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dimanche 5 juin 2011

Du nouveau à la TVM

Du nouveau à la TVM
Un changement dans la continuité. C’est le moins qu’on puisse dire du récent arrêté du ministre de la Communication désignant Flavienne Ramarosaona et Niry Randriamampianina, respectivement chef de service de la communication et celui de la production et du programme de la télévision publique (TvM). Cette nouvelle a été annoncée mercredi dernier lors de l’assemblée générale du personnel, au cours de laquelle seule Flavienne Ramarosaona fut présentée, car Mme Randriamampianina étant à l’extérieur. La décision entre dans le cadre de l’amélioration des services des médias publics, et a été bien accueillie par la majorité. En plus, le changement respecte le domaine du genre, car les anciennes responsables, Elisabeth Randrianizanany et Ravao Matavimana Georgine sont remplacées par la gent féminine, à l’image de Flavienne Ramarosaona et Niry Randriamampianina.

Professionnalisme

D’autant plus que ces deux collègues ont fait preuve de professionnalisme dans leurs anciennes fonctions. Flavienne Ramarosaona a été à la fois rédacteur en chef du journal parlé de RnM et responsable du réseau COMED (journaliste sur l’éducation) à Madagascar, tandis que Niry Randriamampianina est une présentatrice confirmée de la TvM et dispose d’un atout dans la communication télévisuelle. Certes, il y a toujours quelques mécontents et frustrés, mais dans l’ensemble, ces deux nouveaux chefs de service donnent l’image de bien faire dans la gestion de la télévision publique, dans cette transition actuelle. Laissons-leur le temps de bien œuvrer, et surtout de changer certaines pratiques, pour le bien de la TvM.
Matin félicite en tout cas les deux nouvelles « chefs »

mercredi 1 juin 2011

Enfants disparus: 495 enfants disparus depuis le début de cette année

Du cauchemar à la réalité
Juin est le mois de l’enfance. Plusieurs événements seront au rendez-vous le long de ce mois  pour promouvoir les droits des enfants et dénoncer des injustices dont ils sont victimes. Et il est louable que toutes les entités de la société malgache sont désormais conscientes de l’importance de la nutrition, la scolarisation, la lutte contre le travail illicite, la violence et le tourisme sexuel des enfants. Néanmoins, un fait social fréquent est quasi ignoré par tous : la disparition d’enfants. Pourtant, l’enlèvement d’enfants est une réalité quotidienne et non une légende urbaine, comme beaucoup le croient.

Disparition volontaire et involontaire

La disparition d’enfants est une réalité au sein de la société malgache. Il existe sous deux formes : volontaire et involontaire. Pour la première, le phénomène le plus fréquent concerne la fugue, provoquée par la maltraitance, dont la plupart des victimes sont des enfants travaillant en tant que domestiques. Ces enfants fuient le domicile de leurs patrons car ils ne supportent plus les agressions, physique ou sexuelle, ainsi que la privation de certains biens (lit ou nourriture) et le non-paiement de leurs salaires.

Quant à la disparition involontaire, la plupart des cas font montre d’enlèvement de l’enfant par l’un des deux parents séparés. En second lieu se trouvent le kidnapping (pour une rançon), la séquestration destinée à l’adoption illicite et le trafic d’organes. Enfin, l’égarement est une chose courante lors d’une séparation involontaire. Ce dernier fait a été très observé pendant l’année 2009 au cours de laquelle la crise politique liée au trouble social a atteint son niveau le plus grave. En 2009, 1026 enfants ont disparu, dont 823 ont été retrouvés la même année.

Enfant en fugue, sans protection

Si la fugue représente la principale cause des enfants disparus, ces derniers sont soumis à différents risques graves pendant leur cavale. Le record de fugue effectué par un même enfant a été de cinq fois en une semaine. En général, ces enfants en fugue sont contraints de se livrer à des activités lucratives pour survivre. Les sources de revenu les plus utilisées sont le travail domestique, la prostitution et la mendicité.

Par ailleurs, certains enfants ne savent même pas qu’ils sont perdus. Tel est le cas d’un enfant qui est allé travailler comme domestique à Ambatondrazaka et qui a vu par hasard sa photo d’identité parmi les clichés d’enfants à rechercher. Un autre a été retrouvé en 2010 alors qu’il a disparu 5 ans plus tôt.

Problème d’irresponsabilité

Dans nombreuses situations, la disparition d’un enfant est due par l’irresponsabilité des parents. Les statistiques avancent que les enfants issus des familles défavorisées sont les plus vulnérables à la séquestration. Ainsi, une gamine de 6 ans vivant à Isotry Centre, a été enlevée depuis 2008 alors qu’elle était en train de jouer toute seule et sans surveillance dans la cour de sa maison. L’enlèvement le plus célèbre est celui du nourrisson de  3 mois confié par sa mère à une inconnue quelques minutes au tribunal d’Anosy en 2010 et qui s’est éclipsé dès que la maman a eu le dos tourné. Ce bébé a été retrouvé en novembre dernier mais la famille qui l’a accueilli a eu l’audace de porter plainte contre les vrais parents et a exigé un test ADN.

Dans la même foulée, il existe un réseau de démarcheurs d’enfants à Madagascar dont trois ont été déjà démantelés. Quelques mères osent également vendre leurs bébés juste au moment de la naissance, sous prétexte qu’elles ne les ont pas désirés. Une pratique condamnée comme étant un trafic de personnes par les défenseurs des droits de l’homme.

495 enfants disparus depuis le début de cette année

Depuis 2009, le nombre de signalement portant sur la disparition d’enfants a augmenté par rapport aux années précédentes. Au total, 2501 plaintes ont été reçues en trois ans. Le record de 1026 enfants perdus a été battu en 2009, contre  980 en 2010, et 495 pendant le premier semestre de 2011. Cette même année, sur 341 fugues, 182 ont été retrouvés, et sur 8 enlèvements, 5 ont été retrouvés vivants, et 1 mort.
Au cours du premier semestre de cette année, 306 enfants sur 495 déclarés disparus ont été retrouvés en 2011, et il reste encore 69 dossiers ouverts. Par contre, il y a encore 713 enfants disparus depuis 2009 qui n’ont pas été retrouvés.


Des enfants tués de façon cruelle
L’irresponsabilité et l’égoïsme de certains adultes s’avèrent parfois très graves et peuvent conduire à la mort des enfants. Ci-après quelques « accidents » macabres qui ont fait couler beaucoup d’encre depuis le début de cette année.
Avaradrova Ambatondrazaka : 2 enfants âgés de 3 et 5 ans sont morts empoisonnés avec un raticide. Le coupable de ce crime n’est autre que leur mère, à la suite d’une dispute entre cette dernière et son ex mari.
Tsivory Amboasary Atsimo.: 2 enfants ont été tués, puis découpés par des voleurs de zébu. Les parents,quant à eux, ont été fusillés.
Ambohimangakely : Un nourrisson de 3 mois est mort noyé dans un seau d’eau. La mère serait sortie, le temps d’acheter du café, laissant seul le bébé à la maison, lorsque l’accident s’est produit.
Ambohitraivo Ambohidratrimo : Une fillette de 7 ans a été retrouvée morte et découpée en mille morceaux après avoir été enlevée lors d’un match de football dans le quartier. Une dispute entre voisins serait à l’origine de ce drame.
Ampandrana Andrefana : Un enfant de 3 ans a été tué dans une maison effondrée. Sa grand- mère a fait tout pour le sauver mais la vieille femme, elle aussi, a été tuée dans cette catastrophe.
Ampandrana : Un enfant de 2 ans est mort calciné dans un incendie. Les parents étaient absents et les voisins auraient pu l’évacuer mais ont préféré sauver leurs meubles.
Anosizato Atsinanana II : Un enfant de 6 ans est mort dans un incendie. Sa mère a été tuée en essayant de le sauver.
Ambohimanga Rova : Un enfant de 5 ans a été retrouvé mort dans un puits. Elle a été violée, puis assassinée par son propre oncle. Ce dernier a avoué son crime.
Ambodirano Ambohijafy : 2 enfants sont morts empoisonnés par leur propre père. Une dispute conjugale serait le motif de ce meurtre.
Alaotra Mangoro: Exactement 16 fillettes ont été violées par un sadique de 15 ans. Avant son arrestation, le maniaque sexuel a pu violer une fillette de 4 ans.

Importance du signalement

Le non signalement est la première cause de la difficulté pour la recherche des enfants disparus. Face à ce problème, le syndicat des professionnels des travailleurs sociaux (SPDTS) a mis en place une organisation pour faciliter le signalement. Il y a les « Fiantso », des personnes volontaires et bénévoles qui peuvent, à tout moment, identifier, et accompagner les victimes de tout abus et injustice sur les femmes et les enfants et déposer une plainte auprès de la police de mœurs et de la protection des mineurs. D’après Mialy Randrianasolo, responsable auprès du Spdts, il existe en moyenne 5 « Fiantso » auprès de 192 fokontany de la commune urbaine d’Antananarivo.
Sur le plan national, près de 754 réseaux de protection de l’enfant ont été déjà installés. Ces réseaux sont composés de responsables influents au sein de la société locale comme les enseignants, médecins, ainsi que des représentants de l’Etat. Les réseaux sensibilisent les personnes responsables du bien-être des enfants comme ses parents, sa grande famille, les écoles, les centres de santé… sur les bienfaits du respect des droits des enfants et sur les démarches à suivre et les entités à interpeller en cas de constatation de violence à leur égard. Plus récemment, la ligne verte 805 a été ouverte pour recevoir directement les signalements relatifs au cas de maltraitance d’enfants.


Quatre enfants encore disparus
Parmi les 713 enfants officiellement disparus, le journal a eu l’autorisation de diffuser l’identité, les renseignements (les photos) des 4 d’entre eux.

Jamily, âgé de 5 ans à l’époque, disparu depuis septembre 2009. Il a été enlevé par un voisin.  Sa dernière localisation était dans la cour du domicile de ses parents à Marodoka Nosy Be Hell Ville. Il est le fils d’un pêcheur et d’une lavandière. Après une poursuite judiciaire par les parents, le suspect a été incarcéré mais disculpé après quelques mois de détention.
Jemayah, 5ans, disparu depuis 2010. Il a été séquestré par un inconnu. Ses parents l’ont vu, pour la dernière fois, en train de jouer  dans la cour du domicile de ses parents à Ivato Antananarivo. Jemayah est le fils d’un technicien et d’une employée d’une entreprise franche.
Nadia, 13 ans à l’époque, disparue depuis 2009. Elle est orpheline et habitait chez sa grand-mère à Andavamamba lors de sa disparition pour une cause non définie.
Fara, 13 ans, disparue en 2011. Récidiviste, elles s’est enfuie du Centre d’accueil provisoire où elle a été placée. Elle présente des troubles mentaux et il n’y a aucune information sur sa famille. 

Le « Vahona » ou Aloès de Madagascar














Pour ceux qui l'ignorent, les aloès sont des plantes aux feuilles épaisses mais assez molles et parfois visqueuses ; mais il faut faire attention car les feuilles sont bordées de dents bien qu’elles n'aient pas d'épine. L'aloès a une croissance rapide et il pousse surtout dans les rocailles ou planté dans des bacs à l'extérieur. Facile à planter, il apprécie un environnement ensoleillé et sans aucune humidité. L'Aloès ou « Vahona » est une plante médicinale endémique de Madagascar ; de son nom scientifique « Asphodelaceae », l’aloès possède plus de 450 espèces de différentes formes, allant du plus miniature que les scientifiques appelle « Aloè millothi » aux arbres « dichotoma » ou « Kokerboom » qui sont pour la plupart originaires de Madagascar et qui ne poussent que dans les zones arides tropicales ou subtropicales. La feuille de l'aloès vera contient plus de 75 éléments nutritifs et 200 autres composants, ainsi que 20 minéraux, 18 acides aminés et 12 vitamines.

Remède naturel

L’aloès ou « vahona » sert de remède naturel à Madagascar. Il peut guérir presque toutes les maladies et agit sur l'ensemble de l'appareil digestif (estomac, foie, intestin, pancréas). Le « vahona » est unique par son effet remarquable sur le système immunitaire et il est employé dans la prévention ou traitement de certaines formes de tumeurs (cancer) et de maladies de dégénérescence (hypertension, diabète, etc.), maladies cardio-vasculaires. C'est aussi à la fois un puissant agent de cicatrisation et un anti-inflammatoire naturel (rhumatisme, arthrite, douleur). Il peut aider les personnes présentant un taux élevé de cholestérol et de triglycérides ou des personnes souffrant d'éruptions cutanées (eczéma, psoriasis, etc.) Le « vahona » est considéré traditionnellement et à juste titre comme un facteur de jouvence et de longévité en prise quotidienne (anti-âge).

Pour la consommation

La pulpe de Vahona est comestible et possède des propriétés antibactériennes et antifongiques. Riche en protéines et en vitamines, elle peut être utilisée entre autres dans les yaourts, les desserts et les boissons. La consommation excessive d'Aloès peut causer des symptômes de toxicité dus à l'aloïne. C'est pourquoi il faudrait s'assurer que l'aloès consommé ne soit que le gel (pulpe et jus) avec une proportion très minime d'aloïne. Certaines sociétés fabriquent des produits, notamment des gels d’aloès à boire, en y mettant la feuille entière alors que d'autres font les mêmes genres de produits mais avec seulement le gel.

Marché de bons de trésor

Doute des investisseurs
Lors d’une annonce de 75 milliards d’ariary de bons de trésor, la séance du 27 mai dernier, la soumission des investisseurs restait à moins de 49 milliards d’ariary seulement et c’est le montant adjugé. Ces derniers temps, on observe sur le marché de bons de trésor que les autorités n’arrivent plus régulièrement à trouver les capitaux nécessaires si c’était déjà le cas auparavant pour financer les dépenses de fonctionnement. Lors de cette dernière séance d’émission du 27 mai dernier, par exemple, la soumission des investisseurs est loin de satisfaire l’annonce des autorités alors que la séance précédente, elle a pu couvrir amplement l’annonce en baisse des autorités. Cette irrégularité témoigne l’incertitude politique qui persiste, engendrant le doute des investisseurs sur le marché si une reprise fragile de confiance a été constatée pour l’année en cours.

Offres toutes retenues

L’avant dernière séance, la soumission des investisseurs a pu couvrir largement l’annonce des autorités car leurs besoins en capitaux ont chuté de moitié par rapport à la séance qui la précède. C’est aussi une des raisons qui n’a pas encouragé la soumission des investisseurs lors de la dernière séance. Ainsi, toutes les offres reçues sont retenues, soit 41 offres dont la moitié est affectée aux bons de trésor de 24 semaines. Les bons de trésor de 4 semaines et de 12 semaines ont reçu respectivement 5 offres et 4 offres de la part des investisseurs. Les 12 offres restant attribuées aux bons de trésor à maturité de 52 semaines. En ce qui concerne les montants soumis, on voit aussi que les bons de trésor à maturité de 24 semaines ont reçu les plus gros montants lors de cette séance, d’environ 30 milliards d’ariary contre une annonce de 39 milliards d’ariary. Il en est de même pour les bons de 52 semaines, soit une soumission de 16 milliards d’ariary sur une annonce de 27 milliards d’ariary. Par contre, la maturité de 4 semaines a eu une soumission dépassant l’annonce des autorités, de plus de 3 milliards d’ariary sur une annonce de 1 milliard d’ariary. Ce qui veut dire que, même si le montant est modeste, les investisseurs préfèrent les placements à très court terme face à la situation d’incertitude qui prévaut actuellement dans le pays.

mardi 31 mai 2011

Travaux publics Les jeunes ingénieurs bloqués



« Les grandes entreprises privées semblent s’en sortir «, selon Bruno Catalan, directeur d’exploitation de Bati-stock
« Les grandes entreprises privées semblent s’en sortir «, selon Bruno Catalan, directeur d’exploitation de Bati-stock
Les entreprises du Bâtiment et des Travaux Publics ne recrutent plus. Trouver un travail dans ce domaine est devenu difficile pour les jeunes.
Aucun secteur n’est épargné. La restriction du budget de l’État en termes d’investissement a engendré une insuffisance, voire une inexistence de marché concernant le secteur Bâtiment et Travaux Publics. Rares sont ainsi celles qui recrutent, au détriment des jeunes diplômés en BTP. « Trouver un travail est actuellement très difficile. Dans ma promotion, je fais partie des rares diplômés qui ont réussi à en trouver », témoigne Razafindratsimba, un jeune ingénieur. Or, le nombre d’ingénieurs en fonction n’est pas du tout suffisant selon les explications de Pierre Rakotomamonjy, enseignant de l'école Polytechnique de Vontovorona. Pour lui, l’insuffisance des routes et l’aménagement actuel du territoire en est la preuve.
Solides
Actuellement, les activités de la plupart des entreprises se limitent à des travaux de garantie, tel le cas Daiho Corporation. « Le financement est suspendu depuis la crise, nous n’effectuons plus que les travaux de garantie », témoigne Harada Sinzi, représentant de Daiho à Madagascar, lors de la remise de bourses aux étudiants méritants effectuée par la fondation Uroshida, la semaine dernière. D'ailleurs, il a évoqué le souhait de l'entreprise de recruter les jeunes bénéficiaires, mais l'état actuel des choses l'en empêche.
Les jeunes en quête de travail ne peuvent ainsi compter que sur les grandes entreprises privées. Malgré la situation économique du pays, celles-ci semblent continuer à bâtir, comme le reflète les achats effectués auprès des magasins spécialisés dans la construction. Bruno Catalan, Directeur d’exploitation du Bati-stock, révèle que « les achats effectués par les organes étatiques se limitent aux produits de 2nd degré, comme la décoration intérieure. Mais 70% de nos clients,formés d'entreprises professionnelles telles que le projet Ambatovy, continuent de s'appprovisionner en termes de matériel. Elles anticipent probablement la fin de la crise ». Il a toutefois souligné que les petites entreprises surtout ont ressenti les impacts de la crise.

lundi 30 mai 2011

Histoire de Madagascar : la citadelle Merina d’Ambohimarina



La forteresse d'Ambohimarina

Peu de gens connaissent encore le fort d’Ambohimarina, construit par les troupes de Radama 1er dans la première partie du XIXème siècle, et qui se trouve pourtant à peu de distance de la ville..

Un peu d’histoire…
En 1823, le roi Radama 1er envahit le Nord de Madagascar. Le plus puissant souverain de la région, le roi Antankarana Tsialana, pris dans des conflits de souveraineté, est obligé de se soumettre.
Pour assurer leur mainmise sur la région, les Merina créent un poste près de Vohemar, puis, en 1828 ils construisent le fort d’Ambohimarina, au sommet de la Montagne des Français, sur le promontoire qui fait face au Mont Reynaud. Ce fort deviendra le siège du gouvernement d’Antomboko
L’accès au trône de Tsimiaro, qui succède à Tsialana, va ouvrir une période d’affrontements incessants entre les forces merina d’Antomboko et les Antankarana. Ces conflits conduiront Tsimiaro à chercher des alliances étrangères, notamment auprès des Français.
Description d’Ambohimarina
La forteresse d'AmbohimarinaLaissons parler le Dr Guinet qui y fit plusieurs séjours en entre 1853 et 1860 :
«Le fort hova est établi sur une montagne parallèle au morne carré qui sert de point de repère aux navires qui suivent la côte ; il est très élevé, et repose dans une espèce de marne blanche qui fatigue les yeux.
Il est composé d'une triple enceinte comme tous les forts hovas; mais le réduit et placé sous le sommet de la montagne dont on a rendu l'escalade très difficile pour les assiégeants.
Ce fort, défendu naturellement, est néanmoins le plus difficile à gravir de tous ceux que j'ai vus. Il est protégé presque tout autour par des murailles naturelles à pic, et, sauf la crête de la montagne qui présente un chemin plat, on ne peut y arriver que par des rampes très difficiles à franchir.
Du fort, on distingue le port Rigny au nord ; il n'est séparé de la baie d’Ambodivahibe que par une langue de terre d'un demi-mille à sa base. L'échancrure qu'il fait dans les terres forme avec la baie d’Ambodivahibe une presqu'île dans la façade qui regarde la mer au large, à environ 4 milles sur cinq de profondeur.
Du plateau du Fort on voit les montagnes qui forment le côté nord de la baie de Diego-Suarez. Il faut encore 4 heures à un courrier pour se rendre du Fort à la baie des Français à Diego –Suarez.»

(Rapport Guinet du 15 juillet 1853)
La forteresse d'Ambohimarina« Le fort d’Antomboukou, appelé par les hovas Vohimare, est situé sur une montagne de la chaîne d’Antsingy (montagne des français). Il est placé à environ 6 milles du rivage, et à 1500 m environ à l'ouest du morne carré dont il est séparé par une seule vallée ; son attitude, que j'ai mesuré à l'aide d'un baromètre ... m'a donné 450 m au-dessus du niveau de la mer.
Le mot Antsingy veut dire escarpé ; c'est positivement à cause des difficultés et des escarpements dont cette chaîne de montagnes était hérissée que les hovas l'ont choisi pour y bâtir leur fort. Il est établi sur un piton morneux élevé lui-même sur le sommet de la montagne qui sert de base ; sur la façade ouest du mamelon, au-dessous du fort, se trouve une espèce d'esplanade qui a valu à la montagne le nom de Vohimare (montagne plate). C'est sur cette esplanade qu’est établi le village sakalava.
On n’arrive au sommet de la montagne qu'avec des difficultés et beaucoup de fatigue ; il faut, pour y parvenir, suivre la crête des contreforts de la montagne qui servent de route à l'est nord-ouest ; et si on veut se diriger par le Nord , il faut se résigner à passer dans des défilés très dangereux.»

(Rapport Guinet du 23 mars 1864)
«Ce poste d’Ambohimarina […]est un camp hova, perché comme un nid d’aigle au sommet d’une falaise, où l’on ne peut avoir accès que par des échelles, faciles à retirer à l’occasion.» (C.Vray – Mes campagnes, par une femme ).
En fait, le fort est beaucoup moins inaccessible qu’il n’y paraît si l’on en croit le témoignage d’un habitant de Diego Suarez, paru dans l’Illustration de 1890 : «On y accède par une route assez facile qui serpente au milieu du massif de la montagne des Français,[…]mais les Hovas admettent que nous ne connaissons pas d’autre route qu’un sentier suspendu au flanc des précipices et aboutissant à un escarpement où il faut se servir d’une échelle. […]C’est par la route de l’échelle que se font les visites officielles. »
La vie à Ambohimarina
- La population : 
Elle se compose des gouverneurs (qui sont généralement des officiers de haut rang, appartenant parfois à la famille royale de Tananarive) et de leur famille, des fonctionnaires royaux, des officiers et des militaires . Au-dessous se trouvent les andevo (esclaves) ; Près du fort, comme nous l’a dit le Dr Guinet se trouve le village « sakalava ». Le chiffre des habitants d’Ambohimarina a varié selon les époques mais, à certains moments, il a atteint le chiffre de 2000.
- De quoi vivent-ils ?
La forteresse d'AmbohimarinaDans une première période, les militaires merina d’Ambohimarina sont plus ou moins délaissés : en effet cette province lointaine n’a ni intérêt économique ni intérêt stratégique. Le Premier Ministre Rainilaiarivony parle d’une « région pierreuse et inculte». Ils disposent de canons et de fusils mais manquent souvent de munitions.
La majeure partie des ressources d’Antomboka provient des douanes : or, les quelques boutres qui font escale dans la baie d’Ambodivahibe ne rapportent pratiquement rien. Les maigres ressources sont confisquées par les officiers de sorte que les fonctionnaires ne sont pas payés. Ils doivent donc tirer leurs revenus de trafics divers et d’exactions vis-à-vis de la population. Quant aux soldats ils n’ont «même pas de quoi se vêtir» (rapport de 1857).
Pour son approvisionnement, le fort dépend de la région avoisinante : or, les attaques des troupes de Tsimiaro qui mettent le feu aux récoltes acculent la garnison à la famine. Guinet raconte qu’en 1854 la garnison d’Amtomboka fut attaquée par les Antankarana et que, de 700 hommes, il n’en est pas resté 80, plus de 600 ayant été tués ou étant morts de faim.
En temps normal, l’essentiel de leurs ressources en vivres est fourni par les cultures avoisinantes et par des centaines de bœufs …quand ceux-ci ne sont pas capturés par leurs assaillants !
Cependant, l’affrontement avec les français à partir de 1883, puis leur installation à Diego Suarez en 1885 font prendre conscience de l’importance de cette région au gouvernement de la Reine.
Commence alors une seconde période où, sur ordre de Tananarive, les officiers sont appelés à apaiser les tensions avec la population locale.
Des officiers de haut rang sont nommés pour diriger le Nord, on demande la suppression des abus de l’administration : exploitation, escroqueries, taxes excessives, charges , usure…
- La vie quotidienne à Ambohimarina
Elle ressemble, en fait, à la vie dans une petite ville des hauts-plateaux. On y trouve un temple, une école, le palais du gouverneur,des maisons en bois à varangue…
Les officiers et leurs femmes s’habillent comme à la cour de Ranavalona : redingote et canne pour les messieurs, robe blanche pour les dames. « L'intérieur du Fort est assez vaste, et de grandes cases y sont bâties. Sous leur varangue, assises par terre, se tenaient les femmes des officiers, toutes proprement et uniformément habillées de robes blanches.» (Gunst)
On parle de sa province lointaine, on se rend visite, on donne des fêtes, des bals, on enterre ses morts de façon traditionnelle. Dans la demeure du commandant, le «lapa» (palais) les invités sont accueillis dans «une salle énorme où 500 personnes pourraient trouver place» (Rapport du Dr Gunst).
Des bals y sont parfois donnés : «Le commandant donna le signal, et, aussitôt, au son des tambours et des violons, plus de 200 couples se mirent à tourner en tous sens mais d’une façon régulière et avec mesure».(Gunst)
On respecte scrupuleusement les fêtes nationales, notamment la Fête du Bain de la Reine qui donnera lieu à un des plus sérieux différends entre merina et français.
La vie est, bien sûr, moins facile pour les militaires, non payés, qui doivent trouver à se nourrir. Elle l’est encore moins pour les «sakalava» du village, soumis à la corvée, aux réquisitions, et qui – en gros – doivent faire vivre la garnison.
Les relations entre Ambohimarina et Diego Suarez
Tout va changer avec l’installation officielle des français à Diego Suarez.
Les relations avec la population locale :
Pour obtenir la fidélité des populations locales , le gouvernement d’Antomboko va changer sa politique en améliorant la vie de ses sujets et en supprimant les abus comme les réquisitions, l’usure, et d’une façon générale les pratiques dont sont victimes les côtiers. Le Premier Minsitre donne ordre «de bien administrer les sakalava et de ne pas les pressurer».
Mais cette politique va s’avérer inopérante en raison de l’attirance de la ville naissante de Diego Suarez.
En effet, les français, à la recherche de main d’œuvre vont tout faire pour attirer les populations.
Payant des salaires aux ouvriers alors que les merina pratiquent la réquisition, accueillant les esclaves évadés, séduisant les populations par les nouveautés que l’on y trouve (maisons, chemin de fer, richesse en comparaison du dénuement d’Ambohimarina), Antsirane n’a pas de mal à attirer les sujets d’Antomboko.
Le face à face Ambohimarina-Diego Suarez
Il est très tôt matérialisé par la construction du fort de Mahatsinjo (que l’on peut voir encore au-dessus de l’actuel aéroport) : construit par les tirailleurs, faisant face au fort d’Ambohimarina, il est une provocation permanente pour la garnison merina.
En effet, le Gouverneur de Diégo, Froger, ne cesse de grignoter des territoires au-delà de la zone qui a été accordée à la France par le traité de 1885. Mahatsinjo, domine ainsi le poste de douane merina d’Antanamitarana qui formait la limite du territoire concédé. Mais l’insuffisance des moyens de la garnison merina la contraint à accepter ce qu’elle ne peut empêcher.
Les incidents sont donc fréquents. Un des plus célèbres se produit lorsque le Gouverneur Froger, invité à la fête de la Reine en 1891 se voit obligé de grimper aux échelles de la falaise alors qu’il sait qu’un bon chemin lui permettrait de se rendre à cheval à Ambohimarina . Considérant qu’il s’agit d’une «insulte à la France» il porte plainte auprès du Résident Général.
Cependant, il semble que les relations entre les merina et les français ne soient pas toujours aussi mauvaises et que des relations sociales se soient établies entre eux : «Ce matin, nous avons donc vu arriver à Diégo, portées en fitacon, les femmes de ces officiers (merina).
Le gouverneur les a pilotées toute la journée, reçues à déjeuner, logées au gouvernement, puis, finalement, conduites au bateau et recommandées chaudement au commandant»
 (C.Vray )
Cependant, le fort d’Ambohimarina reste pour les français un lieu mystérieux : «Des légendes assez bizarres courent sur cet endroit qu’on prétend en communication avec l’intérieur de l’île par de longs couloirs souterrains qui conduiraient directement à Tananarive…» (C.Vray) ;
La détérioration des relations et la marche à la guerre
A partir de 1886 les relations vont prendre un tour plus agressif.
D’abord en raison de l’attitude expansionniste et de la mauvaise volonté du gouverneur de Diego Suarez, Froger , qui entraîne des incidents diplomatiques et militaires.
En réponse, les merina tentent de multiplier leurs postes de douane, puis, à partir de 1892, leurs postes militaires.
La situation devient alors de plus en plus tendue : le fort d’Ambohimarina est sur le qui-vive et les français renforcent la surveillance dans leurs postes militaires. En 1893 les Merina forment un blocus destiné à intercepter l’approvisionnement de Diego Suarez.
En 1894, la garnison d’Ambohimarina est renforcée. Les Merina installent un camp à Mahagaga et une batterie près du Point 6.
Antsirana se met alors sur pied de guerre, l’usine d’Antongombato est dotée de canons et les colons sont armés ou évacués sur Diego Suarez.
Le 20 décembre 1894 la Colonie de Diego Suarez est déclarée en état de siège.
Dans la nuit du 23 au 24 décembre les merina attaquent le poste de Mahatsinjoarivo mais ils sont repoussés.
Dans la nuit du 11 au 12 avril 1895, 3 compagnies d’infanterie de marine, une section d’artillerie et un bataillon de volontaires de La réunion attaquent le fort d’Ambohimarina qu’ils enlèvent à l’aube.
Les français s’emparent de ce que les merina ont laissé derrière eux : «un butin considérable» selon certains, «peu de choses» selon d’autres…
Deux des drapeaux merina saisis à Ambohimarina furent envoyés au maire de Saint-Denis par les Réunionnais ayant participé à l’attaque.
■S.Reutt - Ass. Ambre

Les deux visages de l'Afrique Cenamor cadres pour photos Madagascar et le Malawi en collaboration avec Isabel Caamaño


Luis P. Ferreiro | A CoruñaA l'intérieur du cercle de cache Grela Une boutique Smiles Gallery, située dans un entrepôt dans les années 40, où les meubles vintage matches de l'art et la photographie. Les hôtes locaux de l'exposition, vendredi dernier, la beauté africaine, un autre regard, un autre monde, dans lequel le photographe Mark Cenamor décrit son expérience au Malawi et à Madagascar, avec quelques images prises par Isabel Caamaño."Les photos sont à partir de 2008 et 2009. Nous étions au Malawi pour faire un documentaire avec le Live ONG Afrique, la vie d'un volontaire Corogne qui y travaillent », explique Cenamor. A Madagascar, nous étions sur un voyage d'agrément, mais avec l'intention de prendre des photos pour une exposition. Les premières images sont beaucoup plus sévères que celles de Madagascar, qui sont principalement des paysages. "Le Malawi a été la première expérience en Afrique sub-saharienne pour les deux artistes, et la situation ils se trouvaient a été très différente de la vue que nous avons en Europe dans ces pays: «Il ya ces images de l'Ethiopie il ya vingt ans avec des enfants au ventre gonflé par la faim. Il est plus difficile maintenant, parce que vous rencontrez des gens comme vous et moi, mais tout le monde a le paludisme ou le sida. Et il est difficile de croire qu'il est probable que la moitié des personnes que nous avons rencontrés là-bas, est maintenant mort. "Des images enregistrées y Cenamor Caamaño, choisissez l'une de son contenu symbolique. «Nous avons été coopérant avec un hangar où il y avait un immense tableau d'un Christ sur la croix, et nous voilà apprendre aux gens à utiliser des préservatifs», se souvient le photographe. Et à l'extérieur a été un groupe d'une vingtaine d'enfants qui jouent, inconscients du problème de ses parents et sa propre maladie. "La deuxième partie de la beauté de l'Afrique, centrée sur l'île de Madagascar, a un ton amical: «C'est une autre chose. Reste le tiers monde, mais ils ont un autre niveau. Par exemple, au Malawi seulement deux routes, tandis qu'à Madagascar, presque tout est ouvert. "Ce bloc se compose essentiellement d'aménagement paysager et des motifs de la tradition locale. Cenamor a été particulièrement impressionné par l'appel de la jungle train, qui se déroule intérieur des terres vers la côte, et dans laquelle les indigènes transporter tous types de biens, vivant ou mort, et un cimetière d'une grande importance pour le folklore local. "Nous sommes allés à une île qui est censé être enterré le pirate William Kidd. Selon la légende, qui était si sanguinaire qu'il fut enterré debout, il ne pouvait pas se reposer après la mort, et dit aussi son trésor encore enfoui à Madagascar. La plus grande exposition de photo est l'entrée du cimetière, qui montre un bateau amarré. "