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samedi 16 octobre 2010

Référendum constitutionnel malgache : Voter en touche ?

En 2008 un match de football entre le Stade Olympique de l’Emyrne et l’AS Adema a vu un curieux record qui fera annale pour longtemps en affichant le score hallucinant de 149 buts à 0. En fait, le Stade Olympique contestant une décision arbitrale lors du match aller, s’est mis à marquer des buts contre son propre camp en monopolisant ainsi le ballon, face à un arbitrage impuissant à imposer une décision.
La question dont on débat aujourd’hui quant au pseudo-référendum sur une pseudo-révision d’une constitution pour une pseudo-4ème république relève quelque peu d’une logique similaire où l’opposition refuse de jouer un match qu’elle juge à raison truqué. À la question « faut il aller voter non, ou faut il s’abstenir » ceux là répondent « on s’abstiendra parce qu’il est hors de question d’apporter la moindre légitimité à une consultation bâtie de manière unilatérale ». Mais en cela ne marquent-ils pas contre leur propre camp ?
Les 20 mois de pouvoir TGV ont caractérisé une guerre de tranchée où les arguments de « non à l’unilatéralisme » se sont opposés d’abord aux initiatives bateaux, puis à cette simili-CCC et CENI ou autres Raiamandreny mijoro et enfin à cette pseudo-Conférence Nationale, qui aboutiront tout de même à un texte d’abord bâclé puis inconsistant. Et malgré ces aberrations et les exactions auxquelles le pouvoir HAT s’est jusque là livré, force est de constater que le TGV a tactiquement mieux mené sa barque que ne l’a fait l’opposition.
Ce texte est vain, c’est une évidence. Le TGV aurait pu en rester au texte initial et se focaliser sur les mesures et réformes nécessaires au regard des dysfonctionnements des institutions en se posant UNE question : quelles étaient les limités du texte constitutionnel de la 3ème république en place, qui pouvaient brider les nécessaires réformes en question ? Cette interrogation qui aurait dû être la seule à poser n’a bien évidemment pas été formulée. Le projet n’étant que la prise de pouvoir et non pas un projet de société, il importait avant tout d’annoncer stupidement et pompeusement la mise en place d’une nouvelle république idéale qui résoudrait d’un coup de baguette magique tous les problèmes de gouvernance et de démocratie antérieurs.
Ce projet aurait pu fonder une certaine légitimité mais il aurait fallu pour cela disposer d’une vision à long terme bâtie sur un projet et une volonté politiques… La refondation par De Gaulle de la 4ème république vers la 5ème relevait d’une certaine vision de l’efficacité de l’État et donc d’un projet politique. À l’inverse, le seul projet qu’ait eu le TGV était de virer Ra8 et de prendre le pouvoir… Il est clair que la nouvelle constitution ne pouvait que refléter cette ambition : ce texte est bâti d’une part à la mesure de la rancœur anti-Ra8 pour baliser son bannissement et, d’autre part, à la taille des enjeux de conservation du pouvoir par Norbert et sa clique. De fait, ce texte s’est focalisé sur la mise en place de nouveaux garde-fous prétendument destinés à contrôler les dérives. « Mettons plus de barrières, plus d’intermédiaires, construisons encore plus d’institutions, l’administration et l’État n’en fonctionneront que mieux ». Quand on sait que les strates de pouvoir et de décisions ne feront qu’offrir de nouvelles opportunités de corruption, on se dit qu’on n’est pas sortis de l’auberge du sous-développement.
Ceci étant, le texte est là et le montage politique a été bien plus retors que beaucoup ne l’auront vu. De cette révoltante conférence nationale, en annonces de municipales anticipées, en passant par la mise en place des chambres bidon que sont les Congrès de la transition (CT) et Conseil supérieur de la transition (CST), et qui ne sont là que pour assurer le plus grand nombre de sordides et opportunistes ralliements, il est clair qu’on aura du mal à arrêter le rouleau compresseur en marche. Et pour combler le tout, les conditions d’un vote transparent ne sont pas réunies : les listes électorales ne sont pas constituées, les institutions de contrôle ne sont pas neutres (la décision de la CENI de laisser les membres de la HAT mener propagande est hallucinante d’impudeur), la société civile qui aurait pu assurer un semblant de transparence est prise de court, arc-boutée sur le principe que le soutien de la CI devrait lui conférer à elle seule la légitimité d’organiser une consultation. L’opposition, dépassée elle aussi, ne sait pas comment mener campagne ni pour le non ni pour l’abstention (qui, quand, comment, pourquoi ? avec quels moyens matériels et quels arguments ?). Bref, toutes les conditions pour un « succès » du TGV sont réunies.
En cela les malgaches auraient intérêt à s’abstenir. Mais… Les 20 mois écoulés auront vu l’opposition s’accrocher à un seul paradigme : l’unilatéralisme du pouvoir HAT, ses exactions, ses errements en politique intérieure et extérieure, le « blocus » international, les luttes intestines, la crise économique et la crise sociale finiraient par avoir raison du TGV qui devait s’effondrer naturellement de l’intérieur… Rien de tout cela ne s’est avéré… Quant à penser qu’un fort taux d’abstention devrait décrédibiliser le TGV… Oui, selon des normes RATIONNELLES… Mais se sont ils jamais préoccupés de rationalité ? Les chiens aboient et le TGV passe…
La question à poser, n’est-elle pas de changer désormais de paradigme ? Si on s’est longtemps gaussé des absurdités et des aberrations des gens de ce pouvoir, ne faut-il pas envisager que la logique de survie qui les a maintenus jusque là leur a permis de se construire une dialectique et une stratégie qui affirment peu à peu la pérennisation de ce coup d’État… Celle-ci nous hérisse, c’est un fait…. Mais… camper sur cette (non) position n’est ce pas désormais « pisser dans un violon » ?
C’est dans ce sens, que je pense qu’il est temps de changer de paradigme… Que l’opposition devrait désormais s’attacher à bâtir de la manière la plus solide le projet alternatif qui finira bien par être soumis au peuple… ne pas voter aujourd’hui c’est se marginaliser pour les prochaines échéances. Les voix qui ne se font pas entendre aujourd’hui ne seront pas entendues plus tard.
Il faut voter… et voter NON… même si la partie semble jouée d’avance. On ne va pas quand même pas se prendre 149 à 0… ça suffit d’une fois…

Faux communiqués du samedi 16 octobre


Qui a dit : « La mise en place du CST constitue le premier pas vers la mise en place des institutions de la transition qui passe par le référendum. La marche vers les élections a été engagée et elle ne doit plus être perturbée ». Alain Ramaroson, dit Alain la Menace, et sans rigoler une seule fois. Avis aux amateurs d’affrontement avec des milices et de séjour à Tsiafahy.
Le Congrès de la transition (CT -256 membres) et le Conseil supérieur de la transition (CST- 90 membres) sont mis en place avec un nombre pléthorique de membres. Aucun n’a été élu, ils ont tous été désignés avec des critères, dont certains ésotériques. Mmes Pety et Voninahitsy en font partie pour services inestimables rendus au pays. Tout ce beau monde va être payé aux frais des contribuables dans un pays très pauvres. Alléluia, amen !
Les brésiliens, chanceux, eux ils disent : « allez Lula, amène ». Chacun son truc.
Le Président du CST a commencé son discours en défendant le bilan de 2 ans de la HAT’’. Ça commence bien en termes d’esprit critique et de pseudo contrôle du pouvoir.
On voit la mine réjouie de tout ce beau monde lors du cocktail d’installation. Pendant ce temps, un rapport international classe notre pays dans la cohorte des pays où la famine menace.
Le kéré, la famine, est déjà là pour nos compatriotes du sud. Aucun des 346 membres du CT ou du CST n’a eu le temps d’y penser, trop heureux d’émarger tous les mois au frais de la Princesse.
Sylvain Rabetsaroana a dit que « le référendum constitutionnel constitue un grand tournant dans l’histoire du pays puisqu’il constitue une passage obligé afin de mettre en place les balises nécessaires pour que les erreurs du passées ne se reproduisent plus ». Normalement, le conditionnel aurait été de rigueur pour ce genre de déclaration. C’est bien mon cher Sylvain de croire au père Noël à ton âge.
Je suggère aux 346 membres du CT et du CST de se regarder dans la glace tous les matins et de se dire : je ne suis pas un (ou une) élu, je ne suis pas un élu, je ne suis pas un élu, je ne suis pas un élu… Tonton Georges a aussi le droit, comme son ami Sylvain, de croire au père Noël, malgré son âge avancé.
Parmi les membres désignés du CT ou du CST, il y a des journalistes. Du coup les journaux où officient ces journalistes sont un peu dithyrambiques vis-à-vis du pouvoir de Transition. Ça c’est du journalisme comme les aiment les pingouins !
Ces journalistes désignés démontrent bien en tout cas que tout s’achète et tout se vend, même son âme.
Des ministres en exercice « expliquent » le projet de Constitution, accompagnés d’un ancien ministre pro-Hat qui lui fait de la propagande pour le oui au référendum, et ils rencontrent des maires. La Commission électorale nationale indépendante (CENI) n’a rien à y redire. On a envie de dire la CENI c’est nenni ! Encore des personnes qui émargent sans faire leur boulot.
Tantely, l’ancien PM est arrivé. Espérons qu’il va s’expliquer sur les 3 millions d’euros placé en Suisse et qu’il demandera la révision de son procès car judiciairement parlant, il est encore condamné. Quand je vous dis que Tonton Georges croit aussi au père Noel.
En arrivant, Tantely a dit, je cite : « je ne brigue aucun poste mais j’essaie de comprendre l’aspiration du peuple ». Dans tous les cas, il fait déjà de la politique en mettant en avant « le peuple » tout en le prenant pour un imbécile.
Peuple : entité souvent citée par les politiques, au gré de leurs besoins, mais qui continue à crever de tous les maux de la terre. C’est la définition même du cynisme.
Ratsiraka va suivre paraît-il. On ne l’a pas vu au sacre officiel de Kim Jong Un, le fils de son ami Kim Jong Il, le petit-fils de son modèle Kim Il Sung. Au fait, on a dit qu’il aurait 2 ou 3 livres rouges (pardon solutions) pour sortir de la crise.
Ratsiraka, vous vous rappelez ? c’est le monsieur qui avait acheté des Migs, des hélicoptères MI8 ou 24, qui avait vulgarisé le port des kalachnikovs (chose indispensable dans un pays très pauvre) partout, sorti le livre rouge, qui a fréquenté Brejnev. Son sobriquet est « l’amiral rouge », mais qui a mis le pays dans le noir ?
On n’entend plus Ravalomanana. Tout compte fait, ses âneries commencent à me manquer car les occasions de se bidonner se font rares par les temps durs qui courent. Allez Marc, une dernière genre « tsapao ny herinareo » pour la route !
En fait on a entendu Ravalomanana. Il fustige les anciens parlementaires TIM qui ont acceptés d’être désignés au CT ou CST. Et oui Ravalomanana, quand on réunit autour de la gamelle et non autour des idées, une gamelle c’est une gamelle, là ou ailleurs. Du coup, il faut s’attendre à se ramasser une gamelle ! Comme quoi la politique chez nous c’est une histoire de gamelle : soit on la tend, soit on se la ramasse !
On n’entend pas non plus parler de Monja. Vous vous souvenez ? C’est le PM qui, à peine arrivé au pouvoir, avait acheté des hélicoptères d’occasion belge et qui avait missionné Charles Villeneuve pour faire du lobbying pour la reconnaissance internationale. Tout cela sur fonds publics évidemment. Les pingouins en parlent encore sur la banquise histoire de rigoler à s’en fendre le bec.
Quand un jeune Ministre avait osé démissionner, on lui a collé l’IGE aux trousses. Monja, on ne peut pas, il risque d’y avoir des « ampamoaka ». Des déballages, quoi !
On a lancé aux trousses du SECES (syndicat des profs) le Bianco, suite à leur demande de règlement des heures sup. Comme quoi, le Bianco ne sert pas à grand chose en ce moment.
Raymond Ranjeva veut le pouvoir mais il a précisé sans coup d’État ni auto-investiture. Devinette : qui a fait un coup d’Etat et une auto-investiture ? Moi, je ne vois pas qui serait capable d’une chose aussi horrible.
Le même Raymond dit : « La Transition doit être conçue et menée dans une nouvelle démarche caractérisée par une neutralité positive et incarnée par des hommes et des femmes capables de rassembler et qui ne sauraient être suspectés de partialité et dont la compétence est incontestable sur le plan national et international ». On veut des noms, on veut des noms.
D’autres ont chanté : « vas-y Raymond, vas-y Raymond, vas y, c’est bon bon bon ». On va l’appeler Raymond le zouk (et non le zoky) !
Sahondra Rabenarivo, juriste, a dit dans le journal L’Express que le projet de Constitution a été taillé pour les politiciens. Et bien oui madame, dans notre pays, la Constitution est taillée pour les politiciens, pas pour la Nation ou le peuple. Chacun son truc. Le raisonnement est simple : les politiciens durent, la Nation et le peuple meurent. CQFD.
Lu sur le site Madagate (ultra pro HAT appartenant à l’ancien Ministre Augustin Andriamanoro), écrit par mon ami Jeannot RAMBAZAFY, en parlant de la 1ère Constitution : « Où est le peuple dans tout çà, au courant de rien, alors que la première phrase du préambule est : « Le peuple malagasy souverain » ? Souverain de quoi ? De l’indigénat ?¨Par ailleurs, il existe une différence énorme entre adoptée et votée ». Ta dernière phrase ne t’interpelle pas mon cher Jeannot ? Sûr, il existe une différence énorme entre adoptée et votée. Et le pouvoir actuel, y compris le CT et le CST, il est adopté ou voté ? Tu saisis la différence énorme ou ta théorie ne s’applique pas dans ce cas ?
On a lu sur cette Tribune que les pirates somaliens s’approchent deMadagascar. Les mauvaises langues (pas celles qui lèchent le pouvoir actuel) disent que les somaliens sont en retard car des pirates malgaches sont déjà dans Madagascar depuis début 2009. Ils pillent le pays, ils emprisonnent des gens, ils se proclament chefs, ils créent des milices,…. Moi, je n’y crois pas.
Aux USA, Obama a été caricaturé en bandit, mafieux, kamikaze islamiste,… Chez nous pour moins que ça, on aurait déjà envoyé la FIS casser le panneau publicitaire (comme les micros des radios) et conduire du monde à Tsiafahy. Les imbéciles vont encore dire que notre pays n’est pas pareil, le peuple n’est pas mûr,… et autres blablas qui nous abaissent.
Rappelez vous : le substantif amour est dans notre Constitution, alors, appliquez la Constitution en tant que bon patriote, mais pas avant de faire votre prière le soir !
Message personnel à Tata Georges : « chérie, ne pense pas à la Constitution ce soir, mais ne dis rien à personne car cela ne fait pas patriote ». Quoique, en pensant à ta constitution, je pourrai changer d’avis en votant oui, oui, encore, encore, et en hissant très haut les couleurs !
Bon courage quand même et passez un excellent week-end car le temps chaud est là. Attention quand même à ne pas appliquer la Constitution dans les bozaka de Vontovorona.

vendredi 15 octobre 2010

Emeutes et pillages à Toamasina


Au moins deux cent pousseurs et autres cyclo-pousseurs ont semé la pagaille hier dans la ville de Toamasina à Madagascar pour protester contre le contrôle de papiers régissant leur métier. Plusieurs magasins, dont un restaurant ont été saccagés et pillés.

 
Ce jeudi 14 octobre aux environs de 8h 30, la manifestation des tireurs de pousse et cyclo-pousse a laissé place à de violentes émeutes au cours desquelles plusieurs commerces ont été mis à sac et vandalisés. Les évènements d’hier ont ravivé les souvenirs des heures sombres du début de la crise en 2009.
 
Les émeutiers ont pris d’assaut plusieurs commerces d’appareils électroménagers situés en plein cœur de la ville, notamment au grand marché de Bazary Be et dans le quartier d’Anjoma. De plus, un restaurant appartenant à un natif de la ville a également été pris pour cible. Certains grévistes ont cassé les vitres de l’établissement, tandis que d’autres ont agressé le propriétaire.
 
Ce déchaînement de violences a éclaté un peu partout dans la ville. Même les opérateurs de taxi-phone installés aux abords des rues ont été pris à partie. Les manifestants ont fait la main basse sur leurs maigres recettes avant de saccager leurs pavillons de fortune. Les pousseurs se sont également attaqués à certains de leurs collègues qui ont continué à travailler. Par précaution, une dizaine d’établissements scolaires ont décidé de fermer leurs portes.
 
Dans le tumulte, les forces de l’ordre ont interpellé huit individus, identifiés comme des meneurs des fauteurs de troubles. Les dégâts liés à ces actes de violences s’élèveraient à des centaines de millions d’ariary (des centaines de milliers d’euros), selon les autorités locales.
 
En 2008, la commune urbaine de Toamasina a mis en place un programme de formation sur la circulation destiné aux tireurs de pousse. Sur les 300 candidats, seul le tiers, soit une centaine, ont bouclé avec succès ledit stage.
 
Et depuis lundi dernier, les éléments de la police communale ont procédé à des contrôles de papiers, ce qui a conduit à la mise en fourrière de quelque 200 pousses et cyclo-pousses. D’où la colère des concernés.

Face à cette vague de protestations, le Président de la délégation spéciale de Toamasina, Mario Rakotovao a tenté d’engager des pourparlers avec les représentants des grévistes. Il a proposé de trouver ensemble un compromis, tout en restant ferme quant à l’application du texte qui régit les capacités des pousseurs, qui avait été voté par le Conseil municipal en 2008.

Ratsiraka, le retour ?

Le retour de dideir Ratsiraka favorisera-t-il les négociations de sortie de crise ? Le retour de dideir Ratsiraka favorisera-t-il les négociations de sortie de crise ? 
L'ancien président malgache Didier Ratsiraka, qui vit exilé dans une chic banlieue parisienne, vient d'annoncer son retour au pays, dont il  avait été chassé en 2002.
Sa maison, dans la région de Tamatave, est inhabitable, mais Didier Ratsiraka s’en passera. L’ancien président, qui avait annoncé, en août 2009, qu’il ne rentrerait à Madagascar « que lorsque [sa] résidence d’Ambodiatafana sera[it] réhabilitée », semble avoir trouvé une solution de rechange. « Les autorités avaient promis de la refaire. Au lieu de ça, ils l’ont brûlée », dit-il en privé, en référence à l’incendie qui a ravagé sa demeure en juin dernier. Qu’à cela ne tienne, l’amiral squattera chez des amis.
Le 1er octobre, son intervention sur la chaîne malgache TV Plus a fait l’effet d’une bombe. Interrogé depuis sa résidence de Neuilly-sur-Seine, dans la banlieue pari­sienne, où il vit en exil depuis plus de huit ans, Ratsiraka a annoncé son retour imminent. Celui qui fut chassé du pouvoir en 2002 par Marc Ravalomanana estime aujourd’hui qu’il serait criminel de ne rien faire alors que « tout part à vau-l’eau ».
« On ne parle que de ça à Tana », rapporte un journaliste. Cette annonce a notamment éclipsé la campagne pour le « oui » ou pour le « non » à la nouvelle Constitution, un texte auquel s’oppose d’ailleurs Ratsiraka.
L’homme, qui encourt une peine de dix ans de travaux forcés depuis sa condamnation en 2003, a-t-il négocié son retour avec la Haute Autorité de la transition ? Son entourage s’en défend. Le Premier ministre, le général Camille Vital – un ancien partisan de Ratsiraka –, y est en tout cas favorable : « Son retour facilitera les négociations. » Pour ce qui est de Ravalomanana, en revanche, « c’est mieux qu’il reste à l’étranger durant les sept prochaines années ».

La monnaie virtuelle débarque à Madagascar

  • M’Vola, nouveau système de paiement via téléphone portable débarque sur la Grande île. Plus besoin de transporter de liquide, carte bleue et autres chèques vacances. Une initiative soutenue par l’Office national du Tourisme à Madagascar et applaudie par les touristes.

    Hier, l’Office national du tourisme à Madagascar (ONTM) a signé un partenariat avec Telma, premier opérateur mobile de l’île, dans le but de promouvoir une nouvelle méthode de paiment via gsm, M’Vola. L’ONTM prévoit des actions de sensibilisation envers tous les opérateurs du secteur pour encourager son utilisation.
    Le principe de M’Vola : ne plus transporter de "cash" et régler ses achats via gsm. Le but ? Sécuriser les paiements sur une île où l’insécurité reste un frein considérable pour le tourisme, pourtant moteur de l’économie locale. D’après les chiffres du Ministère du Tourisme et de l’Artisanat de Madagascar, pas moins de 124 993 touristes ont été recensés pour la période du 1er janvier et le 31 août 2010.
    Il es vrai qu’à Madagascar les moyens de paiement tels que les chèques de voyage et la carte bleue sont très peu acceptés et les touristes hésitent à se déplacer avec de grandes quantités d’argent. Le système M’Vola permet de payer avec de la "monnaie virtuelle". Il suffit que les interlocuteurs, clients et commerçants, disposent d’un téléphone portable (quel qu’il soit, M’Vola fonctionnant avec tous les opérateurs) et acceptent d’être rémunérés via ce système. A noter qu’il fonctionne pour le moment auprès des marchands agréés ou les Telma shop de l’île.
    En cas de perte ou de vol, l’usager ne se verra pas détroussé de sa "monnaie virtuelle" puisque le système est sécurisé par un code secret choisi par le client. Un téléphone volé ne peut servir à aucun règlement. Le consommateur a la possibilité de récupérer immédiatement une nouvelle puce, avec le même numéro et la totalité de son argent électronique.
    Selon les responsables Telma, la méthode M’Vola est déjà monnaie courante entre les Malgaches, puisque 400 millions d’ariary, bien réels ceux-ci, sont échangés chaque jour.

jeudi 14 octobre 2010

PIB national: 42 % sont générés par la seule ville d’Antananarivo

Au plan mondial, la moitié de la population est une population urbaine.
Et davantage, les données du snu.mg mentionnent qu’en Asie et en Afrique, 95% de la croissance se fera dans la zone urbaine selon les études de l’UNHabitat. Actuellement, les statistiques démontrent que 42 % du PIB de Madagascar sont générés par la seule ville d’Antananarivo.
Par ailleurs, la même source en rapportant les propos de  Jean-Jacques Helluin, Directeur de l’IMV, décrit que : « partant de son constat des trois faillites de la ville d’Antananarivo : la faillite des penseurs en ville, des pouvoirs et enfin des bailleurs de fond dans la non considération du défi urbain ,a démontré ainsi l’intérêt de bien évaluer les impacts des investissements ruraux et les investissements dans l’urbain pour mieux saisir  les retombées sur la croissance, et  citant entre autre , en exemple, le projet pilote d’amélioration du transport urbain-PAMU à Antananarivo… »

Villes de Madagascar: Faibles taux d’accès en eau potable

Selon les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), 65% de la population malgache devrait avoir accès à l’eau potable d’ici 2015 et 72% à l’assainissement.
L’eau est ainsi un secteur prioritaire qui dispose donc d’un cadre légal, de politiques et de stratégies nationales, d’outils de planification et de gestion, mais aussi de plates-formes de concertation entre les différents acteurs (les comités DioranoWash) et de partenaires techniques et financiers actifs.
Plus d’après les informations publiées par Réseau Ran’Eau – Groupe Pays Madagascar, il est indiqué surtout que selon la base de données de la plate-forme DioranoWash, 39,86% de la population avait accès à l’eau potable et 51,4% des ménages disposaient de latrines en 2008.
Les objectifs fixés pour 2012 par le plan national malgache sont encore plus ambitieux que ceux du Millénaire pour le développement pour 2015 puisque 57% (contre 55% dans OMD) des malgaches devraient alors avoir accès à l’eau potable en milieu rural, et 95% (contre 87%) en milieu urbain.
D’ici 2012, il faudrait donc creuser 13 656 puits et forages en milieu rural, réaliser 232 695 branchements particuliers et 288 bornes-fontaines en milieu urbain, construire 941 987 latrines familiales en milieu rural, et 295 855 en milieu urbain.
Et les mêmes données d’indiquer que les courbes d’évolution des taux d’accès à l’eau potable et à l’assainissement montrent que si la situation a tendance à s’améliorer au niveau de la moyenne nationale, les taux d’accès sont cependant en baisse dans toutes les villes de Madagascar : un effort significatif doit être fourni afin d’atteindre les objectifs du Programme national de l’alimentation en eau potable et de l’assainissement (PNAEPA).
En termes financiers, les estimations pour atteindre ces objectifs se chiffrent à 671,23 millions de USD d’ici 2012, dont 80% de financements extérieurs (encore gelés à l’heure actuelle compte tenu de la situation politique). Il manque donc encore près de 500 millions de USD.