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mercredi 7 décembre 2011

La France affiche son soutien au jeune président malgache


Consécration? Andry Rajoelina, 37 ans, reçu en tant que président de Transition malgache par le président de la République française Nicolas Sarkozy à Paris le 7 décembre. Deux ans et demi après sa prise du pouvoir à Antananarivo, le 17 mars 2009, cet entretien officiel au Palais de l’Elysée a valeur de symbole fort pour le jeune dirigeant malgache: la fin de l’ostracisme.
Oublié donc le «coup d’Etat»? C’est bel et bien ce terme que le président français avait repris en mars 2009 à Bruxelles, à la suite de la présidence tchèque de l’Union européenne, pour qualifier l’éviction du président élu Marc Ravalomanana: 
«J'observe qu'il est renversé sans aucune élection. J'observe que la première décision c'est la suppression du Parlement, ce qui n'est quand même pas un signe extrêmement positif».
La suite de ce constat sans appel fait par l’ensemble de la communauté internationale fut la mise au ban de Madagascar des différentes instances multilatérales (notamment aux Nations Unies, à l’Union africaine et au sein de la Communauté de développement d’Afrique australe-Sadc) et la fermeture de nombreux canaux d’aides et de programme de financement des bailleurs de fonds dont la Banque mondiale et le FMI, les Etats-Unis, l’Union européenne et la France.
Des sanctions économiques internationales qui ont privé le pouvoir central malgache de près de 70% de son budget et ont eu un impact direct en termes de dégradation de la situation économique du pays et de la population.
Néanmoins, la France a toujours témoigné une sensibilité différente. Il faut dire que au-delà d’une position de principe, le renversement de Marc Ravalomanana avec lequel Paris avait des relations orageuses ne chagrinait pas plus que cela l’Elysée. C’était même une aubaine dans la mesure où l’ancien président malgache affichait de mauvaises dispositions à l’égard de la France, mais aussi à l’égard de la langue française à laquelle Ravalomanana préférait visiblement l’anglais.
Désormais, après trois ans de crise politique, une Feuille de route signée à la mi-septembre 2011 par la plupart des partis malgaches émerge, sans convaincre totalement. Un Premier ministre, Omer Beriziky, et un gouvernement de «consensus» de Transition ont été nommés. Mais Rajoelina reste maître à bord, dans l’attente de l’organisation à Madagascar d’élections libres, équitables et crédibles selon la formule consacrée. Pour Paris, c’est le signal attendu pour appuyer les demandes du régime de la Haute Autorité de Transition (HAT) de reconnaissance et de levée des sanctions internationales.
A présent à Paris, Rajoelina se rapproche de cet objectif. Le 6 décembre, il était reçu par le président de l’Organisation internationale de la Francophonie«Abdou Diouf soutient Rajoelina», titre le Courrier de Madagascar. Ce dernier a déclaré à son invité malgache:
«Vous avez manifesté, aux yeux de tous les Malgaches et du monde entier, votre sens aigu d'homme d'Etat et de leadership
Dans ces conditions, la fin de la suspension de Madagascar des instances de l’OIF ne saurait tarder et la Francophonie compte bien contribuer à la préparation des élections.
Un peu plus tôt, Bruxelles avait de son côté montré plus de réserve sur le dossier Madagascar en manifestant un «appui conditionné de l’Union européenne au processus de transition», titreMadagascar-Tribune.com.
De Paris, Andry Rajoelina ne repartira pas les mains vides. Deux conventions de subventions représentant plus de dix millions d’euros de dons ont été signées le 7 décembre avec le ministre français de la Coopération Henri de Raincourt par le biais de l’Agence française de développement (AFD). La rencontre avec Sarkozy promet d’être chaleureuse mais aussi studieuse. Pour L'Express de Madagascar, il s'agit d'une visite de travail où pourraient être abordés trois points: «des élections qui permettront le retour de l’aide internationale», les «contrats français» et le «recadrage de l’ami­ral Ratsi­raka». Le retour récent de l'ancien président malgache de son exil parisien est sans doute suivi avec attention à Paris.

Economie Madagascar: Secteur privé, l'Etat obéré de dettes

Madagascar-Economie - Le GEM demande à l'État de régler ses dettes. Il s'agit de l'une des dispositions pour la relance économique. Des arriérés cumulés. Les dettes de l'État envers le secteur privé sont énormes. Selon les informations émanant du Groupement des entreprises de Madagascar (GEM), elles concernent plusieurs secteurs, principalement le BTP et les entreprises franches. Pour cette dernière, l'endettement est de l'ordre de 7 milliards d'ariary fin août 2011. Elle provient principalement du non-remboursement de la taxe sur la valeur ajoutée. Cette situation a pris de l'envergure depuis le début de la crise.

« Le retard dans le remboursement de la TVA par l'État n'est pas une nouveauté, mais depuis la crise, il est devenu très important. Certains de nos membres avancent que le délai de remboursement n'est pas respecté, et que pour certains, le retard dépasse même les six mois », indique Joséphine Soanorondriaka Andriamamonjiarison, présidente du GEM. C'était hier, au cours d'une conférence de presse au siège du groupement à Ambohijatovo.

A court terme

Afin de faciliter le fonctionnement des entreprises, le groupement revendique le paiement de ces arriérés. Des membres se sont exprimés sur ce sujet lors d'une rencontre avec le Chef du gouvernement, Jean Omer Beriziky, une discussion qui s'inscrit dans le cadre de la relance économique, suite à la mise en place du gouvernement consensuel.

« Avec l'instauration d'un gouvernement consensuel dont la présentation a été assistée par la Communauté internationale, les opérateurs privés pensent qu'il est grand temps de se pencher sur le redressement économique », indique toujours la présidente du GEM. « Nous avons déjà été écoutés, et nous espérons une mise en oeuvre effective », poursuit-elle.

Outre le paiement des arriérés envers le secteur privé, d'autres mesures ont été avancées dans le court terme. Il s'agit, entre autres, de la résolution des problèmes de fourniture d'électricité par la Jirama, l'amélioration du transport aérien, ainsi que l 'élaboration d'un programme de libéralisation des prix des produits pétroliers après négociation avec les opérateurs du secteur.

Le TGV en Sarkozie…


De la rencontre Sarkozy – Rajoelina

Le mercredi 7 décembre à 17h00, Nicolas Sarkozy recevra le président de la HAT. Sur cet évènement qui « est un fait politique majeur à prendre en considération », il faut se garder des analyses simplistes du genre « on reconnaît ici la main et la responsabilité de la françafrique dans le coup d’État de 2009 », ou « c’est le triomphe de Rajoelina enfin reconnu pour la grandeur de son œuvre réformatrice et révolutionnaire »… si, si, si… y’en aura bien certains pour proférer ce genre d’âneries.
Bien évidemment cette rencontre, qui en irritera certains tout autant que d’autres s’en gargariseront, est au bout du compte souhaitable dans la perspective espérée d’une stabilisation de la situation politique et dans celle du déblocage de certains fonds qui ont fait cruellement défaut à l’économie du pays et à sa population.
La question que doivent se poser les ulcérés n’est pas : « Comment Sarko ose-t-il faire fi de nos opinions publiques ? Comment peut-il ignorer le risque d’une montée de la francophobie au sein de populations irritées qui verront encore une fois une ingérence de l’ancienne puissance coloniale dans les affaires du pays ? Comment peut-il recevoir Rajoelina ? ». La question à se poser est bien plutôt : « Pour quelles raisons le reçoit-il ? ». Et les griots du TGV devraient eux aussi reconsidérer cet évènement non pas comme le triomphe de l’auteur du coup d’État mais comme acte de Realpolitik française. Ceci étant, sur le plan signifiant, ce n’est pas comme si Sarkozy venait rendre visite au TGV à Ambohitsirohitra. À 17h00, il ne l’invite pas à déjeuner.
La diplomatie ne se bâtit pas sur des grands principes, pas plus que sur une rationalité absolue accessible à l’entendement immédiat du citoyen. Elle n’est pas non plus le reflet d’une ligne de conduite régulièrement cohérente. Khadafi, reçu en grandes pompes à l’Elysée, s’est vu virer à coup de pompes pas moins grandes quand l’intérêt de la diplomatie française l’a exigé. Ben Ali encensé comme le démocrate de référence du Maghreb a dû vite reprendre l’avion prêté le mois précédent à un ministre français, devant la colère des masses Tunisiennes que Paris a été contraint, tardivement certes, de reconnaître et d’accepter.
Si la diplomatie se targue de défense d’intérêts stratégiques et économiques, de fait, elle ne satisfait que très rarement à la morale et aux valeurs humaines. Il s’agit avant tout de pions que l’on avance et que l’on sacrifie au gré des situations immédiates sur un échiquier où la position de chaque pièce défend la place de l’autre.
La diplomatie est aussi affaire d’enjeux de politique intérieure quand les points marqués à l’échelon international sont autant de faveurs décrochées auprès d’une opinion publique nationale dont il faut prendre en compte la versatilité en vue de futures élections.
La diplomatie c’est aussi question de luttes d’influences et de guéguerres intestines entre acteurs du premier cercle du pouvoir, préoccupés de la défense de leur position et de leur influence… La diplomatie, malheureuse et sans gloire, c’est enfin affaire de petits arrangements entre lobbys politiques et intérêts privés voraces.
C’est à la mesure de ces différentes approches que la réception de Rajoelina à l’Élysée doit s’envisager. Il ne faut pas y chercher la moindre parcelle de morale. On y trouvera aussi le strict minimum en termes de raison et de rationalité. Pourtant de rationalité il aurait dû y avoir. Parce que ce genre de décision ne se prend pas sur le coin d’une table entre deux fourchettes. « Tiens, Alain… en fait de chauté de lapin… pache moi le poivre – ecchcuje moi , j’ai la bouche pleine – je viens d’y pencher… chi on invitait le putschichte malgache à venir nous dire bonjour, che cherait chympa… pache moi le chel ». Ce type de décision fait nécessairement l’objet d’arbitrages, d’évaluations de scénarios et de mises en balance de leurs enjeux, avantages et inconvénients respectifs. On pourrait espérer que ces évaluations soient établies sur la base d’analyses et d’informations exhaustives et pertinentes. Le sont-elles seulement ? Elles le seraient que la diplomatie française pourrait être plus anticipative et plus efficace dans la durée. On n’oubliera pas ainsi que Sarkozy avait choisi, dans son projet d’Union pour la Méditerranée, Ben Ali et Moubarak comme… “piliers sud” (pas moins !!).
Dans ce sens, de la même manière qu’on a vu Khadafi prendre la porte après avoir planté les voiles de sa tente à Paris, ne préjugeons donc pas des revirements de positions que la France peut à tout instant adopter face à un Rajoelina. Elle l’a déjà jugé et évalué dans ses incohérences et tergiversations passées. À incohérent, incohérent et demi : en diplomatie aucune amitié n’est éternelle et aucune poignée de main n’engagera ses auteurs sur le long terme.

jeudi 10 novembre 2011

Le patrouilleur français " Floréal " à quai à Madagascar

Floréal " est amarré au port de Diégo-Suarez depuis samedi dernier. Le patrouilleur a eu droit à une cérémonie officielle à laquelle prenaient part des officiels malgaches et français. Son escale dans la ville du Nord de Madagascar intervient seulement quinze jours après le passage de la frégate française " Le Nivôse " pour raison technique. Le journal local l’Express salue " un événement qui n’a jamais eu lieu " depuis le début de la crise dans la Grande île. 
Le patrouilleur français " Floréal " à quai à Madagascar


Le " Floréal " qui transportait à son bord 100 marins, dont 10 femmes, a jeté l’ancre au port  fraîchement réhabilité de Diégo ce samedi 5 novembre. L’arrivée du bateau a été accueillie dans une ambiance de fête, d’autant qu’un Malgache  natif  de la ville figure parmi l’équipage.
 
 
Les  autorités régionales, civiles et militaires, conduites par les  parlementaires Patrick Monibou et Jocelyne Rahelihanta ainsi que le chef  de région Romuald Bezara ont été invitées à bord du Floréal par le  capitaine de frégate Christophe Pasco et son équipage pour un cocktail  convivial ", rapporte le quotidien l’Express de Madagascar.
 
 
Cette cérémonie qui a duré deux heures a également vu la présence des résidents français ainsi que des coopérants militaires emmenés par le consul honoraire de Diégo-Suarez, Jean Pierre Manant. 
 
 
Mise à part cette réception officielle, c’est toute la ville portuaire qui était en effervescence. Une série de visites à bord du navire a été organisée à l’intention de la population, en particulier des écoliers et collégiens. Parallèlement, les opérateurs économiques locaux se sont mobilisés pour profiter de cette manne touristique. " Restaurateurs et artisans,  tours opérators et artistes, tous ont contribué à faire de la présence  des marins dans la capitale du Nord un événement inoubliable ", relate le journal malgache. " Naviguer  sur l’océan Indien sans faire escale à Diégo-Suarez   serait très regrettable  pour nous ", se réjouit le commandant du Floréal qui accoste pour la première fois à Madagascar. 
 
 
Le bateau de surveillance " Floréal ", mesurant 93,50m de long, 14m de large et 2950 tonnes de déplacements,   est armé de missiles anti-navires exocet (MM38), d’un canon de 100m et  de deux mitrailleuses 20mm F2. Il a aussi à son bord un hélicoptère de type Panther. Le bâtiment, qui participe régulièrement à la  surveillance des pêches dans les Terres Australes et Antarctiques  Françaises (TAAF), est basé à l’Île de La Réunion, au Port des Galets, et traverse tout l’océan Indien durant l’année.
 



Madagascar : un tiers des espèces de reptiles terrestres sont menacés

Un tiers des espèces de reptiles terrestres malgaches sont menacé et nécessitent des protections, a indiqué jeudi la Conservation International de Madagacsar


Madagascar : un tiers des espèces de reptiles terrestres sont menacés
Caméléon d'Oustalet, Ambalavao, Madagascar

Citant la liste rouge de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), cette ONG a indiqué qu'à l'heure actuelle, 113 espèces de reptiles terrestres malgaches sont répertoriées dans cette liste rouge de l'UICN alors qu'en 2010, 82 espèces de reptiles malgaches y ont été répertoriées parmi les 323 existantes dans toute la grande île.

Parmi ces espèces menacées, 113 reptiles, soit 34%, sont classés dans les trois catégories des espèces globalement menacées dont celles en danger critique d'extinction, celle en danger et celle vulnérables.
Ces reptiles malgaches sont subdivisées en quatre groupes notamment les caméléons, les lézards, les geckos et les serpentés.
D'après cette liste rouge, sur les 76 espèces de caméléons, 41 sont classées dans les catégories des espèces globalement menacées dont 4 en voie d'extinction. Les caméléons représentent pourtant les animaux les plus attractifs pour l'écotourisme.
Quant aux lézards, 24 sur les 81 sont classés dans la catégorie des espèces globalement menacées dont 4 espèces sont en voie d'extinction qui se trouvent seulement dans la forêt littorale d'Orangea (au nord du pays) qui vient d'être développée en une nouvelle aire protégée et l'aire protégée du Péninsule de Sahamalaza (dans le nord-ouest).

Concernant les geckos, 33 espèces sur les 88 sont dans les catégories des espèces globalement menacées dont 5 sont classées en danger critique d'extinction qui sont localisés seulement dans le massif de l'Ankaratra (dans le centre sud du pays) qui est en cours de protection et dans la forêt humide dégradée de Fiadanana (dans le sud-est de Madagascar) où aucune mesure de conservation n'est encore prise.

Pour le cas des serpents, 15 sur 78 espèces sont classées dans la catégorie des espèces globalement menacées incluant 3 en voie d'extinction où certaines sont connue seulement dans les forêts humides d'Andasibe (à l'est du pays) et d'autre localisé dans une seule localité de la baie de Sakalava (au nord-ouest).

Selon les organismes oeuvrant dans le domaine de la préservation de la biodiversité, les principales menaces identifiées pour les espèces de reptiles malgaches sont la perte de l'habitat suite à l'exploitation irrationnelle des bois, la fabrication des charbons de bois, la transformation de l'habitat naturel en terrain d'agriculture, le surpâturage et les feux de brousse.
La liste rouge de l'UICN a été sortie afin servir de référence pour les institutions et les organismes oeuvrant dans le domaine de la préservation de la biodiversité pour leur prochaine protection.


Les esclaves oubliés de la Grande Île refont surface


L'île de Tromelin fut la planche de salut d'esclaves malgaches naufragés et abandonnés. Des fouilles archéologiques exhument leur histoire singulière et taboue à Madagascar.

L'île de Tromelin

Jamais à Madagascar, Bako Rasoarifetra n’en avait entendu parler. Jamais, cette archéologue et muséologue de renom à Antananarivo, la capitale malgache, n’avait eu vent de la tragique aventure des esclaves oubliés sur l’île de Tromelin. Mais en 2009, dès qu’elle apprend qu’une équipe française a commencé des fouilles à Tromelin, situé à 450 kilomètres à l'est de la Grande Île, Bako Rasoarifetra veut être de la partie.  
Le 31 juillet 1761, l’Utile, navire négrier de la Compagnie des Indes, parti de Madagascar, fait naufrage sur les récifs coralliens d’un minuscule îlot sablonneux, sans arbres et végétation, perdu dans l’océan Indien. Après être parvenus à construire une embarcation de fortune avec les restes de l’épave, les cent vingt deux hommes d’équipage quittent l’île. Ils laissent derrière eux une soixantaine d’esclaves avec la promesse qu’un bateau viendra bientôt les secourir. Promesse non tenue. Ce n’est que quinze ans plus tard, en 1776, qu’une corvette récupère les huit esclaves survivants: sept femmes et un enfant de huit mois qui sera baptisé Moïse.

Libres et livrés à eux-mêmes

Pendant plus de deux siècles, les seuls vestiges à témoigner de cette présence humaine se résumeront à une ancre et trois canons. Passionné par l’histoire de l’esclavage, un ancien officier de Marine, Max Guérout, âgé de 73 ans, est alerté par un météorologue travaillant sur l’île de Tromelin qui le convainc qu’il y a là un terrain scientifique exceptionnel. Débute une longue bataille pour réunir des fonds, des soutiens et des hommes et lancer une première campagne de fouilles. Ce sera en 2006, avec l’archéologue Thomas Romon, mis à disposition par l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). Objectif: comprendre comment ces esclaves malgaches ont pu survivre sur cette bande de terre d’un kilomètre carré exposée aux intempéries, aux remous et aux cyclones. L’université d’Antananarivo par son Institut de Civilisations/Musée d’Art et d’Archéologie donne feu vert pour que Bako Rasoarifetra puisse se joindre à la troisième et dernière campagne de fouilles qui a eu lieu en novembre dernier.
«Imaginez-vous ces esclaves, raconte l’archéologue malgache: ils sont sous le coup de quatre chocs psychologiques. Libres, ils avaient été volés et réduits à l’esclavage; puis ils ont échappé à la mort et à la noyade lors du naufrage; ensuite, il leur a fallu survivre sur cette île déserte alors que probablement certains d’entre eux n’avaient jamais vécu près de la mer mais sur les Hautes Terres centrales de Madagascar; et abandonnés, ils se retrouvaient comme emprisonnés au milieu de l’océan, dans une attente interminable.»
Malgré les aléas climatiques —tous les objets collectés en témoignent—, ces hommes et ces femmes ont fait preuve d’une énergie et créativité formidables. «Pour les Malgaches, ne plus avoir d’activité, ne plus travailler c’est être morts. Et les fouilles ont prouvé que ces anciens esclaves avaient mis toutes leurs forces pour combattre et vivre à tout prix», analyse Bako Rasoarifetra.

Un symbole ultime de liberté

Exemple: la «pointe-démêloir» que l’équipe découvre dans les sables. Une grande émotion pour Bako Rasoarifetra, qui établit le lien entre les gestes d’aujourd’hui et ceux d’hier:
«Nous, les femmes malgaches, avons pour tradition de séparer nos cheveux avec cet outil que les hommes nous offrent. Or les femmes esclaves avaient la tête rasée; rendues à la liberté, elles ont donc laissé pousser leurs cheveux et les hommes leur ont confectionné cette pointe-démêloir. C’est, à mes yeux, un symbole ultime de liberté sur cette île loin de tout!»
La présence de l’archéologue malgache est précieuse pour l’équipe dirigée par Max Guérout: «Nous avions besoin de ses connaissances, pour travailler sur l’habitat par exemple, et surtout de sa sensibilité malgache». Et Bako d’ajouter en riant:
«Parmi toute cette équipe d’hommes, costauds et grands, ma petite taille me permettait de me glisser dans les cavités que l’on mettait à jour! Et il est vrai que les objets découverts me "parlaient" sans doute plus; je sais la philosophie de la vie, le mode de pensée qu’ils pouvaient révéler».
D’ailleurs, Bako Rasoarifetra a voulu tenir une petite cérémonie d’hommage aux morts, une femme et un homme, dont l’équipe a mis au jour les squelettes. «Nous n’avons pas retrouvé les sépultures mais il est important de procéder aux deuxièmes funérailles, car on entretient ainsi le souvenir, on réveille la mémoire; ceux qui meurent sont nos ancêtres et continuent à nous protéger, nous devons les honorer», a-t- elle expliqué aux membres français de l’équipe qui l’ont assistée dans la cérémonie.

Le tabou de l'esclavage

Bako Rasoarifetra regrette que cette page d’histoire soit si peu connue dans son pays. «La restitution de la mémoire de l’esclavage malgache, voilà ce qui m’intéresse, dit-elle. Certes nous avons déjà tenu deux colloques sur ce thème mais le sujet est encore tabou pour ceux qui descendent d’esclaves, ils éprouvent une forme de "complexe" à reconnaitre leurs ancêtres». Ce tabou fait sans doute aussi écho aux divisions sociales de la société malgache, avec tout en bas de la hiérarchie les andevos (descendants d’esclaves) dont le statut contredit quelque peu le mythe du fihavanana, un terme qui désigne la solidarité et l'entraide en tant que valeur fondamentale du lien social entre les Malgaches.
«Il y a une réticence à parler de l’esclavage à Madagascar. Dans le cas des esclaves de Tromelin, c’est encore plus vrai car ce ne sont pas des andevos qui ont été vendus mais des "Noirs java", descendants malgaches d’Indonésiens provenant des Hauts-Plateaux. De plus, les organisateurs de ce trafic étaient eux mêmes des habitants des Hautes Terres, ce qui veut dire que l’esclavage était sans doute plus pratiqué et répandu qu’on ne le croit», explique Max Guérout, le chef de mission.
De retour à Antananarivo, Bako Rasoarifetra veut y raconter l’aventure des esclaves oubliés. Elle espère aussi organiser un jour une exposition qui témoignerait de leur combativité. Un bel hommage, plus fort que les tabous peut-être?
Ariane Bonzon

vendredi 28 octobre 2011

les malades de cancer se plaignent du coût du traitement


Un cancéreux doit disposer d'une somme de 10 millions d'Ariary au minimum (1 dollar vaut environ 2 000 Ariary) pour arriver à terme de son traitement selon l'Express, alors que le revenu annuel d'une personne pour les 21 millions d'habitants dans la grande île est en moyenne moins de 400 000 Ariary, d'après le calcul de l'Institut national de la Statistique (INSTAT).
L'étape le plus cher est la chimiothérapie, mais avant d'arriver à la chimio, il faut d'abord faire beaucoup de bilan qui demande le passage au scanner et autres service payante, a dit le journal en citant un responsable du service oncologie, Dr. Ony Rajosefa.
Pour aider les cancéreux, une association nommée Appui à la radiothérapie et l'oncologie de Madagascar (AROM) organisera avec la Commune urbaine d'Antananarivo un téléthon le 16 octobre prochain à l'occasion des journées de cancérologie du 16 au 26 octobre.
Le cancer est la première cause de mortalité dans le monde. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que cette maladie aura fait 84 millions de morts entre 2005 et 2015, si aucune mesure n'est prise.
Le cancer est aussi classé parmi les maladies non transmissibles, comme le diabète, les maladies cardio-vasculaires et les affections respiratoires, qui sont à l'origine de 42% des décès à Madagascar.