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jeudi 9 juin 2011

Air Madagascar: Au bord du crash !


La compagnie aérienne Air Madagascar, dans laquelle l’Etat malgache est actionnaire majoritaire, traverse depuis plusieurs mois des zones de turbulence qui font craindre le pire pour la suite de son vol.
Quelques pilotes, dont nous tairons les noms sur leur demande, ont voulu tirer la sonnette d’alarme en dénonçant les graves anomalies qu’ils ont constatées depuis des décennies dans la gestion de cette compagnie.
D’emblée, ils ont tenu à retracer un court historique de la compagnie. Avant 1985, du temps où un certain Rasata Raineketamanga était DG, Air Mad était la première compagnie aérienne de l’Océan Indien, devant ses sœurs Air Mauritius, Comores Aviation, Air Seychelles et Air Austral, une compagnie réunionnaise qui n’existait même pas encore à l’époque. Puis, ce fut la descente aux enfers, et qui continue toujours. Air Mad a depuis toujours appartenu à l’Etat, à l’instar de Ethyopian Airlines, Kenyan Airways entre autres…qui affichent toutefois une santé financière enviable. De toutes les crises politiques et économiques que la nation a traversées, c’est la toute première fois que Air Madagascar est frappée d’interdiction de vol en Europe. C’est dire qu’elle est descendue bien bas cette fois-ci. C’est pourtant depuis toujours que la compagnie est faiblarde, non concurrentielle, « de façade ». En d’autres termes, alors que ses concurrentes prennent leur bel envol pour des voyages de plus en plus prometteurs, le fleuron de l’industrie aéronautique malgache volette au ras des montagnes et menace à tout moment de s’écraser au sol. La douleur de ces pilotes faisait peine à voir. Ils se sentaient presque humiliés d’appartenir à une entreprise gérée depuis toujours d’aussi médiocre façon, alors que le potentiel est grand. A titre d’exemple, si La Réunion ne dispose que d’un aéroport international à Saint Denis, et Maurice d’une seul également à Port Louis, Madagascar en possède plusieurs : Tana, Tamatave, Sainte-Marie, Diégo Suarez, Nosy-Be, Tuléar, Fort-Dauphin, lesquels peuvent très bien être développés. Ils pointent d’un doigt accusateur les Fanjakana (pouvoir, administration) successifs, qui n’ont jamais cherché à faire de Air Mad une compagnie aérienne performante et florissante. Les dirigeants de la compagnie sont également responsables, eux qui n’ont jamais pu la redresser, contexte de crise ou non. Autre exemple, Air Madagascar dispose actuellement de deux avions long courrier Boeing 767 interdits de vol en Europe, en raison de leur vétusté et du manque de maintenance. Air Austral, Maurice et Seychelles en possèdent chacune environ six. Concernant les vols intérieurs et régionaux, le parc d’Air Mad est « riche » de 2 Boeing 737, de 3 ATR et de 3 Twin Otter. Des antiquités qui n’inspirent plus confiance aux voyageurs…On déplore chez les employés –pas tous heureusement- une absence totale de culture d’entreprise. Ils ont postulé un poste pour s’adonner aux trafics de tous genres qui florissent depuis des années. Des magouilles qui n’honorent ni n’enrichissent le pays…
La question se pose : asphyxiée et menaçant incessamment d’être en cessation de paiement, Air Madagascar va-t-elle pouvoir se relever de cette crise sans précédent ? Ses dirigeants actuels sont-ils les plus aptes à affronter avec les honneurs ce difficile challenge ? Bien que l’espoir soit permis, le doute subsiste et le scepticisme se généralise.

mercredi 8 juin 2011

Madagascar-Crise: Une pomme de discorde nommée Ravalomanana

Politique - La question du retour au pays de l'ancien président Marc Ravalomanana divisait profondément les différents partis malgaches, réunis mardi à Gaborone. A l'invitation des dirigeants de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), les dirigeants de onze partis tentaient encore hier d'aplanir leurs différends pour sortir Madagascar de la profonde crise que le secoue depuis un peu plus de deux ans. Les médiateurs de la SADC, qui ont qualifié les entretiens de Gaborone de "réunion de la dernière chance", ont proposé une "feuille de route" qui fait la part belle à Andry Rajoelina, puisqu'elle envisage que l'actuel homme fort de Madagascar continue à diriger le pays jusqu'à l'organisation de nouvelles élections.


Mais les rivaux restent divisés quant à savoir si M. Ravalomanana, qui est en exil en Afrique du Sud depuis son éviction et dont le retour n'est pas garanti dans la feuille de route, sera autorisé à se présenter à ces élections. Marc Ravalomanana, qui comme les anciens présidents Didier Ratsiraka et Albert Zafy refuse de signer le plan de la SADC, le considère comme un brouillon.

L'ex-président a ajouté qu'il croyait que la SADC qui, tout comme l'Union africaine, a suspendu Madagascar après le coup d'Etat de M. Rajoelina est favorable à son retour à Madagascar pour qu'il puisse se présenter à de nouvelles élections.

Marc Ravalomanana a été condamné par contumace à la prison à perpétuité à Madagascar après que la garde présidentielle eut tiré sur un groupe de manifestants lors des violentes manifestations qui ont conduit à son renversement en 2009. Le camp Rajoelina estime que la feuille de route doit être mise en oeuvre dans sa forme actuelle, et que M. Ravalomanana doit choisir entre l'exil ou la prison au pays.

Les négociateurs de la SADC ont rencontré individuellement les représentants de toutes les parties, Andry Rajoelina ayant été le dernier à défendre son point de vue hier mardi. Les participants n'ont pas pu aboutir à une solution consensuelle. Un sommet extraordinaire est prévu le 11 juin prochain, en Afrique du Sud.

lundi 6 juin 2011

Réunion de Gaborone


Chaque camp déterminé
Hier vers midi a eu lieu la cérémonie d’ouverture officielle de la réunion des groupements politiques malgaches dans la capitale botswanaise. Et il semble que peu sont ceux qui sont optimistes quant à une issue favorable de cette réunion à l’exemple de l’actuel ministre des Télécommunications, Ny Hasina Andriamanjato, représentant de l’UDR-C. D’autant que chaque camp, transition comme opposition, semble déterminer à défendre jusqu’au bout leur position politique respective. Pour la mouvance Ravalomanana, l’objectif est de parvenir à conclure un accord sur une nouvelle feuille de route. Dès sa sortie de la salle de réunion hier, l’ancien Chef d’Etat a annoncé la couleur. « La feuille de route paraphée à Ivato n’est pas obligatoirement celle qui sera finalement appliquée car il faut qu’il y ait un consensus » a-t-il notamment avancé. Déjà la veille de la rencontre, un de ses porte-paroles n’a pas manqué d’exprimer son pessimisme concernant cette rencontre qualifiée par le secrétaire exécutif de la Sadc, Tomaz Salomao, comme celle de la « dernière chance ». « Je ne suis pas certain à 100 pour cent à ce que (les médiateurs) vont s'attendre » a en effet avancé Patrick Gearing, un des conseillers du Président déchu. En effet, celui-ci pense que « si la SADC va suivre la procédure régulière, ils vont devoir commencer par la feuille de route existante ». Ce qui, de son avis, signifie que les négociations risquent d’entrer dans une impasse avant même que les vrais débats soient discutés.
La Sadc déterminée

Néanmoins, cette position plutôt ferme de l’opposition ne lui est pas sans doute favorable si on en juge d’après celle de la médiation internationale. En effet, celle-ci semble plus que jamais déterminée à arracher un accord mais sur la base de la feuille de route déjà paraphée et uniquement sur celle-ci. En effet, selon un porte-parole de la médiation John Tesha, le plan défini par Leonardo Simao ne devrait pas subir aucun changement. « Je ne le crois pas » a-t-il répondu sur une question relative à cette éventualité. « Ils (les acteurs politiques malgaches, NDLR) discutent de la façon de mettre en œuvre la feuille de route » a-t-il encore précisé. En ce qui concerne la position de l’ancien Chef d’Etat en exil à Johannesburg, il a avancé « je ne sais pas ce que (Ravalomanana) va dire. Je sais que nous sommes ici pour discuter de la façon d'aller vers des élections libres, justes et crédibles. S'il ne le veut pas, c'est à lui ». Finalement, tout porte à croire que la Sadc reste ferme dans sa position et que Joaquim Chissano est déterminé à défendre mordicus la feuille de route élaborée par son lieutenant. Prendra-t-il la décision de soutenir ce plan de sortie de crise même au cas où l’opposition le rejette ? Certains pensent que oui. En tout cas, on le saura à la fin de cette importante réunion.

Négociations de Gaborone: Dilemme pour la Sadc…

Les pourparlers de Gaborone pourraient bien déboucher sur un autre échec. Car, encore une fois, le camp d'Andry Rajoelina va refuser le retour au pays et la participation à l'élection présidentielle de Marc Ravalomanana, ou l'attribution aux trois mouvances des postes-clés dans les institutions ou le gouvernement. Les trois ex-chefs d'Etat pourraient  donc refuser de signer la feuille de route. La grande question est de savoir comment réagira la Sadc face à l'absence d'accord. Première possibilité, la Sadc autorise quand même l'application de la feuille de route et cautionne les élections qui y sont programmées. Deuxième possibilité, de crainte  de donner un mauvais signal à l'Afrique en accordant les pleins pouvoirs à un " putschiste " et en cautionnant des élections organisées par celui-ci pour légitimer son pouvoir, la Sadc décrète le statu quo. C'est-à-dire la situation actuelle est prolongée (non reconnaissance du régime et maintien des sanctions), la Sadc attendant un élément nouveau pouvant transformer la donne avant d'organiser d'autres négociations.
En tout cas, si Gaborone échoue et si la Sadc décrète le statu quo, Andry Rajoelina, comme il l'a déjà annoncé, ira quand même aux élections, même si celles-ci n'ont pas l'aval de la communauté internationale. Dans ce cas, on se demande comment vont réagir les chefs de parti et de coalition qui entendent se porter candidat à l'élection présidentielle. Accepteront-ils de s'engager dans une voie où l'île et ses dirigeants élus sont ignorés par la communauté internationale ? Car beaucoup d'entre eux, s'ils remportent les élections, entendent quand même gouverner dans un contexte " normal ", c'est-à-dire avec la reconnaissance internationale et le déblocage des financements étrangers. Si Gaborone échoue et si la reconnaissance internationale est toujours refusée à l'île, Andry Rajoelina pourrait partir tout seul à l'aventure…

Raharaha volamena : sahy hiditra lalina ve ny Bianco ?

Nanaitra ny sain'ny mpanara-baovao maro ny nandre fa lamandy mitentina 10 tapitrisa ariary monja no sazy azon'ny mpitam-bolan'ny vondrombe Bohra Mamod Akbaraly ary ireo teratany karana mpiray fihaviana aminy Younous Navar houssen, Surech tamin'ilay trafikana volamena milanja 3,7 Kgs tratra teny Ivato, raha 400 tapitrisa ariary ny tombam-bidin'izany harena an-kibon'ny tany izany. Tsy volamena indray mantsy hono iny zavatra iny fa volafotsy nolokoina menamena ( ??) na dia neken'izy ireo in-droa nisesy teny amin'ny Bianco aza fa tena volamena tokoa ireto nokasaina naondrana an-tsokosoko ireto.
Mitodika any amin'ny Bianco nandray an-tanana ny fanadihadiana manodidina ity fanondranana volamena nataon'ireto teratany karana ireto ny mason'ny mpanara-baovao. Mbola sahy hiditra lalindalina kokoa ve ity sampan-draharaha mahaleotena miady amin'ny kolikoly ity sa kosa vitavita ho azy eny satria ny mpitam-bolan'ny Bohra no voatohintohina ? Efa hatrany am-boalohany mihitsy no nisy ny zavatra tsy mazava. Mbola afaka nivoaka namonjy fanasana tany Bombay (Inda) nankalaza ny fety nokarakarain'ny lehibe ara-pinoana ny Dr Syedna Mohammed Burhanuddin ihany mantsy ireto teratany karana miisa dimy avy amin'ny vondrombe Bohra ireto na dia teo aza ny fahatratrarana ambodiomby azy ireo tamin'iny fikasàna hanondrana bolongam-bolamena in-droa nisesy iny. Nandeha indray ny fitsarana ny raharaha ary dia izao nivadika ho volafotsy izao indray ireo volamena milanja 3,7 kgs.

Sommet de Gaborone : la presse indépendante éliminée !

Gaborone sera-t-il la fin d'un rêve, celui de voir le bout du tunnel ? On ne le sait. Hier, en tout cas, ils sont venus, ils sont tous partis. En fait, à l'aéroport d'Ivato, les membres des délégations malgaches se sont littéralement bousculés au portillon, au guichet...  Sauf les journalistes. Plus exactement, certains membres de la presse indépendants. Puisque les confrères, connus pour leur allégeance à la HAT, sont partis, des invités privilégiés. Ceux qui font preuve de neutralité, d'impertinence à l'égard du pouvoir ont été purement et simplement éliminés. Sans ménagement. Pourtant, au nom de la diversité de la liberté d'expression, la présence, lors de ce sommet de Gaborone, de journalistes libres auraient été nécessaires afin qu'ils puissent donner un autre son de cloche, différent de celui diffusé par la presse officielle ou partisane…
En effet, selon l'éthique de la profession, la presse ne devrait pas se réduire à un simple petit rapporteur des communiqués des uns et des autres. Ce qui est, évidemment, le cas à l'occasion de ce sommet de Gaborone. Du côté de la mouvance Ravalomanana a ainsi emmené dans ses " bagages " un journaliste d'un quotidien proche de l'ancien président. Et dans le camp du mouvement TGV, les organes qui soutiennent depuis M. Rajoelina sont représentés à cette rencontre. Les autres ont été écartés. Injustement.
Ces " autres " s'avèrent, cependant, utiles dans le but précisément de déceler la face cachée dudit sommet, d'entendre les rumeurs et de sentir les humeurs dans les coulisses… Des éléments essentiels destinés à éclaircir les lecteurs quant à l'enjeu de la réunion en question. Bref, l'opinion doit se contenter des communiqués respectifs des chefs de délégation. Pire : le public malgache n'aura à mettre sous la dent que les photos officielles et les commentaires, la langue de bois des " envoyés spéciaux ". C'est là une sorte de pied de nez en direction de la presse libre malgache. L'absence de journalistes objectifs à Gaborone est, donc, inacceptable, intolérable. En fait, on croit savoir que, selon la présidence de la HAT, les médias qui disent la " vérité ", appartiennent automatiquement  à l'opposition. Ce qui est faux ! Des médias qu'on prive d'ailleurs, à titre de sanction, de publicités institutionnelles (ministères de l'Agriculture, de la Santé...). Beaucoup de titres ont subi de telles représailles du temps de Ravalomanana, mais ça continue encore sous Rajoelina. Oh que tout cela vole bas, se trouve au ras des caniveaux !

Source de revenu

La paie mensuelle ne suffit plus
En général, ce sont les fonctionnaires qui entreprennent une seconde source de revenu. En effet, le secteur public est moins bien payé que le secteur privé, même au niveau des cadres. Cependant, la création d’une seconde source de revenu s’est propagée au sein des sociétés privées depuis le début de cette année.

Commerce  au sein de l’entreprise

Les salariés ont comme seconde source de revenu des petits commerces dont les clients ne sont que leurs collègues. « Comme je ne peux pas me permettre de sortir de l’entreprise entre 8h et 17h30, je n’ai d’autre choix que de vendre mes produits au personnel », explique L.S, une responsable qui vend des yaourts fait maison. De leur côté, les « consommateurs » sont loin d’être gênés. « Je ne suis pas du tout embarrassé, au contraire, je suis ravi qu’on m’apporte certaines choses directement à mon bureau, surtout en goûter, et ne pas avoir à faire des courses », confie Herizo, un comptable. « En même temps, je suis un peu étonné de voir des responsables s’adonner à de telles activités ». Et pour cause, « quand je suis entré ici fin 2008, seules les femmes de ménage procédaient au commerce de petits aliments comme goûter. Aujourd’hui, même un chef du personnel s’y met », poursuit-il. A noter que Herizo travaille au sein d’une entreprise industrielle qui produit des consommables électriques.


La vie est toujours plus chère

L.S est responsable du personnel de la société où travaille Herizo. Quadragénaire au style classique et élégant, elle a accédé à ce poste grâce à une promotion, il y a un an. Mais voici 4 mois que les employés la voient arriver avec un gros joli panier chaque matin. En effet, L.S apporte des flans, des yaourts et du jus de fruits fait maison.  Elle raconte : « Depuis ma proposition, je gagne 400 000 ariary de plus chaque mois. Mais la vie devient de plus en plus chère. Mon aîné, qui vient d’être père, est au chômage. Pour l’aider à subvenir aux besoins de sa famille, je suis contrainte d’entamer une source de revenu complémentaire ». En vendant quotidiennement une vingtaine de flans et de yaourts à raison de 400 ariary le pot, ainsi qu’une quinzaine de jus de fruits à raison de 600 ariary la bouteille, du lundi au vendredi, L.S arrive à ajouter 300 000 ariary environ à son revenu mensuel.