échoué dans ses tentatives pour parvenir au siège de Rajoelina afin d’élucider la réponse aux propos de l'EIA et Global Witness.

Rosewoodgate ou le scandale du bois de rose

Les accusations portant sur le bois de rose ont explosé en scandale politique à Madagascar. Les partisans de Rajoelina blâment le président empêché Marc Ravalomanana, tandis que les défenseurs de Ravalomanana pointent l’administration Rajoelina sur le trafic de bois précieux. Les deux parties disent que « la mafia chinoise » est impliquée dans le commerce. Quel que soit le ou les protagoniste(s) à qui incombe finalement la responsabilité, il y a eu une importante augmentation de l’exploitation de bois de rose depuis les événements survenus en mars 2009. Un inventaire récent mené en octobre 2010 a découvert d’importants campements de bûcherons à l’intérieur des limites du Parc National de Masoala, un site du Patrimoine Mondial de l'UNESCO célèbre pour la richesse de sa biodiversité. D'autres enquêtes ont apporté des preuves de l’existence de pièges utilisés pour la capture de lémuriens, qui deviennent toujours plus du gibier en vente sur les marchés locaux, d’après Conservation International, une ONG qui travaille dans la région.

Logging camp in Masoala
Campement de bûcherons à Masoala. Courtoisie du Missouri Botanical Garden

Les groupes de protection de l’environnement disent que le gouvernement a tardé à prendre des mesures contre les bûcherons opérant dans les parcs, mais les exportations de bois de rose ont été considérablement réduites en raison de la pression internationale et de la mise en place d’un meilleur contrôle des ports.

Madagascar est l'une des priorités mondiales en matière de protection de la nature du fait des menaces qui continuent de peser sur ses habitats et de son importante biodiversité. Plus de 70 pour cent des espèces de Madagascar ne se trouvent nulle part ailleurs sur Terre.


Le président Rajoelina a laissé entendre que WildMadagascar.org et Mongabay.com (parent de wildmadagascar.org) font partie d’une coalition visant à porter atteinte à son image. Rappelons que ni WildMadagascar.org ni Mongabay.com n’ont d’intention politique à Madagascar et que ni WildMadagascar.org ni Mongabay.com n’ont de relation avec Marc Ravalomanana ou ses agents.

La motivation profonde de WildMadagascar.org et Mongabay.com porte sur des questions liées à l’environnement. WildMadagascar.org et Mongabay.com n’ont aucun intérêt dans la vie politique malgache.

- Rhett Butler, fondateur et rédacteur de WildMadagascar.org et Mongabay.com

Madagascar Redressement de l'exportation de la vanille par un groupe indien

Le groupe indien Elite compte redresser l'exportation de la vanille malgache avec les coopératives des producteurs malgaches regroupés dans "Madagascar Vanille Development Exportation & Corporation" (MVDEC), apprend-on, hier, à l'issue de la conférence de presse donnée à cet effet. Donner un nouveau souffle à la vanille malgache avec l'amélioration de sa qualité ainsi que le développement des exportations dans cette filière sont les objectifs fixés par le groupe indien Elite et le lancement du projet se fera dans la région Sava, dans le nord-est de la grande île. De plus, ce redressement accompagne aussi "l'amélioration du niveau de vie de chaque planteur et opérateur de la filière en assurant un prix rentable aussi bien pour les producteurs que pour l'investisseur", selon les responsables du groupe Elite, en achetant auprès des producteurs de la vanille par les prix indicateurs fixés par l'Etat. Pour la concrétisation de son projet de redressement, Elite entend mettre en place un centre de recherche pour l'amélioration de la qualité de la vanille de Madagascar accompagné des conseils aux producteurs pour faire face aux maladies des vanilliers et multiplier la production. Dans ce projet, le groupe Elite investit 25 à 30 millions de dollars. 51% des actions sont détenues par le groupe Elite, 30% par MVDEC, et 19% par la Société nationale de participations malgache (Sonapar).
Les bénéfices seront partagés aux partenaires et une partie des intérêts reviendra aux producteurs, a-t-on précisé.
Notons que le prix de la vanille malgache a connu une baisse importante suivant la diminution du prix sur le marché international. Madagascar produit annuellement 4.500 à 5.000 tonnes de vanille verte pour avoir en finalité environ 1.300 tonnes de vanille préparée et exportable, qui représente 80% de sa production annuelle. L'année dernière, la grande île a exporté près de 2.410 tonnes de vanille, d'une valeur de 126.696 millions d'Ariary (1dollar équivaut à 2.000 Ariary), selon les données du ministère du Commerce malgache. L'Ouganda, l'Inde, l'Indonésie, les Comores et la Papouasie-Nouvelle-Guinée sont les principaux exportateurs mondiaux de vanille à part Madagascar, qui exporte ses vanilles vers les pays européens, américains et récemment vers le Japon et la Chine.

vendredi 30 septembre 2011

Andry Rajoelina à Ivato: Un accueil triomphal bien mérité, sauf…

La circulation, surtout dans la première partie de la journée, a été particulièrement difficile hier du côté d’Ivato. A l’origine de cet énorme bouchon depuis l’aéroport international d’Ivato, l’arrivée plus ou moins de bon matin  du président de la Transition après ses périples à la tribune des Nations unies (New York) et en Europe. Un voyage hautement symbolique et significatif effectué à l’échelle internationale par une forte délégation des autorités transitoires malgaches écartées des instances de la communauté internationale depuis l’année 2009. Ce qui explique, sans le moindre doute, l’accueil taillé sur mesure réservé pour le couple présidentiel dès que celui-ci a de nouveau mis les pieds sur le sol national.
Outre cet affairement, cet empressement qui pouvaient se lire sur le visage de certains issus du pouvoir en place (membres du gouvernement au grand complet ou presque, chefs d’institutions telles que le CST et le CT, chefs de régions, etc.) à l’occasion de ce retour au pays natal très attendu de l’homme fort du pays, l’on a aussi pu observer un certain zèle notamment chez une foule nombreuse issue non seulement de la capitale, qui s’est amassée très tôt aux environs de l’aéroport pour garnir quelques heures le principal axe routier desservant toute la partie ouest d’Antananarivo. Le scénario d’hier, il serait aberrant de rester meut devant un tel état de fait, a pourtant laissé entrevoir l’ombre de ces pratiques douteuses ayant induit en erreur les régimes qui se sont succédé depuis dans le pays. Le fait est que l’évènement fortement médiatisé d’hier manquait surtout de naturel, de ces gestes qui s’exécutent spontanément et qui auraient donc dû attester aux yeux de l’opinion générale la sincérité de cet accueil triomphal offert hier au couple présidentiel.
Cette zone d’ombre – si de tels agissements émanant du pouvoir visant à amadouer le public sont avérés, ils méritent d’être carrément dénoncés ici – mise de côté, il faut retenir que, dans un bref mais consistant discours prononcé dans l’enceinte de l’aéroport, Andry Rajoelina a tenu à rassurer le public venu nombreux pour le rencontrer. « Suite à la signature de la feuille de route ainsi qu’à notre déplacement à l’étranger, le pays se trouve actuellement à deux doigts de la reconnaissance internationale », a-t-il déclaré dans un premier temps. Ce qui conduit à l’heure actuelle, toujours selon lui, une partie de la même communauté internationale – l’ONU et l’Union européenne, pour être plus précis – à accorder de nouveau sa confiance en la Transition malgache. « Ainsi, Madagascar pourra désormais jouir des appuis (techniques mais aussi financiers) venant des instances de la communauté internationale précitées, en matière électorale en particulier », a-t-il expliqué davantage à ce propos. Mais de signaler au passage qu’il ne faudra surtout pas désespérer malgré les multiples difficultés à surpasser, « car il reste encore beaucoup d’efforts à fournir en ce moment