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dimanche 2 janvier 2011

les points marquant de l’économie en 2010

L’année 2010 a été négative pour l’économie àMadagascar, selon les points marquant de l’économie malgache pendant l’année qui va s’écouler.
La haute autorité de la transition (HAT) à Madagascar a réduit à 4324 milliards d’ Ariary (1 dollar vaut environ 2000 Ariary) son budget 2010 faute de financement international. Le budget initial 5198 milliards d’ Ariary a été réduit de 14% à celui de 2009.
Le ministre des Finances et du Budget, Hery Rajaonarimampianina, a dit qu’ ils ont espéré 600 milliards d’ Ariary d’ aides internationaux, constituant le 23% du budget initial, mais ces aides n’ ont pas été arrivées à cause de la crise politique qui a commencé en décembre 2008 dans le pays.
Par conséquent, la HAT a pratiqué la politique d’ austérité dans son budget rectificative 2010. Le budget 2010 a été réduit de 874 milliards à celui prévu au début de l’ année. Tous les ministères ont du enlever le 40% de leur budget. En outre, seule la présidence de la HAT a pu décaisser le fonds pour tout financement des projets ministériels.
Le président de la HAT, Andry Rajoelina, a expliqué plusieurs fois que le financement de ces projets a été effectué par les 100 millions de dollars, paiement de l’ exploitation de fer à Soalala, à la côte ouest du pays, par la sidérurgie chinoise Wuhan iron and steel company (Wisco).
Comparé à 2009, l’ année 2010 a frappé fort la valeur de la monnaie malgache, Ariary, face à l’ Euro. L’ euro a coûté 3080 Ariary en février 2010 contre environ 3000 Ariary en 2009, mais il a baissé à 2500 Ariary entre mars et août 2010 alors que le dollar reste stable entre 2000 à 2200 Ariary. Selon la banque centrale de Madagasar, l’ euro vaut 2833,57 Ariary tandis que le dollar coûte 2147,43 le 29 décembre 2010.
Les experts en économie disent que la raison de cette dévaluation a été la diminution de transaction monétaire, l’ insuffisance de devise entrant à Madagascar due à la crise politique dans le pays et à la coupure de financement international. En outre, quand les banques malgaches ont limité les devises qu’ ils peuvent donner, la demande en devise a augmenté par rapport à l’ offre. Cette dévaluation de
l’Ariary a influencé également le prix des marchandises importés.
Rakotomalala Fleurys, expert malgache en économie, a expliqué que l’ économie malgache dépend de l’ importation. De octobre à mai, Madagascar effectue son importation tandis que de juin à septembre elle exporte ses produits. Pendant le moment de l’ importation l’ Ariary dévalue alors qu’ elle apprécie au moment de l’ exportation. L’ euro apprécie beaucoup à Madagascar parce qu’ elle fait la plupart de son importation dans les zones euros.
Cet expert en économie suggère de multiplier l’ importation de Madagascar aux zones dollars parce que la saturation d’ importation malgache dans les zones euros explique la hausse de l’ Euro à Madagascar.
L’ année 2010 a été surtout marque par l’ abattage illicite des bois de rose à Madagascar. Le bois de rose est un bois précieux très recherché dans le monde, surtout dans les marchés asiatiques. Il se trouve principalement au nord de Madagascar, mais il existe également dans la côte Est du pays.
Selon l’Environmental Investigation Agency (EIA) et Global Witness, la majorité de ce bois est destinée aux marchés asiatiques du mobilier de luxe, tandis que de petites quantités sont exportées vers l’Europe et les États-Unis pour la fabrication d’instruments de musique.
Le 25 janvier 2010, la task force, un organe spécialement créé par la HAT pour lutter contre l’ abattage et l’ exportation illicite de ce bois précieux, a intercepté 12 camions, dont 6 ont porté chacun 12 à 20 tonnes par camion tandis que les 6 autres ont transporté 40 tonnes.
Depuis cet incident, le ministère malgache des Forêts et de l’ Environnement, a promulgué un décret interdisant l’ exportation de tous les bois précieux comme l’ ébène, le palissandre et le bois de roses mais en juillet 2010, l’UNESCO a multiplié sa pression contre la HAT de " prendre toutes les mesures d’ urgence nécessaires afin de faire appliquer le décret et de mettre un terme à toutes coupes illégales".
La filière litchis de Madagascar a été également frappée fort pendant l’ année 2010. Selon le ministre de Commerce, Mahazoasy Freddie, Madagascar, un pays réputé comme premier exportateur mondial de litchis depuis de nombreuses années, a exporté seulement 17000 tonnes de litchis cette année 2010 contre 19750 tonnes en 2009 et 23950 tonnes en 2008.
En effet, la quantité exportée a été limitée pour qualifier le produit malgache et pour valoriser son prix. Pourtant, cette limite n’ a pas satisfait les opérateurs économiques malgaches qui se plaignent que le prix 700 Ariary chez les producteurs n’ a pas été respecté pendant les huit premiers jours d’ embarquement.
En outre, Alain Mahavimbina, chef de région Est de Madagascar, la région qui tient le premier rang sur l’ exportation de litchis de Madagascar, a fait savoir que la recette fiscale de litchis a diminué de 40%. Seulement 80 millions d’ Ariary a été reçu des litchis cette année 2010 contre 150 millions en 2009.
La dernière campagne de litchis a commencé le 23 novembre dernier, le premier bateau a quitté Madagascar le 29 novembre, avec 6600 tonnes de litchis à bord à destination de l’ Europe. Les litchis de Madagascar ont été arrivés au marché européen le 17 décembre dernier.
Outre les autres filières, la hausse du prix du carburant a marqué également l’ année 2010 à Madagascar. Le prix à la pompe a augmenté trois fois cette année. La première augmentation a été en mars, la deuxième a été en juillet avant que les quatre opérateurs pétroliers à Madagascar ont égalisé leur prix.
Avant, le prix de gasoil a été 2400 Ariary, elle a augmenté à 2600 Ariary puis 2480 Ariary actuellement, le prix de l’ essence 92 a été 2800 Ariary, puis 3120 Ariary avant de revenir à 2970 Ariary tandis que le prix de le sans plomb 95 a été 2820 Ariary puis 3140 Ariary avant de joindre son prix actuel 2990 Ariary.
Rakotomalala Fleurys a dit que la vérité du prix de carburant n’ est pas encore à ce stade, mais le gouvernement de la transition malgache a limité à taux fixe la parité de dollar pour les opérateurs pétroliers pour que ces derniers peuvent diminuer un peu le prix du carburant à la pompe, sinon l’ impact de la vérité du prix de carburant sera insupportable.
Seul le secteur tourisme a été positif à Madagascar cette année 2010. Selon la ministre du Tourisme et de l’ Artisanat, Irène Andréas, 142 000 touristes sont entrés à Madagascar cette année 2010 contre 110000 en 2009. La ministre a dit que le revenu touristique a été plus de 300 milliards d’ Ariary en 2010 contre 252 milliards en 2009. Le ministère a enregistré une hausse de 20% en valeur à celui de 2009. Les touristes français tiennent le premier rang en couvrant le 58% des touristes qui ont choisi la destination Madagascar.
En effet, Irène Andréas a expliqué que malgré la crise, un road show a été organisé sur l’ île voisine la Réunion les 27 et 28 octobre 2010 par l’ office national du tourisme de Madagascar (ONTM) et par la fédération des hôteliers et restaurateurs de Madagascar pour promouvoir le tourisme à Madagascar. La taxe sur le visa touristique a été également supprimée pour augmenter le nombre des touristes à Madagascar
En tout, le ministre de l’ Economie et de l’ Industrie, Fienena Richard, a indiqué que le gouvernement de transition a prévu une croissance économique de 2% dans la loi de finance 2010 mais le taux de croissance économique pendant cette année 2010 a été 0,6%.
En effet, Fienena Richard a expliqué que le gouvernement a supprimé la taxe douanière et la taxe de valeur ajoutée (TVA) pour toute importation de matériaux pour la production agricole. L’ import sur les revenus salariaux et assimilés (IRSA) a été également réduit à 23% pour cette année 2010 contre 24% en 2009. 

Perspectives Relance fragile pour cette année

Le nouveau palais d’Antsonjombe fait partie des réalisations annoncées par Rajoelina pour cette année 2011.
Le nouveau palais d’Antsonjombe fait partie des réalisations annoncées par Rajoelina pour cette année 2011.
Le gouvernement table sur une croissance de 2,8 % cette année. Mais la vision pourrait être faussée.

Que va-t-il se passer cette année ? C'est la question de tous les Malgaches et des entreprises en particulier. Théoriquement, selon la loi de finances, tous les secteurs d'activités devront enregistrer une croissance. Mais beaucoup de paramètres risquent de perturber voire, renverser la tendance. L'inflation par exemple, le prix du pétrole, les cyclones et aussi le retour des violences. Des analyses avancent également que les impacts socio-économiques de la crise politique et de la suspension des aides internationales vont s'accentuer alors que la période de grâce prend fin pour le régime de Transition.

« L'économie a presque fonctionné toute seule en 2009 malgré la crise, profitant des effets d'entrainement de la forte croissance de 2007 et 2008. Les choses ont commencé à changer en 2010 et devront empirer en 2011 si la situation politique ne s'améliore pas », soutient un économiste du milieu universitaire.

Le régime de transition devra donc s'atteler à renverser cette tendance. D'abord par la relance de la consommation. Elle devra entraîner l'augmentation des activités des entreprises et des industriels qui subissent de plein fouet les effets de la crise. Les importations et donc de la recette douanière dépendront également de la consommation. Cette relance devra passer par la maîtrise de l'inflation. La situation à la fin de l'année 2010 n'était pas rassurante. Elle a montré la limite d'une simple maîtrise de la fluctuation de l'ariary et du prix du carburant pour maintenir le prix de l'ensemble des produits de première nécessité.

Plan Marshall
Le schéma préconisé par le régime de transition se base sur une sorte de plan Marshall en vue de la relance du secteur tertiaire. La construction d' hôpitaux et de stades synthétiques pourrait redonner une bouffée d'oxygène au secteur bâtiments et travaux publics. Mais la réussite de ce plan dépend de l'encadrement, de la mise en œuvre de ces infrastructures pour faire profiter les acteurs économiques malgaches. Jusqu'ici, des flous entourent encore les adjudicataires de ces grands marchés qui ont de fortes chances d'être des Chinois. « Si tous les matériels et la main-d'œuvre seront importés de Chine, il n'y aura aucun impact sur l'économie malgache », soutient un opérateur dans le bâtiment.

De même pour le démarrage du projet Soalala de la compagnie chinoise Wisco cette année. Madagascar risque de passer à côté de toutes les valeurs ajoutées de projets aussi vastes. 

mercredi 29 décembre 2010

L’ONU consent à soutenir les élections sous quelques conditions

L'ONU confirme son soutien à la SADC
L'ONU confirme son soutien à la SADC
La balle est dorénavant dans le camp de la SADC à qui l’ONU assure son soutien dans l’organisation des élections à venir à Madagascar. Fatma Samoura, coordinatrice du PNUD dans le pays pose toutefois certaines conditions. Les acteurs politiques malgaches devront s’appliquer aux résolutions qui seront avancées par l’organisation sub-saharienne dans la recherche de solutions à la crise. Les élections devront également être organisées dans les conditions d’inclusivité et de transparence avec la participation libre de toutes les mouvances existantes et des autres forces vives malgaches. Une position qui va à l’encontre de la feuille de route soumise par la France, préconisant le retrait des quatre chefs de mouvances aux présidentielles. L’ONU qui assurera donc un soutien administratif, logistique et technique à la SADC qui propose l’année 2012 pour la tenue des présidentielles à Madagascar. Les pourparlers et les négociations s’étaleront sur toute l’année 2011. A cet effet, l’ONU prévoit également d’envoyer une équipe d’évaluation dans nos murs pour le premier trimestre de l’année prochaine.

Amour et pardon : amnistie

L’amnistie qui a été adoptée à l’une des rencontres à Maputo, 
est-elle considérée comme caduque ? Aujourd’hui, pour parler d’une approche qui produit les mêmes effets, Marc Ravalomanana n’utilise même plus le vocable « amnistie », il prêche en faveur de l’amour et prône le pardon réciproque. Il est vrai que l’Ex a tenu ce type de discours dans le cadre de l’église à l’occasion des vœux de Noël, ce n’est pas pour autant que l’on peut réduire les souhaits de Marc Ravalomanana à de simples vœux pieux. L’ambiguïté singularise toutes les initiatives, de quelque côté que surgissent celles-ci. La Communauté internationale n’échappe pas à cette règle, qui autorise à adopter une chose et son contraire le lendemain et à camper sur des positions inexplicables. On ne sait plus du reste si c’est le premier réflexe que l’on ne peut justifier ou l’attitude suivante. Voici quelque 18 mois, pour sortir le pays de la crise, les médiateurs internationaux ont parié sur la nécessité et la suffisance d’une négociation suivie d’un accord entre les Quatre : Albert Zafy, Didier Ratsiraka, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina. Actuellement, ces anciens chefs d’Etat à qui il manque l’un d’eux s’il faut recenser les vivants, sont devenus indésirables et la Communauté internationale les déclare inéligibles. On aurait tort de croire que le Concert des Nations reconnaitrait les prochaines présidentielles à cette condition. On fait allusion à d’éventuelles présidentielles autres que celles-ci, et il suffirait qu’Andry Rajoelina s’engage à ne pas s’y présenter pour que ces consultations obtiennent une bonne chance d’onction internationale.

Association « Tsimbina » - Mobilisation pour le droit des infirmes

C’est une lutte continuelle. L’intégration des personnes handicapées dans le monde du travail reste une lutte de longue haleine.
Actuellement, cette lutte vient encore de s’intensifier avec la création de l’association « Tsimbina » dont les membres sont constitués par le personnel du Centre national de formation professionnelle pour les personnes en situation d’handicap (CNFPPH). Une conférence-débat, au cours de laquelle des personnes handicapées occupant des postes à hauts responsabilités au sein des institutions publiques et privées ont témoigné de leur vécu et de leur vie actuelle, s’est déroulée hier au siège dudit Centre à Ampandrianomby. Tournant autour du thème « L’handicap et le bon citoyen », la conférence se fixe comme objectif de mettre en valeur la place des infirmes dans la société et d’inciter les autres personnes présentant des handicaps à se mobiliser pour leurs droits. « A seulement un an de la création de l’association, les activités portent déjà leurs fruits et la plupart des personnes normalement constituées commencent à prendre conscience que les infirmes sont également capables de faire tous ce que les personnes normales peuvent réaliser et ce en matière de travail », a indiqué Honoré Rajerison, chef service médicosocial au sein du CNFPPH.
Des hauts responsables
Au cours de cette conférence-débat, les témoignages des personnes handicapées ont fait connaître que bon nombre d’entre eux occupent actuellement des postes dans les institutions publiques et privées. Les uns sont présidents d’associations, médecins si d’autres occupent des postes de directeur ou d’agent comptable dans des grandes entreprises. Selon les informations, ils sont une vingtaine à occuper des postes de haute responsabilité. « Si on donne aux personnes handicapées leurs droits et une opportunité de se développer, elles pourront même supplanter les personnes normalement constituées dans le domaine du travail », a encore souligné Honoré Rajerison. C’est d’ailleurs la raison d’être de l’association « Tsimbina » qui lutte pour les droits des infirmes. Pour cela, plusieurs actions sont mises en œuvre par l’association pour promouvoir les droits de cette catégorie de personnes et ce, dans tous les domaines. Outre cette conférence et les activités culturelles, une campagne de reboisement est déjà prévue en 2011. Des bailleurs de fonds accordent des financements afin de dispenser des formations au profit des enseignants au sein du CNFPPH, pour que ces derniers forment à leur tour les enfants.

Spectacle Rakoto, Bekoto et Aïna Quach, la grande rencontre


Aina Quach a charmé le public du Carlton.
Aina Quach a charmé le public du Carlton.
Le trio Rakoto, Bekoto et Aina Quach n'a décroché que vers 1 heure du matin lors de son concert du mardi soir au Carlton. Un spectacle plein de complicité et de charme.

Le public n'a lâché Bekoto, Rakoto et Aina Quach que vers une heure du matin. « C'est mon premier concert à Madagascar », lançait-elle avant sa première chanson. Et les surprises n'ont pas manqué. Rakoto ouvre le bal. Chaussé de baskets griffés « Converse » et un jean blanc. Pour son passage au pays, il a arboré le look alternatif des grands défenseurs de l'environnement.

Ses nouveaux morceaux laissent le public quelque peu éberlué. Rakoto enchaîne vite. Il conclut avec son morceau phare « Zandrikely ».

Cette fois, le public semble emballé malgré ses cordes vocales amoindries par la force de l'âge. C'est au tour de Bekoto de faire son entrée.

Il joue d'abord une partie solo avec ses musiciens. Il invite ensuite la jeune chanteuse à le rejoindre sur scène. Après deux chansons en duo, Bekoto lance sans prévenir son tube signature, « Lendrema ». Aina Quach, surprise et habituée aux titres folks softs, réalise qu'elle est en train de baigner dans le vrai feeling du groupe Mahaleo. Sûr de son effet, Bekoto joue tout en sourire.

Une chanteuse d'avenir 
Bekoto semble être séduit par les compétences de Aina Quach. « C'est rare de voir chez un chanteur ou une chanteuse une si grande plasticité vocale. Ce n'est pas un exercice facile de chanter Norah Jones par exemple, et sauter à la musique traditionnelle malgache après. Parmi ses atouts, elle a de l'intelligence. Une fille qui a vu les États-Unis, l'Europe, et qui s'exprime et ressent avec fierté la musique malgache, la musique de son pays. C'est quelque chose », reconnaît ce crooner du groupe Mahaleo.

Lors du concert au Carlton à Anosy de mardi. Aina Quach était entourée de Rakoto, de passage au pays, et de Bekoto. Durant ses morceaux, on sentait une Aina Quach bercée par les titres du groupe Mahaleo et Lolo sy ny Tariny. Les morceaux « Maninona e » ou « Neny tiako » sont revisités par sa voix langoureuse. Une oreille attentive pouvait sentir que son timbre vocal était encore sur la voie de la maturité. Les futures expériences y remédieront sûrement. Mais dans quelques années, ce serait étonnant de ne pas voir Aina Quach être l'une des meilleures voix du pays et même d'ailleurs.