VAOVAO TVM MIVANTANA

TVM EN DIRECTE.

VAOVAO

.

.

VAOVAO

mardi 13 juillet 2010

WC cherche Médiateur !

Avertissement : Par respect à votre endroit, SVP ne lisez pas ce billet à table ou en grignotant! Pince-sans-rire

Bien que cela soit dans l’air du temps avec cette victoire espagnole dans le foot, ce n’est pas de la World Cup dont il est sujet ici, mais bien le sigle communément utilisé pour désigner les toilettes, ce lieu où habituellement chacun fait face à lui-même, où on entre et où on ressort en solo ! Normalement! (J’arrête mon descriptif mais chacun peut le continuer à volonté)

Je broie peut-être du noir à tel point que je philosophe sur le WC mais ô combien un fait a priori anodin m’amène à conclure que la Société Malagasy n’est pas en bonne forme. Un « petit » corps malade. C’est le moins qu’on puisse dire.

J’étais loin de penser que les toilettes puissent faire l’objet d’une complexité de gestion quand les gens ne vivent plus dans la … normalité et que leur dignité et leur conscience en prennent un véritable coup.

Au risque de me faire virer en évoquant cette anecdote digne d’un véritable…secret industriel, au sein d’une organisation que je côtoie, des nouvelles toilettes ont été récemment installées. Comme l’adduction d’eau est problématique et que l’alimentation en eau est irrégulière dans la zone (eh oui !), il arrive souvent que la chasse d’eau n’a rien pour…chasser…. Aussi, celui qui vient de se soulager se trouve dans l’obligation d’utiliser un seau. Encore faut-il bien sûr qu’il y ait de l’eau. Bien entendu. Et quand l’alimentation d’eau est inexistante, il faut utiliser l’eau du puit ! Et c’est loin d’être une invention ni un procédé miracle

Comme le point d’eau est assez éloigné, il y a un préposé non attitré qui remplit le seau (il fait autre chose que cette tâche, bien sûr). Or statistiquement, ces toilettes connaissent une fréquentation assez élevée de surcroît en cette période d’hiver. Aussi, un seau de 12L ne suffit pas pour une…alternance disons euh… soutenue.

Et c’est là que la problématique devenue un véritable « cas de gestion » est née. Des gens se soulagent au WC sans…nettoyer les lieux. Bien sûr, il y a de forte chance ou malchance pour que celui ou celle qui vient après, s’énerve. Bien que ce n’est pas le cas de tous ! Surprenant ! Et bingo, le précédent rétorque que comme il n’y a pas d’eau, il ne peut faire autrement. Celui qui est prévu succéder indique qu’il fallait appeler le préposé pour qu’il ramène de l’eau, et nettoyer avant de quitter les lieux. Et d’empoignades verbales en empoignades tout court, les gens décident de faire une Assemblée Générale pour régler la gestion des WC. Qu’on demande à la Direction de trancher, il n’y aura qu’un pas. Car bien entendu, dans les WC de la Direction, les gens notent que le seau est « toujours » rempli. Faites vos jeux, rien ne va plus !

La solution est tellement simple mais cela prend une proportion comme si ce cas devrait être soumis à une école de gestion. Sans caricature aucune !

Là où je veux en venir, ce n’est pas de décrire la solution ou une solution. Là où mon attention est attirée c’est que ce fait de société, ce fait humain, d’apparence simple, hilarant ou désolant, est à l’image d’une Société (un Pays ?) où personne n’est en accord avec personne et que tout écart de vision nécessite une médiation, une entité qui joue l’intermédiaire, voire une assise quasi nationale.

Loin de moi de vouloir comparer mon Pays à un tel lieu, mais comment ne pas avoir la bouche bée (une formule non adaptée à ce billet celle-là !) quand celle qui se qualifie de Société Civile en arrive à un point où elle-même a besoin d’un Médiateur pour pouvoir organiser solidairement les débats nationaux de sortie de crise ? Sommes-nous au point d’être en désaccord même sur la Crise à résoudre ?

La définition de ce qu’est une Société Civile est déjà assez compliquée (pour moi en tout cas, à vous d’essayer) qu’on a pas besoin encore aussi d’une médiation pour rassembler des coalitions de je ne sais quelles alliances de je ne sais plus quels groupements de société(s) civile(s) pour engager une démarche de résolution de la crise Malagasy !

L’Eglise a besoin d’une médiation pour comprendre qu’elle n’est pas faite actuellement pour le costume qu’elle veut se tailler.

Les politiciens ont besoin de médiation pour échanger, pour débattre et même pour se parler.

Les groupements éparpillés de la Société Civile ont besoin de médiation pour engager une recherche de solution à la crise.

L’Armée a besoin d’une médiation pour panser les plaies du passé.

La Justice a besoin d’une médiation pour trancher sur le cas des détenus,

La Population est divisée et a besoin d’une médiation réussie pour fêter solidairement une Fête Nationale et un Jubilé du Cinquantenaire du retour de l’Indépendance.

Et là…W…cherche Médiateur !

Où allons-nous ?

CULTURE - 400 Ans d’Antananarivo : L’Histoire à travers les jeux

L’ORTANA organise des activités autour de l’histoire et la mémoire de la capitale. Leur caractère ludique sera privilégié.

Depuis samedi, l’Office régional du tourisme d’Analamanga (ORTANA) organise des activités culturelles en vue de célébrer les 400 ans de la ville d’Antananarivo. Au total, neuf manifestations seront réparties du 10 au 30 juillet dont la majeure partie se déroulera à Andohalo.
La capitale de Madagascar a déjà connu ses premiers habitants il y a quatre siècles. Les recherches archéologiques et scientifiques le prouvent. D’autant plus que la commémoration coïncide avec le cinquantenaire de l’Indépendance du pays.
Le programme semble surtout réservé aux jeunes, car des initiations gratuites à des jeux de société, comme le fanorona, les échecs et le jeu de go seront dispensées. Un tournoi clôturera les séances les 17 et 23 juillet.
Dès hier, malgré la période d’examen, l’engouement des jeunes a été palpable. Les tables de jeux n’ont jamais désempli. « Je reviendrai ici la semaine prochaine après mes examens. C’est une bonne initiative et j’espère qu’elle va continuer », annonce Dynah, une lycéenne amatrice d’échecs.
Pour tous les goûts
Dans le jargon du commerce ou de l’évènementiel, ces jeux servent de produits d’appel. L’ORTANA utilise cette stratégie pour attirer ces jeunes vers ses locaux où se déroule une exposition thématique.
Lalaina Rajoelimanana, agent d’accueil au kiosque ORTANA Andohalo s’explique. « Peu de Tananariviens savent que des gens ont déjà vécu ici il y a plusieurs siècles. Cependant, la région possède plusieurs richesses historiques et culturelles exploitables ».
« Comme nous n’avons pas de plage, nous devons valoriser ce que nous avons », précise-t-il : question identitaire et financière oblige !
Dans le domaine du politiquement correct, les amateurs d’art plastique auront aussi l’occasion de s’initier à cette discipline sous la direction de l’artiste plasticienne Rafaral.
Des animations de conte, de cirque seront proposées aux tout-petits. Pour la famille, une visite de la Haute-Ville sera organisée.

Extrait l’Express de Madagascar - Edition n° 4662 du 13-07-2010

L’ACP-UE fait pression sur la HAT

La mission d’évaluation dépêchée par l’Assemblée parlementaire paritaire Afrique Caraïbe Pacifique – Union Européenne à Madagascar a pris fin ce weekend.


La délégation, emmenée par les députés Elie Hoarau et Michèle Rivasi de France et Joanna Senyszyn de la Pologne, a fait savoir qu’elle insiste sur la libération de tous les détenus politiques de la crise politique de 2009 avec une mention spéciale pour les journalistes. Pour la mission parlementaire de l’ACP-UE, cette mesure est nécessaire en vue d’une réconciliation nationale. Par ailleurs, Michèle Rivasi a notamment souligné que la libération des journalistes est impérative dans la mesure où le rôle des médias primordial dans un pays censé être démocratique. "On ne peut pas organiser une élection libre et transparente si les journalistes sont en prison".

En réponse, Andry Rajoelina, le Président à la tête du gouvernement de fait à Madagascar, a fait savoir dans un communiqué que la Justice malgache est indépendante et que, séparation des pouvoirs étant, il ressort de la responsabilité de la Justice de statuer sur les affaires pénales touchant les prisonniers. A la suite de cette déclaration, il est peu probable que la HAT n’accède à la demande de l’ACP-UE. De plus, la Ministre de Justice Christine Razanamahasoa a déjà fait savoir qu’il n’y a plus de détenus politiques dans les geôles malgaches.

Toutefois, l’ACP-UE affirme soutenir les négociations entre malgaches qui sont lancées actuellement dans le cadre de l’organisation de diverses concertations nationales. Néanmoins, elle exige que les accords de Maputo et l’acte additionnel d’Addis-Abeba soient inclus dans les discussions.

Durant son séjour à Madagascar, la mission parlementaire a rencontré toutes les forces en présence dont les partis de l’opposition. Elle a quitté Madagascar samedi pour Johannesburg afin d’y rencontrer l’ancien Président Marc Ravalomanana. Après son périple sud-africain, la délégation rejoindra ensuite les Seychelles. Le député européen Elie Hoarau a fait savoir que ce sera à Mahé que les membres de la délégation se réuniront pour l’élaboration d’un rapport à présenter à l’Assemblée parlementaire paritaire.

Madagascar : les déténus politiques resteront en prison

Le chef de la Haute Autorité de Transition (HAT) Malgache, Andry Rajoelina, n’ordonnera pas la remise en liberté des politiques, journalistes et religieux actuellement en détention préventive sur la Grande île. Aux membres de la Mission parlementaire paritaire ACP-UE qu’il a reçus en audience samedi à Antananarivo, Andry Rajoelina a indiqué que « la justice malgache est indépendante et que, séparation des pouvoirs et bonne gouvernance étant, il ressort de la responsabilité exclusive de la justice de statuer sur les affaires pénales touchant ceux-ci », lit-on dans un communiqué publié dimanche par la présidence malgache

vendredi 9 juillet 2010

Madagascar : 40 000 dollars américains de la Banque Mondiale pour le lancement du programme par le Fonds pour la Société Civile

La Banque Mondiale a octroyé 40 000 dollars américains pour le lancement de l’exercice 2010 du programme soutenu par le Fonds pour la Société Civile (CSF) qui s’est tenu, jeudi, dans les locaux de la Banque mondiale à Antananarivo, la capitale de Madagascar.

Le CSF a pour principal objectif d’encourager l’engagement civique des populations les plus vulnérables. Pour l’exercice CSF 2010, le bureau de Madagascar a choisi le thème de la gouvernance locale. L’objectif était de privilégier des propositions de projets qui permettent d’améliorer la gouvernance de proximité, en particulier de redevabilité sociale, de lutte contre la corruption ou d’amélioration des services publics. (Xinhua)

lundi 5 juillet 2010

Appel à l'aide pour Doris



Montréal, le 27 mai 2010



Chers amis,

Chers collègues,

Madame, Monsieur,



Je sollicite votre aide car ma cousine Doris, 26 ans, que je considère comme ma sœur ayant grandit ensemble, est atteinte d’une maladie chronique rare et fait tout pour se battre contre cette maladie sournoise afin de mener une vie normale. Cette maladie s’appelle le Lupus érythémateux disséminé (LED).



Il s’agit d’une maladie auto-immune qui résulte d’un dysfonctionnement du système immunitaire qui se bat contre les cellules de l’organisme au lieu de les protéger, comme il est censé le faire. En découlent alors de nombreux troubles, telles des réactions inflammatoires de la peau, des articulations, des muscles, des nerfs, des vaisseaux sanguins mais aussi des organes comme le cœur, les poumons, les reins, le cerveau.


Doris souffre de cette maladie depuis son jeune âge, mais n’a été diagnostiquée qu’il n’y a quelques mois. Tous, ignorions l’existence de cette maladie, que ce soit les amis, la famille, ou même les médecins consultés à Madagascar, notre pays natal et pays de résidence de Doris.



Tant bien que mal, grâce à l’aide de la famille et de certains amis, nous avons pu envoyer Doris en Belgique ne pouvant malheureusement pas être soignée à Madagascar. Elle est actuellement hospitalisée à l’Hôpital Eresme à Bruxelles. Mais aujourd’hui, les factures ne cessent de croître et nous n’arrivons plus à les payer. En effet, ses reins ne fonctionnant plus, Doris doit subir des dialyses trois (3) fois par semaine et chaque dialyse coûte 500 euros. Elle souffre également d’anémie et de troubles de la vision. Avec les dialyses, les transfusions sanguines, les médicaments et le service hospitalier, nous avons à ce jour une facture de 20 000 euros à payer si nous voulons que les médecins poursuivent son traitement. Si les dialyses sont interrompues, Doris est vouée à une mort certaine.



Sa sœur jumelle, feu Maria Sylvana, a succombé à cette maladie en 2003 car nous n’avions pas pu l’évacuer et la traiter avec les soins adéquats à Madagascar, n’étant en plus pas certain de la maladie qui la frappait.



Au nom de toute notre famille et en mon nom personnel, je n’ai pas d’autre choix que de vous lancer un appel à l’aide vu l’urgence de la situation. Cette aide, sous forme de don financier, quelque soit le montant, aidera sûrement Doris à poursuivre son traitement en toute tranquillité et lui permettra de garder espoir face à son combat.



Je vous remercie par avance pour votre compréhension et votre apport!





Vanessa Andréas





J’atteste sur l’honneur de la véracité de ces informations et me tiens à votre disposition pour vous fournir toute précision complémentaire que vous jugerez utiles.





Vous pouvez faire parvenir vos dons à l'adresse suivante:

C.P. 81 - Succursale Bureau Chef

Ste-Catherine (Québec) J5C 1A1

(514) 804-1545 begin_of_the_skype_highlighting (514) 804-1545 end_of_the_skype_highlighting begin_of_the_skype_highlighting (514) 804-1545 end_of_the_skype_highlighting



- en argent comptant

- par chèque (à l'ordre de Vanessa Andréas)

- par carte de crédit ou virement bancaire via Paypal (site sécurisé) - Allez dans la section "faire un don

Vous pouvez faire parvenir vos dons à l'adresse suivante:



C.P. 81 - Succursale Bureau Chef

Ste-Catherine (Québec) J5C 1A1

+ 1 (514) 804-1545 begin_of_the_skype_highlighting begin_of_the_skype_highlighting (514) 804-1545 end_of_the_skype_highlighting



- en argent comptant

- par chèque (à l'ordre de Vanessa Andréas)

- par carte de crédit ou virement bancaire via Paypal (site sécurisé)



Pour les dons par carte de crédit, SVP vous faites un copier coller du lien ci-dessous pour être dirigé vers la page sécurisé de Paypal.






https://www.paypal.com/cgi-bin/webscr?cmd=_donations&business=tiavan%40hotmail%2ecom&lc=CA&item_name=Dons%20pour%20Doris¤cy_code=CAD&bn=PP%2dDonationsBF%3abtn_donateCC_LG%2egif%3aNonHosted



Pour les personnes résidant en France ou en Europe, si vous désirez faire un virement bancaire, vous pouvez me rejoindre par courrier électronique à tiavan@hotmail.com ou par téléphone au +1 (514) 804-1545 pour que je vous transmette le No de compte.



UN GRAND MERCI À TOUS


Le lupus érythémateux disséminé (LED) est une maladie auto-immune chronique où le système immunitaire s’attaque aux tissus conjonctifs du corps. Le nom latin lupus, ou « loup », aurait été choisi pour faire allusion à l’action destructrice et envahissante de cette mystérieuse maladie.

Le lupus touche principalement les femmes en âge de procréer. On le considère comme une forme d’arthrite puisqu’il engendre de l’inflammation dans les articulations. Toutefois, l’impact de cette maladie rejaillit dans tout le corps par une panoplie de symptômes, qui peuvent paraître insurmontables.



Cause



Dans le lupus, pour des raisons qu’on ignore encore – peut-être un ensemble de facteurs environnementaux, hormonaux et génétiques – l’organisme fabrique des anticorps qui s’attaquent à ses propres tissus sains. Le système immunitaire est un réseau complexe d’organes, de tissus, de cellules et de facteurs circulant dans le sang. Habituellement, il protège l’individu contre les maladies. Ces réactions auto-immunes peuvent être très nuisibles pour le corps et occasionnent d’importantes réactions inflammatoires.



Évolution



Le lupus se caractérise par l’alternance de périodes symptomatiques et de périodes de rémission. Durant les poussées de symptômes, le mal s’exacerbe; les manifestations physiques se multiplient et les analyses sanguines en laboratoire révèlent des anomalies. Puis, les symptômes diminuent peu à peu et disparaissent. Les périodes de rémission peuvent durer des semaines, des mois, et même des années. Bien qu’il s’agisse d’une maladie chronique, la plupart des personnes atteintes de lupus ne seront pas malades continuellement pendant toute leur vie.



Éléments déclencheurs



Une infection virale, le stress, le surmenage, la puberté et le fait de tomber enceinte ou d’accoucher peuvent déclencher le lupus par un mécanisme qu’on ignore encore (ce qui ne veut pas dire qu’ils en soient la cause). En outre, certains médicaments utilisés pour traiter une autre maladie peuvent déclencher des symptômes de lupus. Ceux-ci disparaissent lorsque la personne cesse de prendre ses médicaments.



Symptômes

Les symptômes varient beaucoup d’une personne à l’autre. Habituellement, la maladie se manifeste par quelques-uns des symptômes suivants.



Symptômes non spécifiques







- Une fatigue extrême.

- Une perte de poids inexpliquée et continue ou un gain de poids causé par l’enflure.

- Des poussées de fièvre inexpliquées.

- Des ganglions enflés.



Symptômes spécifiques







- Une plaque rouge foncé au haut des joues et à la racine du nez en forme de papillon.

- Une éruption surélevée rouge de forme discoïde sur les régions de la peau exposées au soleil.

- Une grande sensibilité au soleil, qui se manifeste par une éruption cutanée pendant ou peu après l’exposition.

- Des ulcères dans la bouche ou les narines.

- Des douleurs et de l’enflure aux articulations.

- Une douleur à la poitrine durant les respirations profondes, et parfois une toux.

- De l’enflure aux jambes.

- Si la maladie touche le cœur, elle peut causer de l’arythmie et de l’insuffisance cardiaque.

- Un état dépressif, de la difficulté à avoir les idées claires et des problèmes de mémoire.

- Des douleurs musculaires.





Autres symptômes






- Une perte de cheveux.

- Des troubles de vision.

- Une grande sensibilité au froid et au stress : les doigts et les orteils bleuissent ou pâlissent facilement.

- De l’urticaire.

- Des maux de tête.





Source: www.passeportsante.net

samedi 3 juillet 2010

Gouvernance environnementale à Madagascar : Quel bilan et quelles perspectives?



Vahinala RAHARINIRINA

Le cinquantenaire de l’Indépendance de notre Pays est à l’honneur en cette année 2010 et il est plus que normal de dresser aussi le Bilan de ces cinq décennies pour la gouvernance environnementale à Madagascar. La question environnementale[2], souvent reléguée au second plan par plusieurs acteurs notamment les partis politiques, est pourtant fondamentale à la fois en termes d’enjeux, mais aussi parce qu’elle est en quelque sorte garante de la stabilité politique du Pays.



Je tenais à souligner que les éléments que je vais énoncer ici n’engagent pas mon laboratoire de recherche et reste une analyse très personnelle. C’est le résumé de mon intervention à Fresnes le 12 juin dernier lors d’une conférence-débat organisée par Guy Vincère Rabesaotra dans le cadre du cinquantenaire de l’Indépendance. Mon analyse a d’ailleurs été principalement focalisée sur la place des populations locales dans cette gouvernance des ressources naturelles à Madagascar.




Commençons d’abord par l‘historique de cette gouvernance environnementale. Elle a été particulièrement exclusive et répressive du temps de l’administration coloniale. La période postcoloniale a été relativement identique, c’est-à-dire avec une approche basée sur l’exclusion et la centralisation de la gestion des ressources par l’Etat. Il a fallu attendre le début des années 90 pour voir l’Etat malgache décentraliser enfin la gestion des ressources naturelles et promettre une approche « bottom-up » qui intègre les populations locales et leur confère le pouvoir de gérer les ressources naturelles longtemps accaparées par l’administration. On assiste alors à la mise en place d’une politique environnementale totalement novatrice et à l’élaboration de nouveaux programmes de gouvernance locale tels que les GELOSE – GCF… Mais très vite, l’Etat sous pression des acteurs de la conservation et des bailleurs de la politique environnementale est contraint d’avouer, à tort ou à raison, l’échec de cette décentralisation des ressources, en évoquant surtout l’incapacité des communautés à mener une gouvernance efficace. Fin des années 90, on assiste alors à l’avènement de ce que j’appelle la gouvernance environnementale « néolibérale ».


Si on devait schématiser cette nouvelle forme de gouvernance, elle serait basée sur quatre piliers, à savoir une économie fondée sur l’extraction et la valorisation marchande des ressources naturelles en parallèle avec la conservation de la biodiversité (Vision Durban) - le retour d’une approche « Top Down », avec un Etat contraint à la fois par les feuilles de routes internationales et par les intérêts des grandes puissances – le développement d’une nouvelle génération de projets (contrats de bioprospection, vente/location de terres agricoles, grands projets miniers, projets REDD+, etc.) – un discours basé sur la compétitivité, la rentabilité, la rationalité et l’efficacité. Cette gouvernance néolibérale est caractérisée par la présence accrue des BINGOs[3] et des firmes étrangères (multinationales ou autres) sur le territoire malgache.




On s’aperçoit que la notion de dépendance des communautés locales aux ressources naturelles a complètement disparu des discours et des débats (si toutefois il en existe). Ce qui provoque une certaine forme de dualité permanente entre usages traditionnels des ressources et grands projets. On constate même qu’une incompréhension mutuelle, voire une divergence totale de point de vue, s’est petit à petit installée entre l’Etat et les populations locales. Les conséquences sont connues de tous et s’avèrent relativement dramatiques. D’abord, la perte de biodiversité sur l’Île continue à une vitesse inquiétante, provoquant différents dégâts pour les écosystèmes, mais aussi pour les communautés à proximité. Cette nouvelle génération de projets n’a pas permis de contenir l’érosion de la biodiversité. Ensuite, on observe une paupérisation et une grande vulnérabilité de certaines communautés rurales. La politique environnementale malgache est très fortement critiquée[4]. Il n’y a plus de confiance des populations envers l’Etat. Cela va d’ailleurs se matérialiser par des mouvements de contestation des paysans, chose rarement observée à Madagascar. Enfin, face à un Etat qui devient de plus en plus unilatéral[5] en matière de prise de décision, il y a une vraie demande sociale[6] pour un processus plus inclusif et participatif.



Ce que j’appelle « gouvernance environnementale néolibérale » de cette dernière décennie n’est cependant pas que négative, du moins pour certains acteurs de la société malgache. Pour l’Etat malgache, plongé dans un contexte de faillite publique quasi-permanente, tout projet qui est censé avoir un impact positif sur le développement économique et territorial de l’Île est pertinent. D’autant plus que l’Etat malgache se défend d’avoir toujours recouru à des études d’impacts environnementaux (EIE) et à l’avis d’experts confirmés. Par ailleurs, les protagonistes de cette « nouvelle génération » de projets et de mécanismes avancent des justifications libérales prônant la nécessité des investissements privés et engagent souvent des discours « culpabilisateurs » notamment par rapport à l’incapacité des anciens modes de gouvernance à contenir la perte de biodiversité et à sortir les populations surtout rurales de cette situation de grande vulnérabilité.



Face à ce dilemme, la question qui est souvent posée par les uns et les autres est la suivante : « Faut-il privilégier cette gouvernance néolibérale en sachant qu’elle est finalement très controversée et manque crucialement de légitimité sociale » ? Je pense que la question est un peu mal posée, même si effectivement une réflexion sociale sur la pertinence de cette gouvernance néolibérale est à faire et dans les plus brefs délais. Je me pencherai plutôt sur les enjeux de redistribution des coûts et des bénéfices, économiques et écologiques, de ces différents mécanismes et projets « new generation ». Nous sommes de toute évidence soumis par ces feuilles de route internationales et le contexte de globalisation nous oblige à nous ouvrir davantage à d’autres partenariats. Nul ne peut vivre en autarcie à l’heure actuelle !




Le principal défi pour les années à venir, puisqu’il faut bien parler de perspectives, est donc de privilégier des partenariats de type « win-win », de prendre en compte les intérêts de tous les acteurs y compris les plus faibles notamment les 70% de populations rurales, et de faire en sorte que ces projets soient économiquement – socialement et écologiquement viables. Pour que ce défi soit possible, un vrai retour aux valeurs malgaches est fondamental. Je pense notamment aux 4 notions « Mifampiera – Mifampitsinjo – Mifampifehy – Mifampizara ».



[1]Docteur en Economie de l’environnement et des ressources naturelles. Chercheur au centre de recherche REEDS, Université de Versailles Saint Quentin-en-Yvelines. Contact : Vahinala.Raharinirina@reeds.uvsq.fr Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

[2] La question environnementale ne doit pas être réduite à celle des écosystèmes. La gouvernance environnementale inclut à la fois la gestion des ressources naturelles, la redistribution des bénéfices et des coûts économique et écologique impactés par leur exploitation, ainsi que la place de l’Homme et donc par extension des communautés locales, dans les politiques de conservation de la biodiversité.

[3] BINGOs [Big Non Gouvernemental Organizations] = Grandes organisations non gouvernementales.

[4] Les critiques n’émanent pas seulement de la communauté scientifique, mais aussi de la société civile et des communautés locales.

[5] Il arrive néanmoins que l’Etat prenne des décisions de manière bilatérale avec les BINGOs ou avec les principaux bailleurs de fonds de la politique environnementale.

[6] Le besoin de participer, de s’exprimer et d’être impliqué dans les différentes phases de consultation préalables aux projets n’est en aucun cas un « dogme » qui émane des chercheurs en sciences sociales, comme il est souvent dit à Madagascar. C’est une revendication et une exigence qu’il va falloir prendre en compte et systématiser pour les années à venir.