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jeudi 30 septembre 2010

Madagascar Résistance : Attention aux Iles Eparses !

Ceux qui défendent les intérêts vitaux de Madagascar doivent voir plus loin que ce qu’on agite sous leurs yeux. Les coups d’Etat survenus en Amérique latine, en Asie ou en Afrique, ont de nombreux points communs.  

Le premier point est que  les coups d’Etat surviennent dans des pays où une grande puissance a des intérêts importants. Ces intérêts peuvent être économiques ou géostratégiques. Le deuxième point est que le coup d’Etat survient lorsque le dirigeant du pays concerné émet le désir, soit de renégocier les accords passés avec la grande puissance afin d’obtenir plus d’avantages pour son pays, soit de rechercher de nouveaux partenaires. Ainsi, jusqu’à un passé récent, les Etats-Unis ont été à l’origine des coups d’Etat survenus en Amérique latine afin de préserver les intérêts de leurs sociétés multinationales, ou d’écarter des leaders politiques jugés trop "progressistes", notamment avant la chute du bloc de l’Est. Le président Hugo Chavez du Venezuela a bien failli être l’une des dernières victimes de cet hégémonisme US. Heureusement pour lui et ceux qui l’avaient élu, les Etats d’Amérique latine ont réussi, après avoir subi pendant plus d’un siècle cette impitoyable domination politique et économique 
des Etats-Unis, à se rassembler dans un bloc politique et économique qui est aujourd’hui en mesure de protéger efficacement ses membres. L’Afrique est encore actuellement dans la situation où se trouvait auparavant l’Amérique latine. L’Union Africaine et les différents regroupements régionaux qui ont vu le jour au Maghreb, en Afrique de l’Ouest, en Afrique de l’Est et en Afrique Australe n’ont pas encore atteint le degré d’intégration économique suffisant qui pourrait se traduire par une solidarité politique et militaire suffisamment forte pour dissuader une grande puissance de s’en prendre à l’un de leurs membres. 

Le troisième point commun aux coups d’Etat est l’utilisation des rivalités politiques au sein du pays concerné comme d’un leurre pour cacher l’enjeu réel. Ces rivalités politiques sont sciemment exacerbées et font office du tissu rouge que l’on agite devant les yeux du taureau afin de le mettre en position favorable pour sa mise à mort. Trop occupés à prendre le pouvoir ou à le garder, les politiciens locaux se déchirent et perdent ainsi de vue les intérêts à moyen et à long terme de leur pays. Situation qui est mise à profit par la grande puissance pour consolider ses intérêts présents et à venir. 
 
Pourquoi parler des Iles Eparses ? 

Parce qu’il est fort possible qu’au-delà de la défense classique des intérêts immédiats des sociétés françaises, des raisons plus importantes encore aient été à l’origine du durcissement de la politique française contre le désir d’émancipation de Madagascar. 

La grande puissance qui, à l’instar des Etats-Unis pour l’Amérique Latine, a des intérêts à la fois économiques et géostratégiques importants dans le sud-ouest de l’Océan Indien est la France. Ce fait, ainsi que son attitude ambiguë au sein de la communauté internationale et son appui difficile à cacher au pouvoir de fait qui s’est instauré à Madagascar, la désignent comme le deus ex machina du coup d’Etat survenu dans la Grande Ile. Mais pour quelle(s) raison(s) ?  Si l’on en croit les précédents en Afrique continentale cités par l’association "Survie", les troubles aboutissant à l’éviction d’un chef d’Etat en place ont régulièrement servi à protéger les intérêts des sociétés comme Bouygues, Total ou Areva. Or, avant le coup d’Etat, les grandes entreprises françaises comme Total, Orange, Colas ou Bolloré n’avaient pas lieu 
de se plaindre. Par ailleurs, les banques françaises exerçaient un quasi monopole depuis leur rachat des banques malgaches, suite à la privatisation exigée par les bailleurs de fonds. Soixante pour cent des entreprises opérant à Madagascar étaient françaises. Mais Marc Ravalomanana avait initié la diversification des partenaires économiques avec l’arrivée d’investisseurs canadiens, américains et chinois, alors que l’exploitation des ressources minières et pétrolières entrait dans une phase plus active. La part obtenue par Total dans l’exploitation du pétrole, pourtant conséquente, mais jugée sans doute insuffisante par cette compagnie, est revenue souvent parmi les motifs possibles du coup d’Etat retenus 
par les analystes. Des appels d’offre dans d’autres domaines auraient aussi échappé aux entreprises françaises, allongeant la liste des motifs possibles du mécontentement français. Ces raisons sont-elles les bonnes ? Sont-elles suffisantes pour expliquer cette détermination totale de Paris à garder coûte que coûte sous son contrôle les dirigeants présents et à venir de Madagascar ? 

Détournons les yeux du chiffon rouge que constituent les négociations inter-malgaches, entamées depuis plus d’une année, interrompues, reprises, abandonnées pour l’instant, qui monopolisent toute l’attention et toutes les énergies des acteurs nationaux. Si nous prenons du recul, nous voyons se dessiner les contours d’une grande manœuvre dont l’enjeu n’est ni plus ni moins que mondial comme le montre l’analyse de Mohammed Hassan, spécialiste de géopolitique et du monde musulman, dans une interview dont nous présentons ci-dessous des extraits. 

Dans notre prochain numéro, nous présenterons à nos lecteurs le rapprochement que nous avons effectué entre cette analyse de Mohammed Hassan et les différentes mesures prises par le gouvernement français depuis 2005, concernant cette région de l’Océan Indien. Nous en sommes arrivés à la conclusion que décidément, la raison véritable de l’éviction forcée d’un chef d’Etat d’un pays encore sous influence doit être souvent recherchée à l’extérieur du pays concerné et non à l’intérieur. Attention aux Iles Eparses ! 
 

mardi 28 septembre 2010

Ossements humains : 2 millions d’Ariary le kilo

Les cimetières de Mampikony sont victimes de profanation de tombeaux depuis quelques temps. Les bruits ont laissé entendre que  plus d’une  trentaine  d’ossements humains dans les tombeaux se trouvant à l’extérieur de la ville ont été volés. Et des collecteurs viennent sur place pour ramasser les marchandises en 4X4 à vitres fumées Qualifiés de saphir blanc, ces ossements coûtent, parait-il, 2 millions d’Ariary par kilo. Pris au panique  les populations locales ont décidé de transporter les restes en ville, dans leur demeure les restes de leurs ancêtres, avant que les constructions des nouveaux tombeaux soient  achevées.  Suspectant 3 commanditaires de l’opération, la gendarmerie  locale n’a enregistré qu’un déclarant à propos d’ la véracité de la situation et n’a déféré que 2 suspects en mandat de dépôt après une longue enquête.  A ce propos, notre source à tenu à apporter de amples renseignements sur  la situation exacte de Mampikony. « La ville de Port Bergé est la plus concernée par la profanation de tombeaux. Des bruits couraient et ont gagné la ville de Mampikony. Il est vrai que la Police Nationale a découvert des ossements humains récemment mais ces derniers n’avaient rien à voir avec un vol. Ils ont été  délaissés expressément ». La réunion de l’Organe Mixte de Conception ou OMC a permis ainsi de conclure que des patrouilles de nuit vont être mises en place pour identifier la voiture 4X4 à vitres fumées  et de rassurer ainsi la population.
NIR

bye bye FMI


Il ne manquait plus que çà ! Le Fonds monétaire international (FMI) fermera bientôt sa représentation permanente à Madagascar ; aucun intérim ni successeur n’est envisagé après le départ de Pierre Van den Boogaerde qui est prévu à la fin du mois d’octobre prochain. On rappellera que les relations de l’Etat malgache avec le FMI étaient déjà assez moroses depuis le mois de décembre 2008 avec l’achat de l’avion présidentiel Force One Two et les dérogations à l’importation, mais surtout à cause d’un projet de société d’importation de carburant. Avec le coup d’État de mars 2009, les relations avec le FMI dont les actionnaires ne sont autres que les États qui ont condamné le putsch, étaient durablement suspendues jusqu’à rétablissement de l’ordre constitutionnel. Cela n’a pas empêché le représentant résident du FMI, Pierre Van den Boogaerde, d’apporter une assistance technique aux gouvernants ; une assistance qui lui avait permis d’exprimer sa satisfaction quant à la gestion des finances publiques et au respect des grands équilibres du temps du ministre de la Haute autorité de transition (HAT), Benja Razafimahaleo.
Mais depuis quelques temps, cette gestion des finances publiques donne des signes d’aller de mal en pis. Des salaires et des indemnités impayés provoquent des grèves à répétition des étudiants et des fonctionnaires. Des opérateurs se plaignent sous le sceau de l’anonymat, des redressements fiscaux et des pressions dont leurs entreprises sont victimes. Des observateurs avertis décèlent derrière certains mouvements de grève ou d’humeur des employés de quelques secteurs vitaux pour les finances publiques, des tentatives de faire main basse sur les mamelles nourricières telles GasyNet ou encore tout récemment l’affaire SMMC et MICTSL du port de Toamasina derrière laquelle se profile une guerre dont l’objectif serait d’écarter MICTSL au profit de la Chambre de Commerce de Toamasina ; sans parler de l’affaire des télécommunications qui a provoqué la démission du jeune ministre des Postes et Télécommunications, Iharizaka Rahaingoson.
Pendant ce temps, en dépit de la politique d’austérité budgétaire, les dirigeants conduisent des projets de grande envergure dont les financements sont opaques quoique présentés sous forme de financement propre à l’État malgache. Bref, tout cela n’inspire guère confiance au FMI. D’autant plus que rien n’a été conduit à terme pour rentrer dans l’ordre constitutionnel recommandé par les actionnaires du Fonds. À beaucoup d’égards, la situation, aux yeux donc du FMI et de ses actionnaires, va de mal en pis. Pour beaucoup d’observateurs qui déplorent ce départ, c’est l’opacité dans les finances publiques qui en constitue la principale raisont.
Le prochain gouvernement aura certainement du mal à réintégrer pleinement Madagascar dans la confiance du Fonds Monétaire International. Mais entretemps, il faut reconnaître que les projets d’investissements des grands bailleurs de fonds internationaux ou continentaux risquent de s’évanouir. La confiance des banques et des opérateurs s’amoindrira car aucune institution financière reconnue comme le FMI ne leur garantit l’observation des normes admises dans le monde quant à l’usage de l’argent à partir du moment où ce gendarme a plié bagage. Les investisseurs privés hésiteront eux aussi.

Tourisme à Madagascar : Pas de visa pour des séjours d’un mois

Le  ministère du Tourisme et de l''Artisanat a annulé le  visa d’entrée pour les touristes qui séjournent dans la Grande Ile pendant un mois. Cette décision a été confirmée, lundi, à l’occasion de la journée mondiale du tourisme.
Cet événement est  placé cette année sous le thème « consécration de la biodiversité » et coïncide avec le 400 ème anniversaire de la ville d'Antananarivo ( photo).
Madagascar avait  commencé à célébrer  cette journée depuis une semaine par un concours de jeu type « Questions pour un champion » dans le but de faire connaître l'histoire d'Antananarivo, la capitale de Madagascar, une série de conférences sur le  secteur du tourisme, un salon de métiers du tourisme et de l'hôtellerie, une randonnée d'un village touristique.
Le secrétaire général du ministère du Tourisme et de l'Artisanat (du gouvernement de la transition malgache), RAOELINA Parfait, a indiqué que 180 000 touristes sont venus à Madagascar en 2010 (le 1er semestre), alors que le pays avait accueilli 380 000 pour les 12 mois de  2008. En 2009, en raison de la  crise politique, Madagascar n'a enregistré que 160 000 arrivées touristiques. Néanmoins, Raoelina Parfait  a estimé qu'il y aura 150 000 touristes dans les 6 mois à venir.
Ce haut fonctionnaire du tourisme n'a pas manqué d’évoquer  les perspectives du marché chinois avec la  redynamisation de la Maison du tourisme malgache en Chine. Objectif : attirer 130 000 visiteurs chinois à Madagascar.
Par ailleurs, le tourisme national devra être développé, a-t- il affirmé, avant d’ajouter : « Les 20% des classes moyennes malgaches devraient pratiquer le tourisme national ».

lundi 27 septembre 2010

des voix s’élèvent contre l’amnistie sélective


Des proches de l’ancien président malgache, Didier Ratsiraka, victimes de la crise post électorale de 2002, élèvent leur voix contre l’adoption de l’ amnistie sélective lors de la dernière conférence nationale, qui s’ est terminée le 18 septembre à Antananarivo, capitale de Madagascar.
En effet, la plupart des détenus et exilés politiques de l’ événement de 2002 commencent à élever leur voix afin de contrecarrer cette mesure. Samedi dernier, au Motel Anosy, dans la capitale malgache, quelques représentants de ces détenus politiques conduits par le général Jean Emile Tsaranazy, un ancien ministre du règne de Didier Ratsiraka, ont annoncé qu’ils vont contre-attaquer face à cette résolution. Cela risque de faire tache d’huile au microcosme politique malgache.
« 85% des participants au débat, dans la commission réconciliation nationale et amnistie, ont approuvé la nécessité d’ une amnistie générale. Proposée à la séance plénière, l’amnistie sélective a pris les dessus avec 85% des votes. C’est irréaliste et ne reflète pas les aspirations populaires pour vraiment sortir le pays de la crise », a avancé un exilé politique de quelques années en France, de retour dans le pays.
Nombreux sont les détenus politiques, de toute tendance, à ne pas bénéficier de cette amnistie sélective. Notamment ceux qui sont coupables de meurtre, de détournement de deniers publics, de corruption, ceux condamnés pour le crime de faux-monnayage ou encore pour association de malfaiteurs.
Bref, Marc Ravalomanana, le dernier chef d’Etat de la III ème République malgache lui-même condamné par la justice du régime transitoire actuel, risque de ne pas être le grand perdant de la dernière conférence nationale, en ce qui concerne l’amnistie. Il a déjà été exclu car la crise durant la période 2009/2010 n’a pas vu accorder une amnistie. Une longue liste de politiciens, prétendant même à la magistrature suprême du pays, serait disqualifiée de toutes les élections à venir.
Récemment, lors d’une conférence de presse organisée par les prétendants être les « autres sensibilités » du pays, Pety Rakotoniaina emprisonné durant le mandat de Ravalomanana pour détournement de deniers publics a déclaré que « contre vents et marées, il bénéficiera de cette amnistie, quelque soit sa forme ». Même credo pour Jean Eugène Voninahitsy, tous les deux membres de la direction collégiale de ces « autres sensibilités politiques », qui a été écroué à la grande maison de force de Tsiafahy.
Curieusement, qu’ils soient pro-Ratsiraka, pro-Ravalomanana ou même pro-Rajoelina, tous se disent victimes de décision politique, et se plaident non coupables face aux accusations dans lesquelles la justice leurs a été condamnées.
La liste, dit-on, est longue. On n’a pas évoqué le cas des Tantely Andrianarivo et Pierrot Rajaonarivelo, tous les deux anciens proches collaborateurs de l’amiral Didier Ratsiraka, lui- même encore en exil en France actuellement. Ils ont le droit de croire au revirement de la situation, s’ils tiennent en compte de la résolution sur le remplacement de tous les maires de la Grande Île durant la conférence nationale. Tout compte fait, c’est un climat d’apaisement qu’il faut réinstaurer dans le pays mais non pas une nouvelle crise. Mais dans le cas présent, l’amnistie sélective n’arrangera en rien la situation à gérer par l’actuel régime transitoire dirigé par Rajoelina. (Xinhua)

Madagascar : les magistrats entame une grève générale de trois jours ce lundi

L''assemblée générale du syndicat des magistrats de Madagascar (SMM) a décide vendredi d'entamer une grève générale de trois jours à partir de ce lundi 27 septembre.
Les magistrats revendiquent le paiement de plusieurs types d'indemnités dont celle liée à leur  fonction et  qui est, selon eux, déjà prévue dans le budget actuel.
« On ne demande pas la lune puisque c'est déjà depuis plusieurs années que sont prévues dans les textes sans qu'on ait procédé à leur paiement. Pour l'instant on n'attend des autorités que la signature pour garantir le paiement de ces indemnités », a fait savoir Auguste Marius Arnaud, président du Syndicat des magistrats de Madagascar.
Les magistrats estiment qu'il y a une mauvaise foi manifeste de la part de l'exécutif dans le non-paiement de ces indemnités. Ils envisagent d'intensifier la grève si jamais leur revendication n'est pas satisfaite. « Nous sommes prêts à toute éventualité dont la coupure des salaires puisque nous estimons que c'est vraiment l'estime des magistrats qui est actuellement bafoué », a encore lancé le président du SMM.
La ministre de la Justice de la transition malgache, Christine Razanamahasoa, n'a pas encore voulu faire de commentaires sur cette menace de grève. Elle a simplement fait remarquer « qu'une majorité des magistrats des provinces n'ont été représenté que par des mandataires qui auraient pu voter suivant leurs propres guises ».

Les anciens exilés dénoncent des « manipulations »

Les anciens exilés politiques haussent le ton. Au cours d'une conférence de presse tenue, hier au Motel d'Anosy, quelques-uns d'entre eux dont Jean-Emile Tsaranazy, Jean Robert, ou encore le colonel Lucien Raymond, ont soutenu que les résolutions concernant l'amnistie, prises à l'issue du vote lors de la conférence nationale, n'ont pas été prise en considération.


« Le principe d'une amnistie générale couvrant la période 2002- 2008 a été adoptée par environ 85% des participants. Or, à la lecture des documents confinant les résultats de la conférence nationale, nous nous étonnons de lire qu'une amnistie sélective serait appliquée », a relevé Jean-Emile Tsaranazy.

Et pourtant, « Nous avons participé activement à la conférence nationale, particulièrement aux travaux de commissions et à la séance plénière portant sur ce sujet de l'amnistie », a-t-il poursuivi.

Ces anciens exilés politiques se sentent donc quelque peu lésés et projettent d'engager des procédures. Mais, auparavant, ils comptent organiser une assemblée générale afin de discuter de la question et des démarches à suivre, étant entendu qu'ils seraient plus de 220 à avoir été victimes du précédent régime et à s'être regroupés. «En réalité, il ne faut pas perdre de vue le fait que la réconciliation nationale ne peut être séparé de l'amnistie», a indiqué Jean-Emile Tsaranazy.