L’Union africaine s’appuie sur les résolutions énoncées par la SADC, cela veut dire ce que cela veut dire ! A moins que cela dise ce que l’on veut qu’on en dise ? Allez savoir, mais telle que dénommée « crise » se présente après les déclarations de l’UA, on peut se demander si les décisions adoptées par la réunion du Conseil de paix et de sécurité (CPS) donc de l'Union africaine (UA) mettent la Grande île dos au mur, la poussant à ses derniers retranchements ou plutôt l’amènent vers un statu quo. Pour le pouvoir de transition, la reconnaissance internationale n’est plus une priorité dans l’immédiat. L’organisation des élections, au forceps s’il le faut, devient primordiale afin de mener vers une sortie de crise. La stratégie du militaire qu’est le chef de l’exécutif de la transition est claire : avancer coûte que coûte, à marche forcée qu’importe, poursuivre la feuille de route initiale et au final, mettre la « communauté internationale » devant le fait accompli. Musclée comme démarche mais au moins ça a le mérite de se dépatouiller de ce « point mort » fatidique. La démarche du militaire a tout pour plaire, car à choisir entre la peste et le choléra, autant s’y engouffrer plutôt que poursuivre les démarches dilatoires de certains qui s’accommodent d’une bisbille stérile entre l’exécutif et les « nommés » de la CT, voire de la CST, à propos d’immunité et autres futilités. Ce sera toujours le petit peuple qui en pâtira en cas d’échec de toute manière. A défaut de dates avancées, la SEFAFI - Sehatra Fanaraha-maso ny Fiainam-pirenena - s’est « sublimée » en proposant d’organiser les élections législatives avant la fin de cette année, les élections présidentielles dès la fin de la saison des pluies et les communales à renvoyer aux calendes grecques. Du réchauffé à ne pas s’y tromper mais c’est dans le ton du jour actuellement, tout le monde y va de sa petite déclaration du jour… Pour Camille Vital il est clair que le choix des dates et des scrutins ne pourront être arrêtés qu’après le 31 juillet, date butée supposée du bouclage des listes électorales. Autant se la couler douce jusque-là ! On peut se demander si avec la célérité de traitement de l’examen de CEPE, par analogie, le traitement de la CENI en serait-t-il de même ? Qui oserait parier là-dessus ? |
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mardi 19 juillet 2011
Statu quo ou point mort : que dalle
jeudi 14 juillet 2011
Madagascar : Seulement 9 millions d'hectares sont couverts de forêts
En outre, 524.700 hectares de forêts ont été enregistrés disparus à Madagascar en 11 ans, dû aux trafics illicites de bois précieux de la grande île et la pratique des cultures sur brûlis, selon le président de l'Association des ingénieurs forestiers de Madagascar, Ndranto Razakamanarina.
"Les paysans riverains ont profité de l'anarchie causée par les trafiquants qui ont pénétré même dans les parcs protégés, pour effectuer des cultures sur brûlis, premiers facteurs de déperdition forestière. La faune est aussi concernée par ces actions de destruction", a dit Ndranto Razakamanarina.
Seulement pour le mois de juin, 732 rondins de bois de rose ont été saisis dans la région de Sava, située au nord-est de Madagascar, six conteneurs à Maurice, et 180 rondins à Taolagnaro, environ 1.200km au sud-est d'Antananarivo, la capitale du pays. Ce chiffre concerne seulement les bois de rose saisis, mais on ne compte plus ceux qui sortent de Madagascar sans incident.
Le ministère de l'Environnement et des Forêt a déjà sorti, l'année dernière, un décret portant sur l'interdiction de l'exploitation illicite des bois de rose et a mis en place récemment un service de contrôle composé des ingénieurs forestiers, des militaires, des polices et des gendarmes, pour assainir et sécuriser ces bois précieux, mais les trafics continuent clandestinement.
Les experts forestiers disent que si des mesures concrètes ne sont pas prises pour empêcher totalement la déforestation, la couverture forestière de Madagascar disparaîtra totalement dans 50 ans.
Programme Alimentaire Mondial: Un concours français de 1 million
Cette contribution s’ajoute à une première tranche de 1,3 million d’euros (environ 3,64 milliards d’ariary) versée au premier semestre de cette année. Ainsi, le montant total de l’aide française de 2,3 Millions d’euros (environ 6,44 milliards d’ariary) reflète un effort exceptionnel en 2011, supérieur aux années précédentes puisque la moyenne annuelle enregistrée depuis 2004 avoisine les 1,35 Million d’euros (environ 3,8 milliards d’ariary).
Grâce à ce financement, le PAM sera en mesure de venir en aide à 52.000 femmes et enfants (femmes enceintes et allaitantes, enfants de moins de deux ans) dans les communes du sud de Madagascar, à travers un programme de complément nutritionnel destiné à prévenir la malnutrition aiguë.
Le PAM pourra également fournir une assistance à 200.000 personnes dans le Sud via des activités de type « Vivres Contre Travail » consistant à construire ou réhabiliter des structures communautaires telles que des pistes, des systèmes de captage d’eau ou des aménagements agricoles. Ces programmes seront menés durant la prochaine période de soudure qui devrait débuter vers le mois d’octobre 2011 et se terminer au premier trimestre 2012.
Malgré les pluies de ces derniers mois, les populations du Sud restent parmi les plus vulnérables du pays, notamment du fait d’importantes difficultés structurelles et de décapitalisations successives récentes. Selon l’Analyse Globale de la Sécurité Alimentaire et de la Nutrition réalisée en 2010 et financée par le PAM, l’UNICEF, le FIDA, le PNUD et la Fondation Bill Gates, plus des deux tiers de la population du Sud souffrent d’insécurité alimentaire contre un peu plus d‘un tiers au niveau national. Dans ce contexte, il est crucial de poursuivre l’appui à ces populations et de renforcer leurs capacités de résilience notamment via des activités à Haute Intensité de Main d’œuvre (HIMO) permettant l’aménagement de biens communautaires les aidant à mieux faire face aux sécheresses à venir.
« Les populations du Sud ont beaucoup souffert ces dernières années et leur situation reste très fragile, c’est pourquoi le PAM reste très attentif à la sécurité alimentaire de ces familles particulièrement vulnérables. La France, qui a toujours généreusement contribué ces dernières années aux activités du PAM, apporte aujourd’hui encore un soutien crucial pour que ces populations démunies puissent récupérer des crises passées mais aussi et surtout pour qu’elles puissent mieux faire face aux éventuelles sécheresses à venir.» a indiqué Krystyna Bednarska, Représentante du PAM à Madagascar.
En 2011, le PAM Madagascar prévoit de venir en aide à 851 000 personnes dans le sud, le sud est et dans les quartiers défavorisés des centres urbains.
mercredi 13 juillet 2011
Douanes : Fin de la grève des douaniers
En principe, et au grand bonheur des usagers tous les services vont reprendre à partir d'aujourd'hui.
Le plus gros de leurs revendications était sans conteste la publication des noms des gros bonnets du trafic de bois de rose. Sur ce point-là, les douaniers n'ont pas obtenu satisfaction, puisque, à part le CT Ezekiela, le grand déballage n'a pas encore eu lieu et les gros trafiquants courent toujours. Qu'importe, ils ont décidé hier de mettre fin à leur grève, ou du moins de les suspendre.
Déclaration. Hier matin, les douaniers ont tenu une réunion à Antanimena. Entre temps, la presse était convoquée pour une déclaration à 10 heures 30. « Fotoan-gasy » oblige, les journalistes sur place étaient obligés de poireauter pendant quelques dizaines de minutes encore avant que, vers un peu plus de 11 heures, les meneurs du mouvement ont annoncé officiellement la cessation de la grève. Mais l'on ne peut pas aussi dire que les douaniers n'ont rien obtenu, puisqu'ils ont même eu droit à l'engagement du ministre de tutelle à réaliser certains points de leurs revendications.
Commission spéciale. A commencer par la mise en place d'une commission spéciale qui se chargera du suivi des enquêtes sur l'affaire des bois de rose saisis à Maurice. Une autre commission sera également créée pour la mise en oeuvre du statut des douaniers et la mise en oeuvre du transfert de compétences avec Gasynet, dans le domaine de modernisation du système de dédouanement des marchandises. Ces commissions verront évidemment la participation du ministère de tutelle. En somme, comme les militaires, les douaniers vont d'ici peu devenir les grands privilégiés du régime de transition, lequel va donc s'atteler dorénavant à leur octroyer des avantages.
Suspendu. A l'exception cependant du receveur des douanes d'Antanimena qui reste pour le moment suspendu. En effet, le ministère de tutelle n'a pas accepté sa réintégration. Quand bien même et selon les affirmations des douaniers, techniquement son implication dans ce trafic de bois de rose ne serait pas prouvée. Fin de la grève des douaniers donc, pour le moment. Mais ces derniers n'ont pas manqué hier de déclarer qu'ils vont suivre de près la réalisation des engagements du gouvernement de facto. Une manière de faire entendre qu'au cas où le régime tenterait de les mener en bateau, ils vont réagir et pourraient même reprendre la grève.
R. Edmond
mardi 12 juillet 2011
Perpétuité pour les militaires du génocide du 7 Février, et pour les commanditaires?
Le général Jean Heriniaina Raoelina et les colonels Andriamihoatra et Jadifara viennent d’être jugés coupables du génocide du 7 Février 2009. C’est la perpétuité pour ces trois hauts gradés qui continuent à nier leur présence au moment de la tuerie. Le général Raoelina affirme qu’il était un conseiller militaire à la Présidence et ne pouvait en aucun cas donner des ordres sur terrain.
Nous connaissons tous la vérité sur ce génocide du 7 février 2009, il fallait sacrifier la vie d’innocents et faire porter le chapeau aux dirigeants de l’époque. Tout a été planifié dans le but d’incriminer le Président Marc Ravalomanana. Les vrais commanditaires sont donc les foza et en tête se trouvent Rajoelina et un bon nombre de colonels et généraux. N’oublions pas aussi les éléments de Ramaroson, gros bras et compagnie. Tous ces hommes sont les principaux coupables…
Les commanditaires de ce génocide, notamment la personne de Andry Rajoelina, Alain Ramaroson, Ratsirahonana…devraient être jugés et punis comme ils le méritent. Du sang a été versé, de nombreux innocents ont été tués, on ne va pas les laisser libres après tout ce qu’ils ont fait. L’établissement de preuves n’est même pas utile, on sait pertinemment qu’ils ont été derrière cette tuerie. D’ailleurs, en début d’année,le peuple malgache avait eu des révélations intéressantes concernant ce génocide. Ces individus, leaders des foza, méritent tous la prison à perpétuité.
Filière vanille Un atelier national à Sambava
L’atelier national en vue de la relance de la filière vanille a été tenu ce vendredi 10 juin à Sambava et a été présidé par Eva Razafimandimby, ministre du Commerce. Les planteurs et opérateurs locaux ont participé à cet atelier auquel ont également assisté les représentants des ministères partenaires (Agriculture, Finances et Budget), ainsi que les autorités locales conduites par le Chef de Région. Le ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques, de passage dans la localité, a également honoré de sa présence la réunion en sa qualité de ministre coach de la Région SAVA.
L’atelier pour cette édition 2011 a été focalisé sur quatre aspects majeurs, en l’occurrence : la dynamisation de la plateforme de concertation nationale sur la filière vanille, la question des prix et de financement, la préparation de la campagne 2011, et enfin la sécurité. Les participants ont été répartis en commissions traitant chacun des sujets précités.
La prise en main de la filière par la Plateforme conformément à l’esprit de libéralisation du secteur et la relance de la filière Vanille à travers la dynamisation des zones productrices régionales voire nationales sont les résultats attendus de cet atelier national.
Esclavage à Madagascar
De nouvelles découvertes
L'île de Tromelin fut la planche de salut d'esclaves malgaches naufragés et abandonnés. Des fouilles archéologiques exhument leur
histoire singulière et taboue à Madagascar.
Jamais à Madagascar, Bako Rasoarifetra n’en avait entendu parler. Jamais, cette archéologue et muséologue de renom à Antananarivo, la
capitale malgache, n’avait eu vent de la tragique aventure des esclaves oubliés sur l’île de Tromelin. Mais en 2009, dès qu’elle
apprend qu’une équipe française a commencé des fouilles à Tromelin, située à 450 kilomètres à l'est de la Grande Ile, Bako Rasoarifetra veut être de la partie.
Le 31 juillet 1761, l’Utile, navire négrier de la Compagnie des Indes, parti de Madagascar, fait naufrage sur les récifs coralliens d’un
minuscule îlot sablonneux, sans arbre ni végétation, perdu dans l’Océan Indien. Après être parvenus à construire une embarcation de
fortune avec les restes de l’épave, les cent-vingt-deux hommes d’équipage quittent l’île. Ils laissent derrière eux une soixantaine
d’esclaves avec la promesse qu’un bateau viendra bientôt les secourir. Promesse non tenue. Ce n’est que quinze ans plus tard, en 1776, qu’une corvette récupère les huit esclaves survivants : sept femmes et un
enfant de huit mois qui sera baptisé Moïse.
Libres et livrés à eux-mêmes
Pendant plus de deux siècles, les seuls vestiges à témoigner de cette présence humaine se résumeront à une ancre et trois canons. Passionné par l’histoire de l’esclavage, un ancien officier de Marine, Max Guérout, âgé de 73 ans, est alerté par un météorologue travaillant sur l’île de Tromelin qui le convainc qu’il y a là un terrain scientifique
exceptionnel. Débute une longue bataille pour réunir des fonds, des soutiens et des hommes et lancer une première campagne de fouilles. Ce sera en 2006, avec l’archéologue Thomas Romon, mis à disposition par
l'Institut national de Recherches archéologiques préventives (INRAP).
Objectif : comprendre comment ces esclaves malgaches ont pu survivre sur cette bande de terre d’un kilomètre carré exposée aux intempéries, aux remous et aux cyclones. L’Université d’Antananarivo, par son
Institut de Civilisations-Musée d’Art et d’Archéologie, donne feu vert pour que Bako Rasoarifetra puisse se joindre à la troisième et
dernière campagne de fouilles qui a eu lieu en novembre dernier. « Imaginez-vous ces esclaves », raconte l’archéologue malgache, « ils sont sous le coup de quatre chocs psychologiques. Libres, ils avaient été
volés et réduits à l’esclavage ; puis ils ont échappé à la mort et à la noyade lors du naufrage ; ensuite, il leur a fallu survivre sur cette île déserte alors que probablement, certains d’entre eux n’avaient
jamais vécu près de la mer mais sur les Hautes-Terres centrales de
Madagascar ; et abandonnés, ils se retrouvaient comme emprisonnés au
milieu de l’océan, dans une attente interminable ».
Malgré les aléas climatiques - tous les objets collectés en témoignent -, ces hommes et ces femmes ont fait preuve d’une énergie et
créativité formidables. « Pour les Malgaches, ne plus avoir d’activité, ne plus travailler, c’est être mort. Et les fouilles ont prouvé que
ces anciens esclaves avaient mis toutes leurs forces pour combattre et
vivre à tout prix », analyse Bako Rasoarifetra.
Un symbole ultime de liberté
Exemple : la « pointe-démêloir » que l’équipe découvre dans les sables. Une grande émotion pour Bako Rasoarifetra, qui établit le lien entre
les gestes d’aujourd’hui et ceux d’hier :
« nous, les femmes malgaches, avons pour tradition de séparer nos cheveux avec cet outil que les hommes nous offrent. Or, les femmes
esclaves avaient la tête rasée ; rendues à la liberté, elles ont donc
laissé pousser leurs cheveux et les hommes leur ont confectionné cette
pointe-démêloir. C’est, à mes yeux, un symbole ultime de liberté sur
cette île loin de tout ! ».
La présence de l’archéologue malgache est précieuse pour l’équipe dirigée par Max Guérout : « nous avions besoin de ses connaissances, pour travailler sur l’habitat par exemple et surtout de sa
sensibilité de Malgache ». Et Bako Rasoarifetra d’ajouter en riant :
« parmi toute cette équipe d’hommes, costauds et grands, ma petite
taille me permettait de me glisser dans les cavités que l’on mettait à jour ! Et il est vrai que les objets découverts me « parlaient » sans
doute plus ; je sais la philosophie de la vie, le mode de pensée qu’ils pouvaient révéler ».
D’ailleurs, Bako Rasoarifetra a voulu tenir une petite cérémonie d’hommage aux morts, une femme et un homme, dont l’équipe a mis au
jour les squelettes. « Nous n’avons pas retrouvé les sépultures mais il est important de procéder aux deuxièmes funérailles, car on entretient ainsi le souvenir, on réveille la mémoire ; ceux qui meurent sont nos
ancêtres et continuent à nous protéger, nous devons les honorer », a-t-elle expliqué aux membres français de l’équipe qui l’ont assistée dans la cérémonie.
Le tabou de l'esclavage
Bako Rasoarifetra regrette que cette page d’histoire soit si peu connue dans son pays. « La restitution de la mémoire de l’esclavage
malgache, voilà ce qui m’intéresse », dit-elle. « Certes, nous avons déjà tenu deux colloques sur ce thème ; mais le sujet est encore tabou pour ceux qui descendent d’esclaves, ils éprouvent une forme de « complexe »
à reconnaître leurs ancêtres ». Ce tabou fait sans doute aussi écho aux
divisions sociales de la société malgache, avec tout en bas de la hiérarchie les « andevos » (descendants d’esclaves) dont le statut
contredit quelque peu le mythe du « fihavanana », un terme qui désigne la
solidarité et l'entraide en tant que valeurs fondamentales du lien
social entre les Malgaches.
« Il y a une réticence à parler de l’esclavage à Madagascar. Dans le cas des esclaves de Tromelin, c’est encore plus vrai car ce ne sont
pas des « andevos » qui ont été vendus mais des « Noirs java », descendants
malgaches d’Indonésiens provenant des Hauts-Plateaux. De plus, les organisateurs de ce trafic étaient eux-mêmes des habitants des Hautes-Terres, ce qui veut dire que l’esclavage était sans doute plus pratiqué et répandu qu’on ne le croit », explique Max Guérout, le chef
de mission. De retour à Antananarivo, Bako Rasoarifetra veut y raconter l’aventure
des esclaves oubliés. Elle espère aussi organiser un jour une exposition qui témoignerait de leur combativité. Un bel hommage, plus fort que les tabous peut-être ?
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