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lundi 7 mai 2012

MADAGASCAR : IL Y A 65 ANS, L’INSURRECTION DE MARS 1947 OU LA TROISIÈME GUERRE FRANCO-MALGACHE


L’écrivain malgache Raharimanana introduit comme suit son exposition titrée 47, Portraits d’insurgés«Une sonorité pour commencer: quarante sept. Une graphie pour continuer: 47. Des syllabes qui claquent sur la noirceur et deux chiffres, 4, 7, indissociables, détachés du temps, figeant l’histoire, ramassant la mémoire, troublant le cours des choses et bousculant la compréhension du monde. Sur l’île, on sait, on ne saisit pas toujours. Savoir mais ne pas pouvoir. Pouvoir se rappeler, retracer dans le détail, dans la froideur de la dissection, tenir l’histoire et redire les faits pour héritage.»
Le 29 mars 1947 éclate à Madagascar une grande insurrection nationaliste pour l’Indépendance: sa violente répression par les autorités françaises a produit un traumatisme pour des générations de Malgaches… y compris celles de maintenant… 1947: l’un des plus grands massacres coloniaux de son époque, un massacre commis par l’un des vainqueurs du nazisme, par ceux qui ont vu de près les horreurs de la guerre… 89000 morts: chiffre de l’Etat-major de l’armée française en 1949…
1947 c’est l’exacerbation, l’apogée de la série de résistances populaires sur la Grande Île de l’Océan Indien depuis la fin du XIXesiècle, résistances à la conquête impérialiste, puis à l’annexion et ensuite à la domination coloniale.
Dans le dernier quart du XIXesiècle, le trop-plein de capitaux des puissances industrialisées occidentales doit être exporté vers le reste du monde «retardataire» (du point de vue du développement du capitalisme). L’exportation des capitaux, c’est-à-dire la mainmise du capital financier sur l’économie des pays non-industrialisés devient l’objectif central des menées colonialistes. Désormais, la concurrence se transforme en son contraire, le monopole: la compétition inter-impérialiste caractéristique de la phase de la libre concurrence joue moins que la recherche d’un accord entre les puissances industrielles monopolistiques pour le partage du monde… et, dans ce contexte, l’erreur de la monarchie malgache était de penser pouvoir continuer de louvoyer entre impérialisme anglais et impérialisme français…. La Conférence de Berlin de 1885, ponctuant cette évolution, sert aux puissances européennes à se partager (en dépit de leurs différends) l’Afrique dans sa totalité.
La première guerre franco-malgache de cette fin de siècle éclate en 1885… À la fin de celle-ci, l'Angleterre accepte les prétentions de la France à exercer son influence sur Madagascar et un traité d'alliance franco-malgache est signé le 17décembre 1885 par la reine malgache RanavalonaIII. Le 5août 1890 est signée la convention franco-britannique (simple accord entre impérialistes) qui, contre le protectorat anglais sur Zanzibar et Pemba, reconnaissait celui français sur Madagascar. Des désaccords sur l'application du traité de 1885, servent de prétextes à l’invasion française de 1895, dans le cadre de ce qui sera la deuxième guerre entre les deux pays.
Le développement de guérillas de résistance paysanne, celles des Menalambadans le centre de l’Île, puis celles des Sadiavahy dans le sud, conduisent la France à dépasser en 1896 le protectorat et à imposer l'annexion de Madagascar et l'exil de la reine à Alger. La «pacification» menée par le général Gallieni (1896-1905) est brutale. Au total, les conséquences de la répression se traduisent par la disparition d’environ 100000personnes, sur une population totale de moins de troismillions d’habitants. Gallieni s'applique à réaliser sa «politique des races», opposant les groupes ethniques entre eux. Les autochtones, soumis au régime de l'indigénat, perdent tout droit et toute représentation spécifique. Les écoles subissent une francisation forcée et perdent une bonne partie de leurs effectifs. Lepouvoir colonial entame la mise en dépendance totale de l’économie malgache et la «mise en valeur» de la nouvelle colonie pour le profit des colons et de la métropole.
Les guérillas paysannes sont vaincues vers 1910. En 1915 apparut un mouvement de résistance d’une autre nature, celui des VVS (Vy-Vato-Sakelika ou Fer-Pierre-Ramifications) – mouvement résistance légaliste d’intellectuels – qui défend la culture malgache, revendique l’accès des autochtones à la citoyenneté et subit aussitôt une violente répression. Le 19mai 1929, une grande manifestation de Malgaches et de progressistes français à travers les rues de la capitale exprime pour la première fois la revendication d’indépendance. Puis ce sera l’éveil du mouvement ouvrier qui culminera, dans la foulée du Front populaire, avec la légalisation des syndicats. Le déploiement du mouvement syndical va favoriser l’émergence des organisations politiques dont le PCRM/SFIC (Parti communiste de la région de Madagascar/Section française de l’internationale communiste) en 1938, parti qui va vite être sabordé pour des raisons encore à déterminer…
C’est tout cet héritage de résistance que capitalise à sa création, en 1946, le jeune MDRM (Mouvement démocratique de la rénovation malgache) dirigé notamment parJoseph RasetaJoseph Ravoahangy et Jacques Rabemananjara qui vont devenir les premiers députés malgaches de l’Assemblée constituante française alors que la crise du colonialisme donne toute sa mesure et que des perspectives réformistes de décolonisation commencent à se dessiner: le MDRM est d’ailleurs vite débordé sur sa gauche par des organisations radicales entristes, le JINI (Jeunesse nationaliste) et le PANAMA (Parti national malgache). Pour contrer l’implantation rapide du MDRM qui couvre en très peu de temps toute l’Île, les autorités françaises encouragent le développement du PADESM (Parti des déshérités de Madagascar), un parti qui va regrouper la partie de l’élite acquise quelques formes de tutelle française.
L'insurrection qui a éclaté le 29mars 1947 est matée par une violente répression et servira de prétexte à la dissolution du MDRM par les autorités françaises. Cette insurrection pour l'indépendance est active à travers le MDRM et les activistes du JINI et du PANAMA. Elle débute dans le quart sud de l'île et sur la côte-sud-est. Elle s'étend jusqu'à la région de Tananarive dans le centre et à toute la région des hautes terres, de Fianarantsoa au Lac Alaotra, au nord de Tananarive, en avril 1947. Les insurgés voient rapidement leur nombre augmenter. Les paysans du sud de l'île les rejoignent. Les insurgés s'en prennent aux Français mais aussi aux Malgaches travaillant pour l'administration coloniale (forces de l’ordre et autres).
Les troupes françaises sont environ 8000 dans l'île au début de l'insurrection. En un an, le contingent est porté à 18000 hommes et, dès mai 1947, l'insurrection recule. La répression est typique de celle des guerres coloniales: nombreux massacres touchant largement la population civile dont les femmes et les enfants. Un haut fonctionnaire évoquera un «Oradour malgache» à propos du massacre commis dans la petite ville de Moramanga (dans le centre-Est).
Convoi militaire français, à Madagascar, le 25 septembre 1947 (AFP)
Les troupes coloniales, renforcées notamment par des «tirailleurs sénégalais», mettent un an pour venir à bout de la guérilla. Des élus du MDRM, parti pourtant légaliste et hostile à l'insurrection, députés malgaches à l'Assemblée nationale,Joseph Ravoahangy et Joseph Raseta sont arrêtés, déchus de leur immunité parlementaire et condamnés à mort. Peine commuée par la suite en prison à vie.
L'évaluation officielle des victimes de la «pacification» après-1947continue à faire débat jusqu’à aujourd’hui. Une mission d'information de l'Assemblée de l'Union française fin 1948 établit un premier bilan à 89000morts (plus de 2% de la population malgache de l'époque). Révisé «officiellement» à 11000 quelques temps plus tard par l’Etat colonial. Mais à l'époque, personne ne remet en question la terrible violence de la répression infligée par l'armée française au peuple malgache. Certains analystes malgaches et étrangers avancent le chiffre de 100 à 200000morts. Pour les historiens révisionnistes, de tels chiffres sont loin de la réalité: «Il a pu y avoir jusqu’à 40000 morts à Madagascar en 1947-1948. Mais plus des trois-quarts sont imputables à la maladie et à la malnutrition qui ont frappé des populations en fuite, le plus souvent sous la contrainte des insurgés.»
Les victimes comprennent une grande majorité de Malgaches, tués lors des affrontements, fusillés avec ou sans procès, morts dans les camps d'internement, d'épuisement ou de faim, dont beaucoup de femmes et d'enfants, après avoir fui leur village pour se réfugier en forêt, quelques milliers de membres des forces de l'ordre ou de l'administration coloniale tués par les insurgés, des centaines de tirailleurs sénégalais, souvent envoyés en première ligne, ainsi que des colons français.
L'insurrection malgache de mars 1947un des événements les plus sombres de l'histoire coloniale française. D’aucuns considèrent sa violente répression comme le modèle de la «guerre révolutionnaire» qui va être appliquée par Mesmer au Cameroun neuf ans plus tard pour détruire l’UPC (Union des populations du Cameroun). Elle est aussi souvent considérée comme l'un des signes avant-coureurs de la décolonisation en Afrique francophone.
En janvier 1951, quand l’ordre colonial régnait de nouveau sur la Grande Île, François Mitterrand, alors ministre de la France d'outre-mer indique dans un discours que l'«avenir de Madagascar est indéfectiblement lié à la république française». Après la défaite française en Indochine en 1954, la loi-cadre Defferre de 1956 prévoit le transfert du pouvoir exécutif aux autorités locales. Dans le cas malgache, ceci permet en juillet 1958 l’accès à la tête du gouvernement de Philibert Tsiranana, un ancien leader du PADESM, devenu député en 1956. Le 14 octobre de la même année, la République malgache est instituée par le pouvoir colonial, suivie le 26 juin 1960 de la proclamation de l’indépendance.
L’insurrection défaite de 1947-1949 est commémorée par un jour férié à Madagascar chaque 29mars depuis 1967 seulement.

Arondihy démocratise la danse

Les passants ont profité pleinement du spectacle gratuit exécuté sur le trottoir du Tahala Rarihasina. (Photo : Maminirina Rado)


Après trois jours de spectacle et d'échanges, la première édition du festival Arondihy a touché à sa fin, hier. Une note positive pour les organisateurs.
Le festival Aron­dihy a connu l'un de ses moments forts samedi matin. Un spectacle en plein air a été présenté sur le trottoir du Tahala Rarihasina. Le genre d'activité gratuite, où tous les participants s'engagent à fond, qui fait l'esprit d'un festival. Fanou Santatriniaina Raveloarison, membre de Lamako Events, créateur d'évènements en est sorti grandie. « La richesse de la culture malgache est palpable et très étendue quand on se trouve au cœur de ce genre d'évènement », reconnaît-elle. Devant le Tahala Rarihasina, femmes, enfants et passants ont été tous attirés par la performance subtile de l'école Rary avec leur « Dihy amin'ny amponga ».
Réussite mesurée
Une vraie découverte pour le simple curieux. Ensuite, les Vaovy, Rakoto Frah Junior, Belly et bien d'autres sont passés, offrant une multitude d'expressions. Le clou de cette matinée a été la prestation de l'association Vidaco, composée de plusieurs étoiles montantes de la danse contemporaine locale, et d’un choré­graphe burkinabé.
Zongo Ibrahim, danseur professionnel commente.
« La présence de la danse traditionnelle doit impliquer la population. La tradition peut donner un sens aux expressions ». Il faut souligner que le festival Arondihy s'est ouvert à deux genres de danse, la contemporaine et la traditionnelle. Le festival a ensuite continué samedi après-midi au cafétaria de l'Esca Antani­mena. La compagnie Lova­tiana, Gafrah percu et Mada­gascar Capoeira en étaient les vedettes. La soirée a continué au Cgm avec un spectacle où s'exprimait le hip hop avec Street I Dance, Mozdih, les dignitaires de Rakoto Frah et Sarindra Beloba, les maîtres du mangaliba. Pour la finale, le Cgm a abrité, dimanche, le groupe Zovy, avec sa danse pleine d'identité. Et bien sûr, la présentation de la pièce dansée par tous les participants, Daholo be. « On peut déjà penser à la deuxième édition», conclut Fanou Santa­triniaina Raveloarison.

lundi 30 avril 2012

Tourisme sexuel : le cas de Madagascar


 



Benoît XVI a dénoncé cette semaine le tourisme sexuel, en évoquant une déviation abjecte. Le Pape s’exprimait ce mardi 23 avril dans un message publié à l’occasion du VIIème Congrès mondial de la Pastorale du Tourisme, qui s’est réunie jusqu’à ce vendredi à Cancun au Mexique. Le tourisme est devenu une activité quasi universelle. Mais il aussi son coté sombre, en dévastant parfois la vie des personnes, de nombreuses familles et voire de communautés entières. L’Église a souhaité ainsi rappeler que le tourisme n’est pas seulement une activité économique, mais également une activité humaine et humanisante. Sur le terrain, de très nombreuses ONG tentent de lutter contre le fléau du tourisme sexuel. C’est le cas à Madagascar. Le reportage d’Olivier Bonnel RealAudioMP3 

La course aux terres ne profite pas aux pays du Sud




Le phénomène des achats et locations de terres agricoles à grande échelle est l'objet, depuis la fin des années 2000, de débats passionnés. Le projet Land Matrix, qui rassemble cinq partenaires dont, pour la France, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), s'est donné pour but d'y insuffler un peu de rationalité et d'approche scientifique. D'où l'ouverture, vendredi 27 avril, d'un nouveau site Internet sur lequel doit être accessible la masse de données rassemblées.
"La course à la terre est une réalité, même si elle s'est ralentie depuis son pic de 2009", constate le rapport publié à cette occasion. Les chercheurs se sont concentrés sur les transactions internationales à des fins agricoles : depuis 2000, ils en ont recensé 1 217 - en négociations ou finalisées - concernant 83,2 millions d'hectares, soit 1,7 % de la surface agricole mondiale.
Plus de la moitié de ces transactions ont pu être vérifiées auprès d'une "source fiable". Le nombre de contrats signés recensés s'élève à 403, pour une superficie totale de 26,2 millions d'hectares. En 2011, un rapport du Cirad et de l'InternationalLand Coalition, autre partenaire du projet, avait évoqué un chiffre de 203 millions d'hectares, mais y étaient inclus les transactions impliquant des acteurs nationaux ainsi que les achats et locations de terres à des fins autres qu'agricoles (mines, tourisme, agroforesterie, etc.).
ACCAPAREMENT DES TERRES
Le projet Land Matrix se base sur toutes les mentions de transactions foncières, généralement relevées dans les médias ou sur Internet, et entreprend de les vérifier, notamment en faisant appel à des partenaires locaux. "Bien que basées sur une méthodologie solide, les données inclues dans le Land Matrix doivent être traitées avec précaution", préviennent les auteurs du rapport, qui estiment que"certains pays peuvent être concernés par un grand nombre de transactions simplement parce qu'ils font preuve d'une plus grande transparence" que d'autres.
Par ailleurs, certains contrats ne font l'objet d'aucune publicité, alors que d'autres sont annulés, comme celui qui aurait dû permettre, en 2008, à la firme sud-coréenne Daewoo d'exploiter 1,3 million d'hectares de terres à Madagascar.
Le phénomène d'accaparement des terres, ainsi que le qualifient ses détracteurs, s'est accéléré à la fin des années 2000, avec la hausse des prix alimentaires. Il touche l'Afrique (62 % des transactions), l'Asie du Sud-Est (plus de cinq millions d'hectares ont fait l'objet de transactions vérifiées aux Philippines, ce qui en fait le pays du monde le plus concerné) et - à un degré moindre - l'Amérique latine.
Les principaux investisseurs sont les pays émergents, emmenés par la Chine, ceux du golfe Persique, qui cherchent à assurer leur sécurité alimentaire, ainsi que les pays anglo-saxons. Le rapport basé sur Land Matrix montre que l'exportation des cultures est l'objectif de la majorité des projets, et dans un peu moins de la moitié de ces cas, à destination du pays d'origine de l'investisseur.
CULTURES NON ALIMENTAIRES
Les auteurs relèvent également que les entreprises privées sont les principales bénéficiaires des transactions, et qu'environ un quart de celles-ci concernent des cultures non alimentaires, majoritairement destinées à produire des biocarburants. Ils notent que les investisseurs s'intéressent particulièrement à des pays pauvres où la propriété foncière est mal garantie.
"Très peu de projets semblent avoir engagé les consultations adéquates avec les communautés locales", estiment-ils, ajoutant que, bien souvent, les autorités locales se révèlent incapables de préserver les intérêts des habitants. Ils admettent cependant n'avoir eu connaissance que d'un nombre limité de projets ayant donné lieu à des "évictions substantielles" de populations.
Le rapport relève que "près de la moitié des transactions concernent des zones déjà cultivées" et s'inscrit en faux contre l'idée que ces investissements permettraient d'exploiter des terres en friche. Il note que ces projets sont particulièrement gourmands en eau et ponctionneront donc les ressources des pays-cibles. "On ne sait pas grand-chose des effets à court et à long terme de ces investissements", reconnaissent les auteurs du document.

Madagascar occupera 8% du marché mondial des terres rares en 2015

Madagascar occupera 8% du marché mondial des terres rares en 2015


(Agence Ecofin) - La société allemande Tantalus Rare Earths AG vient de signer une lettre d’intention de partenariat technique et commercial avec Rhodia, filiale du groupe belge Solvay. Les deux sociétés collaboreront « pour développer un processus optimal de fabrication de concentrés de terres rares depuis le grand gisement de faible profondeur Tantalus à Madagascar, et la livraison exclusive de ces terres rares à Rhodia ».
Tantalus pourrait fournir jusqu'à 15000 tonnes par an de terres rares à Rhodia, extrait de sa concession de 300 km2 située dans la région d'Ampasindava. Les réserves d’une concentration de 0,08% seraient estimées à 130 millions de tonnes d'argile latéritique. « La nature et la composition de ce minerai de type argile ionique nous semblent très prometteuses pour un accès durable et compétitif aux terres rares lourdes », selon Frédéric Carencotte, directeur industriel de Rhodia Rare Earth Systems. 
La demande mondiale pour les terres rares pourrait doubler d'ici 2015, à 125000 tonnes par an pour des usages liées à l’industrie de pointe : matériel audio, éolienne, voiture électrique, disques durs d'ordinateurs, lecteur MP3…
La Chine concentre actuellement 55 millions des 110 millions de tonnes des réserves connues et 95% de la production mondiale avec 30 000 tonnes pour 2012.
Les terres rares recouvrent 17 minéraux dont 14 sont classés stratégiques par l’Union européenne : antimoine, béryllium, cobalt, fluorine, gallium, germanium, graphite, indium, magnésium, niobium, platine, terres rares, tantale et tungstène…

Diana La route d’Antsiranana fortement dégradée

Les enfants s'improvisent cantonniers pour permettre la circulation sur la RN6 (Photo Raheriniaina) 

Les enfants s'improvisent cantonniers pour permettre la circulation sur la RN6 (Photo Raheriniaina) 
Ce n'est qu'un des axes routiers au niveau national dont la réhabilitation est urgente. Le développement régional et la circulation des biens et des personnes deviennent des otages.
Les routes se dégradent aussitôt qu'elles ont été construites. Ces derniers temps, l’état de la Route nationale n° 6, reliant la capitale du Nord à Ambilobe et Ambanja ne permet plus aux usagers de circuler aisément, surtout pendant la saison des pluies. 
Cette seule voie d’accès aux différents districts s'est fortement dégradée de jour en jour, ces dernières années, et elle est de nouveau criblée de nids-de-poules. La détérioration du tronçon entre Anivorano et Ambilo­magôdra, d'une longueur de 30 km, en est une parfaite illustration. 
En raison du trafic routier dense et du rétrécissement de la chaussée, les voitures ne peuvent plus circuler en double sens, car le bitume a complètement disparu au profit de trous béants, notamment au niveau des villages d’Ankazonkony et d'Andranosavony sur la route d’Ambanja. Pour circuler, les usagers de cette voie « choisissent » leurs trous.
Non seulement la route est parsemée de nids-de-poules, mais elle comporte de nombreux trous béants qui peuvent provoquer des accidents graves, voire mortels, et endommager les véhicules. De fait,les automobi­listes souffrent le martyr de par la dégradation de plus de 60 % de cette partie de la RN6. Souvent, des accidents, dus aux dérapages ou aux glissades, sont enregistrés.
« Il y a deux ans, je me souviens que le voyage ne durait pas plus de quatre heures. Maintenant, il me faut une journée entière pour atteindre Ambanja, depuis Antsiranana », a déploré un chauffeur de taxi-brousse qui fait la liaison régulière de ces deux villes.
Bitumée dans le courant des années 1992 (dernière réhabilitation), cette portion de la Nationale 6 est, mise à part son vieillissement, beaucoup sollicitée par des véhicules de gros tonnage qui l’empruntent nuit et jour. Au demeurant, les quelques réhabilitations qui se limitent au rebouchage des nids-de-poules, ont montré leurs limites et appellent désormais à une totale rénovation de cette route vitale pour les échanges entre la partie nord du pays et la capitale, voire le Sud et d’autres régions, en passant par la RN 4.

Colmatage

Excédés par l'indifférence des pouvoirs publics, des enfants, riverains de la RN6 ont pris le problème à bras-le-corps en cherchant de cailloux concassés et de la terre pour boucher des nids-de-poules et autres trous sur la chaussé. Mais d’autres maux d'une autre nature pourraient se produire, car ces enfants seraient tentés de sécher l'école pour l’argent facile en s'improvisant cantonniers.
« Par rapport à ces enfants qui facilitent actuellement la circulation des usagers et des biens, pourquoi les entreprises ne feraient-elles pas œuvre salvatrice ? Quelle notion de citoyenneté, d'environnement se font les responsables de ces entreprises, lesquelles obtiennent depuis des lustres les marchés routiers ? », se demande un notable, victime d’un accident sur la mauvaise partie de la RN6.
Pour sa part, l’Autorité routière de Madagascar, gestionnaire de toutes interventions « points à temps » sur la RN6 a essayé de s’organiser autrement, afin de permettre aux usagers de se déplacer. Elle a procédé au colmatage en bouchant simplement les trous. Mais le remède n’a duré que deux mois au maximum, vu l’ampleur de la détérioration. Le mauvais entretien d’autres structures techniques budgétivores, lesquelles devaient subir des réparations périodiques, n'avait qu’enfoncer le clou. 
Face à cet état lamentable de la RN6, les usagers de la route souhaitent que son entretien soit une priorité, en vue de garantir le développement de la région. Et surtout pour éviter qu’elle devienne comme l'axe routier Ambilobe-Vohémar.
« Notre souhait est qu’on entretienne la route. C’est pour préserver les accessoires de nos véhicules. A cause des trous, nous connaissons souvent des crevaisons et des rupture de lames », se plaint un camionneur.

Victime de la crise
Pour rappel, la Route nationale 6, a été concernée par le projet 10e FED (entretien périodique de 60 km), mais faute de financement suspendu, le projet est tombé à l’eau.
De plus, le non versement de la redevance, perçue sur les produits pétroliers, au profit du Fonds d'entretien routier (FER), entraîne le retard de la nouvelle campagne d’entretien. Selon des sources digne de foi, un arriéré de 60 milliards d’ariary reste impayé.
S’il n’y a pas de mesures à prendre, le coût de cet entretien s’avérant colossal, il n’est pas difficile à imaginer de ce qui restera des voies secondaires et de proximité.

L’avenir de la coopération climatique à Madagascar



L'avenir de la coopération climatique à Madagascar

Lettre à Andry Rajoelina Président de Madagascar

Monsieur le Président,
je vous prie de m’excuser pour la méthode et la façon par laquelle je vous écris, mais vous êtes un président moderne et vous comprendrez cette initiative de démocratie participative.
Je m’interroge depuis maintenant 2 ans sur l’avenir climatique de notre planète. Pas besoin de lobby, pas besoin de médias pour constater tous les jours les changements climatiques qui affectent notre planète. D’une saison à l’autre les pluies sont aléatoires, des cyclones traversent le pays jusqu’au Mozambique comme jamais ça ne c’était produit auparavant. Les terres sont sèches et peu productives, les rivières deviennent inexploitables, les ports s’ensablent, les crocodiles et les oiseaux disparaissent.
Je pense que la voie choisie par les grandes puissances n’est pas la bonne. Se focaliser sur un indice d’effet de serre n’est pas la question fondamentale. La question fondamentale est que L’Afrique est devenue une passoire à vent et un tas de sable en attente d’enlèvement par la pluie.
A Madagascar, la route de l’Ouest est très représentative de ce qui se passe, nous avons devant nous des milliers d’hectares brûlés chaque année qui laissent fuir le vent et couler la pluie. Ce ne sont pas les populations locales qui contribuent exprès à cette catastrophe, ce sont simplement des incidents des cigarettes au volant, des accidents ménagers, des cultures sur brûlis, des feux naturels qui sabotent jour après jour la terre des ancêtres.
Madagascar n’a pas l’argent suffisant ni les moyens matériels d’aller à la rencontre et à l’éducation de ces pyromanes improvisés, il faut trouver des financements pérennes et durables afin d’aller à la rencontre de ces populations. Organiser la forêt à Madagascar, c’est se garantir un avenir prospère, comme du temps des colons et de la curée de bois, aujourd’hui rare. Il faut que Madagascar devienne le premier exportateur de bois au monde.
C’est un effort national, le genre d’effort qui ont fait des Occidentaux, des Japonnais et des Chinois des puissants de ce monde.
Aujourd’hui le bois est cher, vous êtes suffisamment au fait du pillage des ressources de Madagascar organisés par les précédents régimes, vous le savez, nous le savons et demain avec la disparition des énergies fossiles ça n’en sera que pire. La demande de bois va exploser, et les prix s’envoler encore plus haut. Madagascar a une place à prendre pour un avenir financier prospère.
Il faut trouver des financements, l’effort national doit être soutenu. Je ne me permettrais pas de critiquer les institutions malgaches, mais il est temps de laisser la place au privé, il y a suffisamment de débouchés pour que le privé s’y engage.
Michel Rocard en mission parlementaire avait fixé la tonne de carbone en modèle compensation par l’économie à 32€ . C’est un chiffre élevé quand on sait qu’un hectare de forêt recycle 1466 tonnes de CO2 sur sa croissance et 1.8 tonne par an ensuite à l’éternité. L’hectare de nos forêts serait alors vendu environ 50 000€ avec une rente de 60€/an... Et c’est un chiffre de compensation. Ce que nous avec nos forêts nous stockons, c’est incomparable, on a l’avantage...
Mais voilà, on constate que l’Union Européenne n’accepte pas pour le moment la reforestation et préfère aller compenser les émissions de gaz à effet de serre dans les décharges de Majunga quitte à polluer encore plus la région et s’en laver les mains au travers de produits financiers vendus en Bourse. Êtes-vous au fait du projet carbone dans la décharge de Majunga ?
La Banque Mondiale est la solution, je me permets de vous faire une proposition, proposition issue de mes activités de reforestation sur le terrain et ma documentation personnelle.
Aujourd’hui, les multinationales du monde sont prêtes à payer pour un meilleur avenir climatique. Les politiques des puissants ne font que l’écho des demandes faites par les industriels sous la pression des hommes. Mais la machine est mal huilée, il a fallu établir des règles en 2006 et ces règles ont donné des pseudo-produits financiers mal orchestrés qui finissent sur le terrain dans des ONGs qui font tant bien que mal mais souvent rien du tout et ridiculisent l’embryon de profession que nous pourrions créer.
Un client content, c’est deux clients qui viendront peut être, un client mécontent c’est neuf clients qui ne viendront jamais, c’est la base des relations d’affaires, et nous, les pays en voie de développement n’avons que fait fuir les clients, ces même clients émissaires parce que de toute façon les ONG ne viennent pas de chez nous.
Nous pouvons donner confiance au monde en organisant nous-mêmes notre filière carbone, et imposer ainsi nos critères et nos entrepreneurs, le marché sera assaini et nous pourrons aller en direction de nos deux objectifs : le développement durable et le climat à Madagascar.
L’ONU n’apporte aucune solution au climat, c’est une lutte de Lobbyistes aussi bien du coté vert que de l’industrie, c’est sans avenir ! Au mieux, ils arriveront à trouver un arrangement quand la terre sera complètement grillée, au pire ils vont continuer à se donner bonne conscience et à gaspiller d’énormes ressources pour ne rien faire.
Il faut que la Banque Mondiale cautionne 50% des investissements en amont et labellise la source.
32€ la tonne, c’est beaucoup d’argent à distribuer, je pense que c’est une bonne base de travail.
16€ pour l’exploitant, c’est largement bon, nous pouvons faire un abattement de 40% pour donner une assurance à nos clients (et à l’État) afin d’organiser durablement une filière bois basée sur la confiance. En effet 40% de la forêt peut être exploité sporadiquement, tant qu’on ne fera pas de gros "trous" dans la forêt, il n’y a pas de raison pour qu’elle disparaisse de nouveau, soit une rémunération à 9€60 MtCO2, soit 3840€ à l’hectare, à peu près 10 millions d’Ariary, de quoi garantir la plantation et initier l’effet papillon du retour à la nature. La forêt va ré-fertiliser les sols et on pourra entrevoir le retour de l’agriculture des céréales. Je serai ravi de développer ce point avec vous.
16€ pour l’État malgache, c’est la taxe mais c’est aussi notre caution envers nos acheteurs, ces 50% et 16€ seront garantis par la Banque Mondiale, c’est un fardeau pour nous mais un gage de confiance pour les clients. 50% d’échec c’est impossible. Cette taxe, cette caution, permettra de créer votre propre service d’homologation, et décupler les capacités du ministère de l’environnement de Madagascar.
Pour l’homologation, j’ai des propositions à vous faire, je vous donne ici les grandes lignes sur la base de ce que nous observons à Madagascar depuis que nous avons initié notre projet de reforestation .
Les terres reboisées doivent rester absolument domaniales. Il est impossible d’avoir un projet de reforestation dédié au climat sur des terres de propriétaires privés (particuliers ou entreprises).
La motivation et le travail bien fait doivent être rémunérés, les entreprises qui s’engagent dans notre charte ont des rémunérations connues, les salaires doivent donc être fixés sur la qualité du travail et non sur le coût de la vie. Il faut abolir le SMIC de l’ONU, car il est dévalorisant pour nos travailleurs.
Les projets de communication auprès des populations doivent être évalués. Par exemple, un artiste-chanteur qui prendrait l’initiative de chanter contre les brûlis en caravane-concert doit être rémunéré en fonction de l’impact (de son travail) sur la nature.
La loi doit punir les atteintes à la nature, il faut punir gravement le détournement et la fraude autour de cet effort national.
Enfin, Monsieur le Président, cette lettre dans l’espoir que vous la lirez et dans l’espoir que nous partagerons nos envies de développer la forêt à Madagascar.
Lettre de Laurent Page à Andry Rajoelina, Président de la Haute Autorité de la Transition à Madagascar
Laurent Page zion@ecologie.tv
Initiateur et financier du projet de reforestation à Madagascar dénommée Zanakaz.Org
( voir Zanakaz.Org et Terabona.Com ) 
et responsable du site internet ecologie.tv