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jeudi 16 décembre 2010

Qu’est ce qui s’est réellement passé ?


La gravité des évènements exige  une transparence, sur la réalité de cette initiative dont seuls les militaires ont été les responsables mais dont l’issue leur a totalement échappée. Les raisons de la création du Comité National pour le Salut National (CMSN) ont été motivées par l’évidence de l’incapacité de la hat à apporter une solution à la crise que vivent les malgaches depuis mars 2009. Leur seul souci a été d’accélérer un processus de sortie de crise en prenant temporairement le pouvoir et le transférer rapidement à une autorité civile, qui aurait eu la bénédiction de toutes les composantes politiques. Des tractations ont donc eu lieu entre les divers responsables des corps de l’armée. Les négociations ont suffisamment avancé pour arriver à un accord sur la composition de ce directoire militaire, dicté par l’esprit de réconciliation et la défense de l’intérêt de la nation.

Ce samedi 20 novembre 2010 aurait donc été le jour convenu pour  la finalisation et  l’officialisation du directoire. Mais ce n’est pas compter avec la perfidie,  du Cemgam de la Hat en la personne d’André Ndriarijaona, dont le geste peut être qualifié de haute trahison, puisqu’il a de surcroit donné sa parole d’officier, et qui,  au moment où la dernière signature devait être faite, s’est fait accompagnée par des individus cagoulés, lourdement armés en pénétrant dans l’enceinte de la Base Aéronavale d’Ivato (BANI). Les faits se sont déroulés très rapidement. Ceux qui l’attendaient n’avaient  pas eu le temps de réagir et répliquer pour constater qu’il était déjà trop tard…

La suite, nous la connaissons. Enfin, l’opinion publique ne sait pas grand chose. Le Général Raoelina est parmi ceux qui sont tombés dans ce traquenard. Il a choisi de se rendre pour sauver sa vie et celle de ses frères d’armes présents. Son arrestation est d’ailleurs, l’une des principales motivations  de la Hat. Il est depuis hier soir, détenu à la prison de Tsiafahy, il est blessé à un œil, suite à un passage à tabac lors de son arrestation mais il est en bonne santé.    
 
Alors, pourquoi ce revirement ? Est-il encore besoin de rappeler que la Hat est un regroupement de malfaiteurs capables de tous les coups pour garder ce pouvoir usurpé ? Qui n’est pas au courant de ces milliards d’ariary sortis ces derniers jours, de la banque centrale par des membres de la Hat ?

Les malgaches doivent aujourd'hui prendre la mesure des moeurs des membres de ce pseudo pouvoir, confirmant une fois de plus, que Madagascar est tombé entre les mains d'une mafia.

Conseil des Ministres


Le Conseil des ministres de ce mercredi 15 décembre a adopté pas moins de 29 promotions dans le corps des officiers supérieurs.
Le Médecin-général de division Rakotovao Fred Joëlson accède ainsi au grade de général de corps d’armée. Ses 4 étoiles flambant neuves en font, à égalité avec le vice-amiral d’escadre Hyppolite Rarison Ramaroson, l’officier en activité le plus haut gradé de l’armée malgache. Il faut noter que lorsque Marc Ravalomanana avait remis les pleins pouvoirs à un directoire militaire le 17 mars 2009, le général Rakotovao Fred avait le privilège d’être à ce moment là l’officier le plus ancien dans le grade le plus élevé. Si l’on se réfère au texte applicable, il aurait donc dû présider cet organe, mais avait préféré discrètement décliner l’offre, laissant Hyppolite Ramaroson se mettre en avant lors des événements de cette journée.
Deux généraux accèdent au grade de général de division : le médecin général Jaotody Jean de Matha (armée de l’air) et le dentiste-général Andriamanalinjafy Rasolo.
Pas moins de 26 colonels accèdent au grade de général de brigade. Le plus célèbre d’entre eux est sans doute celui qui figure au dernier rang dans la liste, le colonel Richard Ravalomanana, commandant de la circonscription interrégionale de gendarmerie en charge d’Antananarivo. L’ensemble des promus au grade de général de brigade est constitué de :
- Rasolofoniaina Rivo Lala
- Raharijaona
- Ralala Roger Pierre
- Razafindrazaka Maherison
- Rakotozafy Dominique Jean Olivier
- Rakotomalala
- Rasamoelina
- Fanahimanana Jean
- Raveloson Ndriampa David
- Rasolofonirina Béni Xavier
- Falimanana Zafindrekosony
- Razafimanantsoa Samuel Jean
- Soamanjaka Edmond
- Voahangy Andriamanalinarivo Nirinjatovo
- Lalaonirina Ralaimboandrainy Jean Gabriel
- Rajomarison Michel Aimé
- Raeliarijaona Adolphe Lucien
- Ranarivelo Daniel
- Rakotobe Abel Aimé
- Razafimanantsoa Alexandre
- Marius Noël Kaderbhay
- Toto Albert
- Tatanjaky Martin
- Randrianasolo Jean Deneri
- Paza Didier Gérard
- Ravalomanana Richard
Au vu du nombre de nominations, il apparait que le régime de transition a tenté de tirer la leçon du malaise qu’avait provoqué Marc Ravalomanana en décrétant brutalement en 2007 un gel des promotions au grade de général, gel qu’il dût lever fin 2008.

lundi 13 décembre 2010

PÊCHE ILLICITE

488 millions d’ariary d’amende ont été enregistré en un an

Le ministère de la Pêche et des ressources halieutiques (MPRH) a procédé à sa réunion annuelle pour dresser un bilan provisoire des activités du ministère. Premier bilan depuis 2002 où l’on a su que ce ministère a enregistré 488 millions d’ariary d’amende en 2010 dont 320 millions d’ariary en trois mois. Hier, le ministre de la Pêche et des ressources halieutiques a tenu une conférence de presse dans ses locaux à Ampandrianomby.
70% des prévisions ont été réalisées malgré la restriction budgétaire imposée au ministère à 10 milliards d’ariary par rapport à ce qui a été écrit dans la loi de finances 2010 (18 milliards d’ariary). Bon nombre de projets ont été réalisés à savoir le renforcement des directions régionales ou encore la campagne de sensibilisation des gens à la loi régissant la pêche maritime. C’est à partir de ces sensibilisations que le ministère a pu drainer ces 320 millions d’ariary en quelques mois.
5 bateaux ont été appréhendés en situation irrégulière, grâce à des patrouilles maritimes ou simplement à partir des informations fournies par les pêcheurs. En octobre, deux bateaux réunionnais à savoir Laksmi et Penn Ar Bed ont été appréhendés en violation de zone de pêche. Ces deux bateaux ont payé 10 millions d’ariary d’amende chacun. Quant aux trois autres (deux taïwanais et un portugais), appréhendés au mois de septembre (Cheng Qing Feng et Shung Feng) et au mois de novembre (Balueiro), ils ont dû payer 100 millions d’ariary chacun.
Notons que les infractions de cette année se chiffrent à 196. Certes, beaucoup reste à faire mais que c’est le ministre a affirmé, le peu que son ministère a pu faire avec les moyens du bord.
En récapitulatif, on peut dire que la situation a nettement évolué depuis 2005. Les redevances perçues en 2005 n’étaient que de 216 millions d’ariary. Mais cela s’est nettement amélioré en 2010 puisqu’elles ont doublé et le résultat avoisine les 584 millions d’ariary. Le nombre de collecteurs a également presque doublé (de 294 en 2005 à 512 en 2010).
Toujours concernant les redevances, après le pic de 2008 avoisinant les 700 millions d’ariary, la Grande île recommence à gagner du terrain en 2010 avec environ 488 millions d’ariary.

Energie L'éthanol tente de s'imposer

Le fatanol est le clou de l’exposition au CNEAGR à Nanisana.
La fondation Tany Meva organise un salon de quatre jours. Elle présente, à l'échelle nationale, l'utilisation de l'éthanol domestique.

Un produit révolutionnaire. La fondation Tany Meva considère aujourd'hui que l'éthanol domestique est prêt pour alimenter le marché national. Cette constatation résulte des résultats positifs auprès des zones choisies à titre de phase pilote. Le salon de l'éthanol, organisé auprès du Centre national d'études et d'applications du génie rural (CNEAGR) à Nanisana, vise ainsi à sensibiliser les visiteurs sur les atouts acquis sur l'usage de l'éthanol, que ce soit d'ordre économique, environnemental ou social.

« Notre objectif est de remplacer l'usage du charbon et des bois de chauffes par l'éthanol. Ce combustible ne diffuse aucune odeur, et ne contient aucun risque d'explosion. De plus, il n'est pas dangereux pour la santé », explique Hermine Ranivosoa. Elle occupe la commercialisation du produit au sein du salon. Elle semble être très optimiste sur le succès de cette source d'énergie. « Je suis là depuis une heure et il y a déjà, au moins, 20 personnes qui ont passé une commande », énonce Hermine Ranivosoa. Le nouveau produit semble, en effet, intéresser les visiteurs. Ils ont été conquis par les démonstrations. De plus, le fatanol consomme peu.

Essais concluants
« Les essais que nous avons effectués à Ambositra ont demontré qu'il faut un litre et demi d'éthanol pour la cuisson quotidienne. Le litre coûte 500 ariary, soit 1500 ariary par jour en tout », expose Rivo Andriatsiferana, technicien, aux visiteurs.

« Pour le cas du fatanol, il faut payer 30 000 ariary pour l'achat en gros », poursuit-il. Ceux qui sont intéressés doivent ainsi laisser leur numéro, et seront contactés par la suite pour la remise du fatanol et de l'éthanol. Ce nouveau combustible sera par ailleurs vendu à Analamanga pour l'approvisionnement. Pour les autres régions, l'éthanol est déjà mis en vente à Ambositra. Pour le reste, « l'un des objectifs du salon de l'éthanol est de mobiliser tous les acteurs tels que des opérateurs économiques et des paysans, pour la diffusion à l'échelle nationale de l'éthanol domestique », énonce Njiva Ratsitoarimanga, manager qualité-innovations de la fondation Tany Meva.

Réflexion sur l’art - L’art et la liberté

L'activité artistique est l’un des points de convergence de l'individu et de la société, si tant il est vrai que l'artiste est un être humain exceptionnel mais que, pourtant, son œuvre, sa valeur, sont inséparables d'une insertion et d'une reconnaissance sociale.
Par ailleurs, comprendre l'activité artistique engage la question de sa réductibilité à des systèmes multiples de conditionnements ou, au contraire, de ses affinités avec la capacité ultime de transcendance de l'être humain. L’art, qui est un domaine de la création, semble ainsi se détacher de toute connotation sensiblement attendue ou éprouvée. Si l’art est création, il est un domaine privilégié où ne semble régner aucune des contraintes ordinaires de la technique dans le monde du travail. L’artiste n’ayant en vue que la création et jouit de la position du créateur. Il est alors tentant de regarder l’art, sous un angle ludique ; et de penser que l’art est au fond presque un « jeu », par rapport à une activité dite « sérieuse » qui serait celle du travail à proprement parler. Mais est-ce vraiment un jeu ? Ou bien, ce jeu n'est-il pas justement ce qui est le plus divinement sérieux ?

La différenciation de l’art face au jeu

D’un côté, cette opposition reste assez superficielle. L’art est aussi un travail et même un travail difficile, parfois ingrat et qui nécessite un labeur acharné. Y voir seulement un jeu, c’est confondre le laisser-aller de l’imagination passive de la rêverie avec l’imagination propre à la création artistique. L’art favorise-t-il la liberté ou, au contraire, la limite-t-il ? Si la notion de jeu inclut l'idée que l'activité déployée ne saurait se réaliser en une œuvre tangible, peut-on dire que l'art est un jeu ? L'art n'est pas une activité libre comme le jeu. Qu'ils soient ou non inspirés, les artistes de scène doivent se produire tous les soirs, à heure fixe. L'art nécessite donc un investissement sérieux de l’esprit et du corps tandis que le jeu se limite au plaisir et à la détente tout simplement. Encore plus sérieux dans le cas de la création artistique (même s'il existe un art de divertissement), laquelle a des enjeux bien plus importants, l'art soulève des questions graves sur la condition humaine, sur des problèmes politiques ou sociaux. Un artiste s'investit entièrement, corps et âme dans ce qu'il fait, il met sa vie en jeu. Cependant, accordons-nous à le dire, l'art comme le jeu, est une activité libre et désintéressée. L'art n'est pas une activité obligatoire, ayant des buts utilitaires. La création artistique a d'abord pour objectif de plaire à l'artiste et au spectateur. L'art n'est pas utilitaire.

Indice de Développement Humain Madagascar en 135è position

La Grande île est classée dans le groupe des pays à Indice de Développement Humain(IDH) faible, de 0.435, occupant la 135ème position sur 169 pays ; des chiffres présentés hier lors du lancement conjoint du Rapport Mondial et du Rapport National sur le Développement Humain pour cette année 2010 qui s’est tenu à l’hôtel Carlton.
Le Secrétaire Général du ministère de l’Economie et de l’Industrie Jean Gabriel Randrianarison et le Représentant résident du PNUD, Mme Fatma Samoura, qui est également coordonnateur du Système des Nations Unies dans le pays ont co-présidé la cérémonie. La recherche du « bien-être » est subjective, dépendant de plusieurs facteurs exogènes comme l’environnement, milieu etc. une indice est de ce fait nécessaire afin d’apprécier le développement humain. L’IDH inclut par la suite trois dimensions essentielles à savoir la santé et longévité, l’accès à l’éducation et niveau de vie décent. Cette année 2010 marque le 20ème anniversaire de ce Rapport Mondial sur le développement humain mais également une évolution dans sa détermination. Trois nouveaux indices sont ainsi inclus dont l’indice de développement ajusté aux inégalités (IDHI), un indice de développement humain tenant compte de l’ampleur de l’inégalité. Le second nouvel indice est l’IIG ou l’indice d’inégalité de genre qui exprime le déficit de progrès dû aux disparités de genre dans la santé de la reproduction, l’autonomisation et le taux d’activité sur le marché de l’emploi. Le dernier indice, l’IPM, l’indice de pauvreté multidimensionnelle tenant compte des personnes souffrant de déprivations. Ainsi, l’IDH de la Grande île ajusté aux inégalités (IDHI) est de l’ordre de 0.308, encore plus faible que l’IDH tout court à cause de la forte inégalité existante. Le rapport national sur le développement humain est à sa 5ème édition pour cette année dont le thème est « Micro-entreprises, emploi et développement humain ». La promotion de l’emploi pour la majorité de la population malgache peut  être, selon le Représentant du PNUD dans son discours, un moyen efficace d’atteindre une redistribution de revenu plus équitable afin d’améliorer l’IDH. Selon une analyse empirique, la croissance est une condition nécessaire mais pas suffisante en matière de développement humain. Il faut qu’elle soit accompagnée d’une politique d’emploi favorable aux deux tiers de la population. En terminant, le Représentant du PNUD de souhaiter que les Rapports puissent éclairer les décid

Les Africains, oubliés d’Areva

Un marchand de souvenirs devant la vieille mosquée d'Agadez dans le nord du Niger le 24 septembre 2010.
Un marchand de souvenirs devant la vieille mosquée d'Agadez dans le nord du Niger le 24 septembre 2010.
Sept personnes, dont un cadre d’Areva et son épouse, tous deux de nationalité française, et cinq employés de Satom (trois Français, un Malgache et un Togolais), ont été enlevées à leurs domiciles à Arlit, au Niger, dans la nuit du 15 au 16 septembre. Leur enlèvement a été revendiqué par Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI). Selon une source malienne, les otages sont “détenus entre les déserts malien et algérien”, dans la zone du Timétrine, une région de collines désertiques du nord-est du Mali, à une centaine de kilomètres de la frontière algérienne. On croit savoir qu’AQMI entend réclamer la libération des terroristes islamistes emprisonnés en France. Et pourquoi donc ne libèrent-ils pas le Malgache et le Togolais, leurs pays d’origine ne détenant aucun islamiste. Dans l’Hexagone, par contre, ils sont une dizaine.Signalons que l’otage malgache, Jean-Claude Rakotoarilalao, serait diabétique ; quant au Togolais, il aurait des problèmes cardiaques. La famille de M. Rakotoarilalao est désespérée, dans l’angoisse, dans la tourmente, sachant pertinemment que les terroristes pourraient d’abord “liquider” les deux Africains, considérés comme quantité négligeable, dans le but de faire ensuite monter les enchères à propos des cinq Français. Un Malgache, un Togolais, ça pèse effectivement peu sur l’échiquier international pour ces bandits, ces criminels arabes, originaires du Maghreb (tous des Blancs) ! 

Du fait que les membres d’AQMI sont des ressortissants algériens, pourquoi l’Algérie n’informe-t-elle ni le gouvernement malgache ni la famille de Jean-Claude Rakotoarilalao à propos des démarches, des actions que les autorités algériennes entendent entreprendre, histoire de la rassurer ? Pour beaucoup, c’est la moindre des choses, d’autant plus que l’Algérie a une ambassade à Antananarivo. Jusqu’à preuve du contraire, cette ambassade n’a pas encore envoyé de “note verbale” ou sollicité une audience, même par courtoisie, auprès du ministre malgache des Affaires étrangères, pour connaître le sort de notre compatriote – otage par accident et malgré lui. L’Etat français, majoritaire à plus de 90 % dans le capital d’Areva, aurait dû également contacter le gouvernement malgache. En outre, notons l’arrivée, seulement le 30 septembre au Niger, de la présidente d’Areva. Force est de constater que, pour celle-ci, cette prise d’otages, qui s’est déroulée il y a déjà deux semaines, ne semble guère être sa priorité. C’est plutôt l’avenir de l’approvisionnement en uranium d’Areva qui préoccupe la dame. Au cas où il arriverait un malheur – ce que l’on ne souhaite pas – à M. Rakotoarilalao, Alger et Paris seront tenus pour responsables.