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lundi 20 juin 2011

Les sectes au secours de la politique


Doucement mais surement, les sectes s’étendent. Pourtant cette expansion, ou plutôt, cette invasion, occultée par la crise, passe presque inaperçue. Le seul déclin des églises catholique et protestante n’explique pas l’avènement du phénomène sectaire. Celui-ci est favorisé par au moins trois facteurs : le manque d’instruction, les difficultés socio-économiques et l’espérance de jours meilleurs. Ce dernier point est le fonds de commerce de toutes les religions mais les sectes usent et abusent du filon. C’est parce que les pauvres gens vivent dans l’attente d’une lueur positive que les sectes leur servent des guérisons miraculeuses.
Les sectes ont toujours été un refuge pour tous ceux que les ennuis collent à la peau, pour tous les prédestinés au malheur et les prédisposés aux échecs, mais désormais, le lyrisme messianique enflammé ne suffit plus. Au delà des dogmes sur la révélation finale, de la formule qui marque et de la parabole qui fait mouche, il faut du concret. Le public veut du lourd. Avec les miracles, l’extraordinaire fait irruption dans l’ordinaire et le divin s’invite dans le quotidien. Plus les guérisons sont spectaculaires et plus les fidèles sont hypnotisés comme des brebis au milieu des loups. Plus ils sont subjugués par les prouesses et plus ils mettent la main à la poche.
Les nouveaux évangélistes ne se contentent plus d’annoncer la Bonne Nouvelle. Les guérisons en série sont au menu de leur programme largement diffusé dans la presse, à la télévision et sur des banderoles. Le marketing des sectes s’appuie des guérisons subites truquées qui font le tour de la ville grâce au bouche-à-oreille. Les évangélistes ne se contentent plus de rendre la vue aux aveugles. Avec eux, les paraplégiques font de la corde à sauter et les cancers en phase terminale sont guéris. Si cette supercherie est fonctionne, c’est parce que la mise en scène est assez bien faite.
Dans l’assistance, les évangélistes bénéficient de complices payés. Il y a toujours un ami, un parent ou un voisin pour confirmer que le malade était à deux doigts de mourir. Il y a toujours un médecin ou un infirmier pour confirmer l’état de guérison et ce, au mépris de toute déontologie. Comme les maladies rares ou incurables ne sont pas le lot quotidien de tout le monde, les guérisseurs ratissent plus large en pansant aussi les plaies de l’âme. Les individus aux destins déchirés se sentent écoutés. Les évangélistes se montrent grands seigneurs car, en échange de l’argent de la quête et des dons, ils dispensent des miracles.
     En plus du paradis pour demain, ils offrent le bonheur instantané. Ces « pères du mensonge » (Jean 8:44) sont des superstars de la foi à bon marché. Les personnes maraboutées sont délivrées de leurs tourments, les tueurs se repentent, les drogués abandonnent leur vice, les malades mentaux retrouvent la raison, les voleurs reviennent sur le droit chemin, les parents endeuillés reprennent goût à la vie, les maris ivrognes renoncent à la bouteille, les familles en guerre se réconcilient et des couples au bord du divorce se ressoudent, tout cela comme par enchantement.
Cette surenchère dans l’accomplissement de miracles s’explique par le fait que la clientèle veut des résultats. Maintenus dans un état hallucinatoire, les fidèles se disent que les miracles sont la preuve qu’il n’y a pas d’obstacles impossibles à franchir. Cela leur permet, l’espace d’un instant, de s’extraire de la réalité. Les guérisons de masse relèvent du délire collectif. Les pasteurs se font les chantres de la thérapie théologique. Grace aux miracles, le rêve individuel devient collectif et chacun a sa part de soleil. Les miracles permettent de croire qu’on peut se mettre à l’abri des forces maléfiques et être délivré d’une possession démoniaque. On parvient à sortir de ses propres ennuis en entrant dans le miracle des autres. Mais en fin de compte, les miracles sont des pièges à gogos destinés fidéliser les crédules et les désespérés, déjà pris au miel des paroles de leurs gourous et pour en attirer des nouveaux.
Ces pharaons de l’escroquerie donnent ce qu’on attend d’eux et les crédules obtiennent ainsi ce que les politiciens ne peuvent pas leur offrir. C’est justement parce que l’Etat est incapable de tenir ses promesses qu’il ne barre pas la route aux évangélistes. Ceux-ci jouent sur le vide laissé par la démission de l’Etat. On a le droit d’avoir de la sympathie pour ces forçats du miracle, qui se substituent aux politiciens, pour dispenser des illusions. Ils seraient presque excusables s’ils étaient sincères mais ils trompent les pauvres gens et les dépouillent du peu qu’ils ont. Par conséquent, on a également le droit de les mépriser et de requérir des poursuites pénales à leur encontre. La liberté de culte n’autorise pas l’escroquerie, l’abus de confiance et l’extorsion de fonds.
Qu’on ne s’y trompe pas, les quêtes effectuées par les sectes, même s’il s’agit de sommes parcimonieuses, relèvent du racket bien organisé. Entre l’extorsion de fonds et l’extorsion de votes, il n’y a qu’un pas. Celui-ci a été franchi par Marc Ravalomanana qui a pillé les caisses de l’Etat et la conscience de nombreux citoyens. On se souvient que ce grand adepte de la magie noire et adorateur du bouc, avait promis une 4L à tous les malgaches et un développement rapide. Beaucoup avait cru à de telles inepties. Il espérait régner 77 ans, son nombre fétiche, grâce « à la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers » (2Thessaloniciens 2.9) mais finalement, il ne sera resté au pouvoir que 7 ans. Il n’a pas fait mieux que son prédécesseur qui avait promis le paradis socialiste puis une république humaniste et écologique. En fin de compte, aucun miracle politique et économique n’a eu lieu.
    Déçus par les politiciens, les Malgaches se réfugient dans les sectes. Méticuleusement éblouis, les désespérés se laissent porter par de nouvelles chimères. Puisque les politiciens ont cessé de faire rêver et que la nature a horreur du vide, les évangélistes ont pris le relais. Pourtant, les uns continuent à marcher sur les platebandes des autres. Les premiers évoquent Dieu à tout bout de champ tandis que les seconds se lancent avec opportunisme dans la politique. Les politiciens utilisent la prière comme un instrument de pacification tandis que les évangélistes voient les miracles comme une arme de propagande pour prendre des parts de marché. Mais les gourous de la politique et ceux des sectes mènent le même combat.
En y regardant, ils se rejoignent puisqu’à l’identique, ils brassent peu d’idées et beaucoup d’air et blasphèment à longueur de journée. Ces marchands de vent se télescopent sur deux plans : ils visent l’enrichissement personnel et ils excellent dans l’art de manipuler les foules. Politiciens et gourous prétendent nous guérir de nos maux mais « ces hommes-là sont de faux apôtres, des ouvriers trompeurs, déguisés en apôtres de Christ. « (2 Corinthiens 11:13). Faux docteurs et vrais usurpateurs, ils prétendent bien connaître la Bible mais ils se gardent bien de citer les versets suivants : « ce sont des esprits de démons qui font des prodiges » (Apocalypse 16 :14) et « gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtement de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs. » (Matthieu 7:15). Ils se disent que tant qu’il y a aura des miséreux et des infirmes, il y aura toujours un besoin pressant de miracles, lesquels sont une réponse au besoin d’immédiateté d’une population désœuvrée. Si les crédules sont appâtés avec des miracles, les sceptiques seront séduits par les promesses de miracles. Il y a un côté désespéré et pitoyable dans cette frénésie des miracles.
Ce qui est intéressant c’est qu’à terme, à force de devenir un acte mécanique, le miracle ne sera plus considéré comme un évènement exceptionnel. La guérison ne relèvera plus du miracle puisqu’elle sera automatique. Paradoxalement, l’excès de miracles causera leur perte. Les miracles à profusion portent en eux les germes de leur autodestruction. Et puis, il faut bien comprendre que la limite des gourous des sectes est au moins de deux ordres. D’une part, ils ne transmettent pas le message divin, ils le monnayent. D’autre part, ils prétendent accomplir des miracles mais ils n’ont jamais rendu quelqu’un plus riche du jour au lendemain. Mais, en attendant une élévation simultanée des niveaux de vie, d’éducation et de conscience des citoyens, l’obscurantisme a encore de beaux jours devant lui.

vendredi 17 juin 2011

Les bienfaits de l’huile essentielle de Ravintsara

Originaire de Madagascar, le Ravintsara pousse à l’état sauvage dans les forêts tropicales et humides. Délicatement parfumée, l’odeur de son huile essentielle est proche de celles de la lavande et du romarin. Elle possède de nombreuses vertus thérapeutiques, ce qui fait d’elle un excellent remède contre les bobos courants. 
Les bienfaits de l'huile essentielle de Ravintsara

Madagascar abrite un écosystème très varié et une nature extrêmement riche. Avec environ 10 000 plantes que l’on ne trouve nulle part ailleurs, l’île est parfois surnommée « le septième continent ». Parmi ses abondantes espèces végétales, on trouve à Madagascar un arbre qui intéresse particulièrement la communauté scientifique et médicale : le Ravintsara, qui provient du camphrier. 
 
 
D’origine asiatique, le Ravintsara, bien qu’implanté tardivement à Madagascar (milieu du 19ème siècle), a développé sur ce sol des qualités tout à fait particulières, introuvables ailleurs. Etymologiquement, Ravintsara résulte de la contraction de deux termes malgaches qui veulent dire « feuilles bienfaisantes ».
 
 
C’est à partir de ses feuilles que l’on obtient l’huile essentielle de Ravintsara. Cette huile fait l’objet d’une attention particulière dans les recherches en médecine, car elle possède des propriétés naturelles extraordinaires. L’homéopathie est le domaine où l’on rencontre le plus souvent l’utilisation de cette huile mais l’aromathérapie aussi s’en sert de plus en plus. En application externe, mélangée à une huile végétale, elle peut être utilisée pour traiter plusieurs cas.
 
 
Il s’agit entre autres d’un excellent stimulant d’énergie qui renforce les défenses immunitaires du corps. Elle détruit aussi efficacement les microbes dangereux pour la santé. Les sportifs seront intéressés par l’utilisation de ce produit, car analgésique et antalgique, l’application de cette huile permet de soulager les contractions comme les douleurs musculaires et articulaires. Cette huile est aussi reconnue pour son action sur les problèmes respiratoires en dégageant les voies et les poumons. Elle est ainsi souvent employée pour traiter les cas de grippe, de sinusite, de toux ou d’encombrement des bronches.
 
 
On peut également retrouver son utilisation dans certains traitements de la rétention d’eau ou encore pour éliminer la cellulite. Les femmes seront heureuses d’apprendre que cette essence élimine, en application externe, les graisses sous-cutanées. D’où l’élimination efficace de l’effet « peau d’orange ». En outre, ses propriétés tranquillisantes et apaisantes peuvent aider dans les traitements de cas d’anxiété mineurs. L’huile essentielle de Ravintsara fait également des miracles auprès des personnes qui souffrent d’insomnie, de tensions psychologiques ou nerveuses.
 
 
S’adressant à toutes les catégories de personnes, il est cependant déconseillé aux femmes enceintes ou qui allaitent d’utiliser le Ravintsara, même en application dermique. Par ailleurs, il est conseillé de faire un petit test pour prévenir une allergie éventuelle.
 
 
L’huile essentielle de Ravintsara est disponible auprès des pharmacies ou des centres de soins homéopathiques. En cas de doute, surtout si l’on compte l’utiliser en application interne, il est toujours judicieux de se renseigner. Les premières utilisations pourront même se faire sous la surveillance d’un spécialiste, pour plus de tranquillité d’esprit.

Liophidium pattoni


Madagascar : une biodiversité si riche… et si fragile


Selon un récent rapport du WWF, beaucoup de plantes et d’animaux de Madagascar – dont on a découvert plus de 600 nouvelles espèces durant ces 11 dernières années – sont menacés. L’ONG multiplie les actions d’information et de préservation.
41 mammifères, 61 reptiles, 69 amphibiens, 17 poissons, 42 invertébrés et 385 plantes : ce sont 615 nouvelles espèces que les experts ont recensé à Madagascar, rien qu’entre 1999 et 2010 ! Dans les rangs de cette extraordinaire biodiversité : le plus petit primate du monde, un lémurien de 10 centimètre,Microcebus berthae, un palmier nain qui ne fleurit qu'une seule fois dans sa vie, Tahina spectabilis, ou un gecko qui peut changer de couleur, Furcifer timoni.
Mais, selon un rapport du Fonds mondial pour la nature (WWF), beaucoup des espèces nouvellement découvertes sont confrontées à un avenir sombre, en grande partie dû à la déforestation - plus d'un million d'hectares de forêt perdu au cours des 20 dernières années.
"Ce rapport met en évidence les écosystèmes uniques et irremplaçables qui existent à Madagascar. Le WWF travaille dur pour établir un réseau de zones de protection à travers l'île et promouvoir des moyens de subsistance alternatifs durables, qui aideraient les gens à vivre en harmonie avec le monde naturel qui les entoure (…). Les consommateurs peuvent jouer un rôle vital, et nous essayons donc de les sensibiliser au commerce illégal du bois [exotique]", a expliqué Mark Wright, du WWF.



Découvert en 2010 dans le parc national de Makira, ce serpent est le Liophidium pattoni qui se distingue par une palette de couleurs exceptionnelle. Long de 41 cm, ce serpent a un dos noir parcouru de quatre raies ondulées horizontales roses qui se fondent dans des couleurs bleu gris à mi-corps. Son ventre est jaune brillant. 61 reptiles ont été découverts au cours de la dernière décennie.



mercredi 15 juin 2011

Amnistie Tirs croisés contre Ravalomanana



Jean Eugène Voninahitsy (à dr.), membre du CT
Jean Eugène Voninahitsy (à dr.), membre du CT
Le retour de Marc Ravalomanana s’annonce difficile. En réaction à la déclaration de la SADC à Sandton, le régime de la transition s’oppose et fait blocage à son retour sur le sol malgache. En première ligne, Andry Rajoelina, président de la Haute autorité de la transition (HAT), est venu signifier hier, lors d’une déclaration à Ambohitsorohitra, que le retour de l’ancien président de la République n’est pas bienvenu dans le contexte actuel.
« L’ancien président Marc Ravalomanana ne pourra pas rentrer comme cela », a-t-il mentionné spécialement dans son allocution, faisant clairement référence aux peines auxquelles l’exilé politique est encore condamné. D’après Andry Rajoelina, « les crimes de sang ne bénéficient nullement d’amnistie ». En plus clair, dès son retour, Marc Ravalomanana devra purger ses peines.
Pas de garantie
Cette version est amplifiée par d’autres pensionnaires de la Transition, en l’occurrence le groupement politique « Autres Sensibilités » (les AS), majoritairement composé de membres du Congrès de la Transition (CT) de Tsimbazaza. D’après Jean Eugène Voninahitsy, « Marc Ravalomanana ne devrait même pas envisager son retour à Madagascar sous peine d’être arrêté ». Selon l’ancien prisonnier politique de Marc Ravalomanana, lui et ses compagnons de lutte ne laisseront pas l’ancien président de la République « comme si de rien n’était ». Le membre du CT va jusqu’à prévenir que « rien ni personne ne pourra garantir la sécurité de Marc Ravalomanana ».
Du côté du Conseil Supérieur de la Transition, le projet de loi d’amnistie fait son chemin. Comme l'on pouvait s’y attendre, le texte fait l’impasse sur « les crimes de sang », faisant penser certains à un texte fait sur mesure pour empêcher le retour immédiat de l’ancien président de la République.
L’« autre » ancien président de la République Didier Ratsiraka, lui, semble avoir eu les faveurs des actuels tenants du pouvoir. Déjà, Andry Rajoelina a, à maintes reprises, donné son accord pour le retour de l’amiral.

Régime transitoire Pas d’amendement à la feuille de route

Deux jours après les résolutions prises par la SADC à Sandton, le régime transitoire a réagi en décidant d’appliquer la feuille de route « sans condition » mais celle proposée par les médiateurs de l’organisation régionale et qui a été paraphée à Ivato par huit groupements politiques le 9 mars dernier. « La feuille de route est le fruit de toutes les réflexions et des réunions, du Teny Ifampierana à la conférence nationale et jusqu’au paraphe d’Ivato du 9 mars 2011. Ella a été proposée par la SADC elle-même et paraphée par 8 groupements politiques », a soutenu le Président de la HAT lors de son point de presse tenu hier à Ambohitsorohitra.
Andry Rajoelina a alors rappelé que les médiateurs eux-mêmes ont affirmé que cette feuille de route ne peut, en aucun cas faire l’objet d’un quelconque ajout et aucune force politique ne peut exercer un veto en ce qui concerne sa mise en œuvre. « Ainsi, moi et le régime transitoire respectons ce principe. Aussi, décidons-nous d’appliquer et nous appliquerons sans condition la feuille de route de la SADC », a-t-il ajouté. Lors de son point de presse, le Président de la HAT a également évoqué l’article 16 des résolutions de Sandton. Celui-ci stipule que « le Sommet a également exhorté la Haute Autorité de la transition (HAT) à autoriser les personnes malgaches en exil pour des raisons politiques à retourner dans le pays ». Selon la lecture de l’homme fort de la transition, cela veut dire que la SADC reconnait le pouvoir du régime transitoire de décider du retour ou non de ceux qui ont « choisi de leur propre chef de partir en exil ». En ce qui concerne l’ancien Président Didier Ratsiraka, Andry Rajoelina a réitéré qu’il peut revenir à Madagascar en espérant qu’« il se comportera en raiamandreny ».
Par contre, en ce qui concerne le retour de Marc Ravalomanana, le Président de la HAT a évoqué une nouvelle fois la feuille de route. Il a rappelé que ce document stipule que celui-ci doit attendre que la situation soit favorable. Mais dans la mesure où celui-ci a été condamné par la justice et que le « crime de sang » n’est pas amnistiable, l’ancien Chef d’Etat en exil à Johannesburg doit répondre de ses actes.

Opposition ferme

D’ailleurs, les Forces armées, dans une déclaration commune signée par le Directeur général de la Police nationale, le Commandant de la Gendarmerie nationale, ainsi que le Chef d’Etat-major général de l’Armée, « s’opposent fermement au retour dans l’immédiat de l’ancien président Marc Ravalomanana pour préserver l’ordre et la sécurité publiques ». Le communiqué conjoint précise que « les forces de l’ordre expriment leur détermination à prendre toutes les dispositions nécessaires dans la mise en œuvre de la présente déclaration ». Lors de son point de presse, le Président de la HAT a bien entendu évoqué, en filigrane, cette position des militaires qu’il a rencontrés quelques heures avant la déclaration.
Enfin, lors de sa rencontre avec la presse, Andry Rajoelina a réitéré une nouvelle fois que le régime transitoire organisera les élections ». On ne peut pas toujours attendre, nous devons aller de l’avant et les scrutins devront être organisés en toute transparence, avec ou sans le soutien de la communauté internationale dont il a remercié les efforts dans la recherche d’une solution à la crise au début de son point de presse.

jeudi 9 juin 2011

Air Madagascar: Au bord du crash !


La compagnie aérienne Air Madagascar, dans laquelle l’Etat malgache est actionnaire majoritaire, traverse depuis plusieurs mois des zones de turbulence qui font craindre le pire pour la suite de son vol.
Quelques pilotes, dont nous tairons les noms sur leur demande, ont voulu tirer la sonnette d’alarme en dénonçant les graves anomalies qu’ils ont constatées depuis des décennies dans la gestion de cette compagnie.
D’emblée, ils ont tenu à retracer un court historique de la compagnie. Avant 1985, du temps où un certain Rasata Raineketamanga était DG, Air Mad était la première compagnie aérienne de l’Océan Indien, devant ses sœurs Air Mauritius, Comores Aviation, Air Seychelles et Air Austral, une compagnie réunionnaise qui n’existait même pas encore à l’époque. Puis, ce fut la descente aux enfers, et qui continue toujours. Air Mad a depuis toujours appartenu à l’Etat, à l’instar de Ethyopian Airlines, Kenyan Airways entre autres…qui affichent toutefois une santé financière enviable. De toutes les crises politiques et économiques que la nation a traversées, c’est la toute première fois que Air Madagascar est frappée d’interdiction de vol en Europe. C’est dire qu’elle est descendue bien bas cette fois-ci. C’est pourtant depuis toujours que la compagnie est faiblarde, non concurrentielle, « de façade ». En d’autres termes, alors que ses concurrentes prennent leur bel envol pour des voyages de plus en plus prometteurs, le fleuron de l’industrie aéronautique malgache volette au ras des montagnes et menace à tout moment de s’écraser au sol. La douleur de ces pilotes faisait peine à voir. Ils se sentaient presque humiliés d’appartenir à une entreprise gérée depuis toujours d’aussi médiocre façon, alors que le potentiel est grand. A titre d’exemple, si La Réunion ne dispose que d’un aéroport international à Saint Denis, et Maurice d’une seul également à Port Louis, Madagascar en possède plusieurs : Tana, Tamatave, Sainte-Marie, Diégo Suarez, Nosy-Be, Tuléar, Fort-Dauphin, lesquels peuvent très bien être développés. Ils pointent d’un doigt accusateur les Fanjakana (pouvoir, administration) successifs, qui n’ont jamais cherché à faire de Air Mad une compagnie aérienne performante et florissante. Les dirigeants de la compagnie sont également responsables, eux qui n’ont jamais pu la redresser, contexte de crise ou non. Autre exemple, Air Madagascar dispose actuellement de deux avions long courrier Boeing 767 interdits de vol en Europe, en raison de leur vétusté et du manque de maintenance. Air Austral, Maurice et Seychelles en possèdent chacune environ six. Concernant les vols intérieurs et régionaux, le parc d’Air Mad est « riche » de 2 Boeing 737, de 3 ATR et de 3 Twin Otter. Des antiquités qui n’inspirent plus confiance aux voyageurs…On déplore chez les employés –pas tous heureusement- une absence totale de culture d’entreprise. Ils ont postulé un poste pour s’adonner aux trafics de tous genres qui florissent depuis des années. Des magouilles qui n’honorent ni n’enrichissent le pays…
La question se pose : asphyxiée et menaçant incessamment d’être en cessation de paiement, Air Madagascar va-t-elle pouvoir se relever de cette crise sans précédent ? Ses dirigeants actuels sont-ils les plus aptes à affronter avec les honneurs ce difficile challenge ? Bien que l’espoir soit permis, le doute subsiste et le scepticisme se généralise.

mercredi 8 juin 2011

Madagascar-Crise: Une pomme de discorde nommée Ravalomanana

Politique - La question du retour au pays de l'ancien président Marc Ravalomanana divisait profondément les différents partis malgaches, réunis mardi à Gaborone. A l'invitation des dirigeants de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), les dirigeants de onze partis tentaient encore hier d'aplanir leurs différends pour sortir Madagascar de la profonde crise que le secoue depuis un peu plus de deux ans. Les médiateurs de la SADC, qui ont qualifié les entretiens de Gaborone de "réunion de la dernière chance", ont proposé une "feuille de route" qui fait la part belle à Andry Rajoelina, puisqu'elle envisage que l'actuel homme fort de Madagascar continue à diriger le pays jusqu'à l'organisation de nouvelles élections.


Mais les rivaux restent divisés quant à savoir si M. Ravalomanana, qui est en exil en Afrique du Sud depuis son éviction et dont le retour n'est pas garanti dans la feuille de route, sera autorisé à se présenter à ces élections. Marc Ravalomanana, qui comme les anciens présidents Didier Ratsiraka et Albert Zafy refuse de signer le plan de la SADC, le considère comme un brouillon.

L'ex-président a ajouté qu'il croyait que la SADC qui, tout comme l'Union africaine, a suspendu Madagascar après le coup d'Etat de M. Rajoelina est favorable à son retour à Madagascar pour qu'il puisse se présenter à de nouvelles élections.

Marc Ravalomanana a été condamné par contumace à la prison à perpétuité à Madagascar après que la garde présidentielle eut tiré sur un groupe de manifestants lors des violentes manifestations qui ont conduit à son renversement en 2009. Le camp Rajoelina estime que la feuille de route doit être mise en oeuvre dans sa forme actuelle, et que M. Ravalomanana doit choisir entre l'exil ou la prison au pays.

Les négociateurs de la SADC ont rencontré individuellement les représentants de toutes les parties, Andry Rajoelina ayant été le dernier à défendre son point de vue hier mardi. Les participants n'ont pas pu aboutir à une solution consensuelle. Un sommet extraordinaire est prévu le 11 juin prochain, en Afrique du Sud.