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mardi 14 septembre 2010

Secteur pêche: Hausse des prix des poissons

Madagascar possède 4 500km de côtes, une zone économique de 1 million km2 et treize pour cent des communes à Madagascar logent les bords de la mer.
D’après la Banque Mondiale en 2003, la pêche fournit près de 62 000 emplois directs et 218 000 emplois indirects dans toute l’île. L’ex-province Mahajanga et Toliara sont les plus concernés par la pêche. Pour Mahajanga, 16% des communes existantes ont accès direct à la mer. La pêche y est activité primordiale. Cependant, les pêcheurs et revendeurs n’échappent pas à la crise qui guette le pays en ce moment.

« Depuis le mois de Juin, à cause du vent,  la production  a fortement baissé. Et du coup, on gagne de moins en moins. On doit payer les divers frais de transport depuis les dockers jusqu’à Antananarivo » explique Geneviève, une vendeuse de poissons à Mahajanga. On envoie 25 à 100 kilos poissons par semaine à Antananarivo selon les commandes et la quantité des poissons obtenus.  Pour 100 kilos de poissons, les frais de transport peuvent atteindre les 40 000 Ariary. Pour de taxi-brousse, les frais s’élèvent à 100 Ariary par kilo. Pour Geneviève avec son mari qui est pêcheur, elle ravitaille certaines grandes surfaces et certains revendeurs de la capitale. «On ne peut pas augmenter les prix de nos poissons compte tenu du pouvoir d’achat des Malgaches très faible, soit on gagne peu soit nos produits pourrissent. La marge bénéficiaire est de plus en plus minime. A l’instar des crevettes, où on les vend à 10 000 Ariary ici à Mahajanga et à 12 000 Ariary le kilo à Tana, on ne gagne que 500 à 1000 Ariary par kilo»
poursuit-elle. Par ailleurs, pour pouvoir transporter ces marchandises, les fournisseurs doivent avoir un statut légal. « La production est en baisse alors qu’on doit payer les taxes qui varient entre 160 000 à 1 200 000 Ariary respectivement pour les poissons et les crevettes tous les ans » a-t-elle souligné. «Ce qui est évident c’est que plus on investit, plus nos bénéfices augmentent mais malheureusement pour nous, on n’a pas encore les moyens d’aller au –delà de nos possibilités » s’est-elle plaint.

lundi 13 septembre 2010

Banque Mondiale : Tout risque d'être perdu pour Madagascar

La mauvaise gouvernance qui caractérise la période actuelle de transition aura des impacts sur le futur de nos relations avec les bailleurs de fonds. La Banque Mondiale, notamment, dans sa dernière mise à jour du programme à Madagascarindique que: « Par ailleurs la détérioration des indicateurs de performance deMadagascar, et notamment ceux portant sur la gouvernance, risque de réduire la part des fonds futurs l’IDA 16 est en cours de négociation) auxquels le pays pourrait aspirer ».
Dons et prêts. L'IDA (Association Internationale de Développement), précisons-le, est l’institution de la Banque mondiale qui aide les pays les plus pauvres de la planète. Créée en 1960, l’IDA vise à réduire la pauvreté en accordant des dons et des prêts sans intérêt destinés à financer des programmes de nature à stimuler la croissance économique, à atténuer les inégalités et à améliorer les conditions de vie des populations. L’action de l’IDA complète celle de l’autre guichet de prêt de la Banque mondiale—la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD)—qui fournit aux pays à revenu intermédiaire des services de conseil et des capitaux pour financer leurs dépenses d’équipement. La BIRD et l’IDA partagent le même personnel et le même siège et évaluent les projets suivant les mêmes normes rigoureuses. L’IDA est l’un des principaux bailleurs d’aide aux 79 pays les plus déshérités de la planète, dont 39 se trouvent en Afrique. C’est la principale source de financement par les donateurs des services sociaux de base dans les pays les plus pauvres.
Concessionnelles. L’Association prête des fonds (appelés crédits) à des conditions concessionnelles. Autrement dit, les crédits de l’IDA ne portent pas intérêt, et les remboursements sont étalés sur une période de 35 à 40 ans, y compris un différé d’amortissement de 10 ans. Depuis sa création, l’IDA a accordé au total 222 milliards de dollars de crédits et de dons, au rythme de 13 milliards de dollars par an en moyenne ces dernières années, dont la majeurepartie, soit environ 50 %, va à l’Afrique.
En tout cas, la Banque Mondiale, via l'IDA a accordé ces derniers temps, à ces pays membres, notamment en Afrique, d'importants crédits pour ledéveloppement.
Reconnaissance internationaleMalheureusement Madagascar a perdu des opportunités en raison de la crise politique qui persiste. En effet, faute de reconnaissance internationale, le pays ne peut pas encore bénéficier des crédits de la Banque. Pire, tout risque d'être perdu puisque l’année fiscale de la Banque Mondiale qui a commencé en juillet 2010 pour se terminer en juin 2011 est la dernière du cycle tri-annuel des fonds fortement concessionnels que la Banque mondiale alloue aux pays les plus pauvres. Dans ce cadre, Madagascars’était vu allouer à titre indicatif un financement d’environ 600 millions de dollars sur la période allant de juillet 2008 à juin 2011, pour financer des projets inscrits dans un cadre de partenariat stratégique. Jusqu’à présent, Madagascarn’a pu obtenir qu’une partie de ces fonds, soit 85 millions de dollars, pour desprojets approuvés avant la crise. Mais tout risque d'être perdu puisque, les règles générales définies par les pays contributeurs de l’IDA stipulent que les financements disponibles qui ne pourront pas être utilisés avant la fin du cycle devront être progressivement réalloués à d’autres pays. Cette règle évite que ces financements très concessionnels soient perdus.
Recueillis par R.Edmond

Procès du 7 Février : son vrai but…

Beaucoup de commentaires, encore et toujours, sur le procès de la tuerie du 7 février 2009. En condamnant Marc Ravalomanana aux travaux forcés à perpétuité, pense-t-on, on éloigne ainsi durablement l’ex-chef d’Etat dont le retour au pays est indésirable. En fait, le véritable objectif du procès est tourné vers l’avenir : on déclare l’affaire close et on prévient une réouverture ultérieure du dossier. La hantise de l’actuel régime, c’est de voir plus tard ses dirigeants traduits en justice pour avoir conduit les manifestants
devant le palais d’Etat d’Ambohitsorohitra. Effectivement, le 7 février 2009 sur la Place du 13-Mai, les chefs du mouvement populaire ont exhorté la foule à prendre le palais présidentiel d’Ambohitsorohitra. Et ceci, afin d’en faire le lieu de travail du Premier ministre, nommé le jour même. Beaucoup ont conservé un enregistrement des propos tenus ce jour-là au micro de la Place du 13-Mai… En poussant la foule à se rendre à Ambohitsorohitra, zone classée rouge, les dirigeants de la Place du 13-Mai ont probablement commis un « homicide involontaire », c’est-à-dire une action qui a causé involontairement la mort d’autrui. Mais si le procès est ouvert, le tribunal pourrait conclure à un acte destiné à créer des martyrs et à discréditer le régime en place, c’est-à-dire « volontaire »…
En organisant le procès récent qui a condamné Marc Ravalomanana, on place l’affaire du 7 février sous l’ « autorité de la chose jugée ». Le jugement ayant été prononcé et les responsabilités ayant été établies, on ne peut plus revenir sur l’affaire du 7 février. Voilà tout ce qu’"il" voulait.

Invasions de criquets: Plus de 460 000 ménages ruraux touchés

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a averti d’une « menace grave et imminente due à la présence d’un nombre croissant d’essaims de criquets pèlerins » à Madagascar ; selon l’organisme, une « aide d’urgence doit être immédiatement apportée pour prévenir une catastrophe humanitaire ».
L’avertissement a été lancé lors d’une réunion sur l’Aide d’urgence à la lutte antiacridienne qui s’est tenue à Antananarivo, la capitale, le 8 septembre, quelques jours après la publication, par l’USAID, de l’édition d’août de son rapport de situation d’urgence sur les Invasions transfrontalières de ravageurs (ETOP) ; rapport qui présentait des prévisions s’étendant jusqu’à la mi-octobre et dont les auteurs exprimaient des préoccupations semblables, rapporte entre autres IRINNEWS.
De la sorte, il est indiqué dans l’ETOP que : « Une reproduction massive risque d’être observée … Dans cette éventualité, Madagascar connaîtra une des invasions de criquets les plus graves observées ces dernières années, et devra mener des interventions de contrôle à grande échelle jusqu’à la mi-2011 ».
Faire face à la menace d’une invasion de criquets coûtera environ 14,5 millions de dollars ; à ce jour, 4,7 millions de dollars ont été accordés par le Fonds central d'intervention d'urgence (CERF) des Nations Unies et 490 000 par le Programme d’urgence pour la coopération technique de la FAO.
Annie Monard, responsable des invasions de criquets aux bureaux de la FAO, à Rome, se rendra à Madagascar ces prochains jours ; Mme Monard a déclaré à IRIN que les indicateurs étaient « particulièrement inquiétants », les criquets étant
« si nombreux » qu’ils avaient pu
« s’échapper de leur zone habituelle » [dans le sud-ouest de Madagascar] et que des essaims avaient été observés le long du littoral est et dans l’ensemble de la région centre-ouest.
Madagascar a subi des invasions de criquets pendant quatre ans, jusqu’en 2000 ; cette année-là, seul l’extrême nord de la quatrième île du monde avait été épargné par le criquet pèlerin malgache (Locusta migratoria capito), et même la côte est, habituellement jugée trop humide, avait été touchée.
Cet insecte peut se reproduire presque tous les deux mois, et consomme environ l’équivalent de son propre poids en végétation (environ deux grammes) chaque jour. Mme Monard a raconté qu’en 1998, alors qu’elle se déplaçait en hélicoptère, elle avait aperçu un essaim recouvrant une zone d’environ 30 kilomètres sur 70. « C’était comme un énorme nuage qui se déplaçait sur toute la plaine ».

Inaperçue
La prolifération des criquets est passée inaperçue pendant les précédentes saisons des pluies (d’octobre à avril), les capacités du Centre national antiacridien (CNA), organisme public, étant affaiblies par la situation sociopolitique du pays, selon un document publié par la FAO, et intitulé Aide d'urgence à la lutte antiacridienne à Madagascar.
Madagascar est en effet embourbé dans une crise politique depuis le 17 mars 2009 ; l’aide internationale a été réduite à l’aide humanitaire d’urgence (et ce uniquement si celle-ci est justifiable) depuis le transfert de pouvoir « illégal » à l’issue duquel le président Marc Ravalomanana a cédé la place au chef de l’opposition Andry Rajoelina.
« Les essaims dont la présence a été signalée récemment hors de leur zone d’infestation indiquent une prolifération importante. Les expériences passées ont montré qu’une invasion pouvait évoluer  »
Le climat actuel, sec et frais, n’est pas propice à la reproduction, mais avec les premières pluies et dès que la température commence à grimper, les insectes se reproduisent rapidement. A mesure que la densité de population augmente, les insectes connaissent des changements comportementaux et physiques : de solitaires, ils deviennent grégaires, et forment des essaims qui dévastent les cultures (chaque million de criquets consomment une tonne de vivres).
« Les essaims dont la présence a été signalée récemment hors de leur zone d’infestation indiquent une prolifération importante. Les expériences passées ont montré qu’une invasion pouvait évoluer si la population acridienne n’était pas contrôlée à ce stade. L’invasion qui s’ensuivrait se poursuivrait pendant de nombreuses années, en ayant des conséquences dévastatrices sur la sécurité alimentaire », peut-on lire dans le document publié par la FAO sur l’aide d’urgence.
« Les essaims de criquets qui ne se sont pas encore développés vont se développer et commencer à se reproduire au début de la prochaine saison des pluies, et des concentrations de jeunes criquets aptères (bandes larvaires) se développeront entre octobre et décembre 2010. Ces bandes attaqueront principalement les régions est de la zone d’infestation, qui recevront les premières précipitations. Toutefois, elles frapperont également le centre-ouest, déjà envahi par les essaims ».
Cette année, selon Mme Monard, des enquêtes et des préparations ont été effectuées depuis le mois de juillet en vue de lancer, à l’approche des premières pluies, une campagne de pulvérisation de « trois familles de pesticides », pour contrôler la prolifération des insectes.

 Trois familles de pesticides
Les pesticides conventionnels protègeront les cultures menacées, les régulateurs de croissance des insectes contrôleront les bandes larvaires (criquets aptères), et des pesticides biologiques seront appliqués dans les zones écologiquement sensibles, notamment les « réserves naturelles, les parcs nationaux et les régions peuplées », selon le document publié par la FAO.
Environ 500 000 hectares seront pulvérisés au moment où les populations acridiennes seront les plus vulnérables, c’est-à-dire « lorsque les criquets, pas encore ailés et moins mobiles, marcheront et seront particulièrement sensibles aux pesticides », a commenté Mme Monard.
Toutefois, l’équipement doit être pré acheminé à l’approche des pluies : les routes menant à bon nombre de zones menacées par les criquets pourraient devenir impraticables pendant la saison des pluies, selon la FAO.
« Les criquets font planer une menace immédiate sur les moyens de subsistance des communautés rurales, déjà précaires en particulier dans le Grand Sud [de Madagascar] », notait la FAO dans son rapport d’août sur la lutte antiacridienne. Environ 70 pour cent des quelque 20 millions d’habitants que compte Madagascar vivent en deçà du seuil de pauvreté, et 50 pour cent des enfants âgés de moins de cinq ans souffrent de malnutrition dans le pays.
Selon les prévisions, pas moins de 52 communes de la région devraient être touchées par l’insécurité alimentaire d’ici à la fin de l’année 2010, et 10 d’entre elles (qui comptent environ 100 000 habitants) seraient touchées par une insécurité alimentaire grave, d’après une évaluation réalisée par le Programme alimentaire mondial en juillet 2010. Toutes les communes touchées par l’insécurité alimentaire sont menacées par les essaims de criquets.
Selon le CNA, plus de 460 000 ménages ruraux, soit 2,3 millions de personnes, seraient touchés par les invasions de criquets, et les pertes de récoltes potentielles pourraient représenter un manque à gagner d’au moins 135 millions de dollars.
 

Conférence Nationale : des centaines d’exclus !

Il pourrait y avoir un énorme tollé ce matin au Centre de Conférences International d’Ivato, lors de la cérémonie d’ouverture de la conférence nationale. Ceux qui seraient exclus de la liste des participants pourraient organiser une manif spontanée et exprimer leur  mécontentement en faisant du bruit. Comme il y en a au moins 500 ou 600 personnes concernées, cela fera un tapage certain. Pendant la journée de samedi et d’hier dimanche à l’immeuble Aro d’Ampefiloha, site où l’on remet les badges aux mandataires, ce fut la foire, avec ce que cela comporte de cohue, de désordre et de tumulte.
Les organisateurs étaient débordés par le nombre de participants (ou plutôt de prétendants à la participation), car s’ils attendaient environ 2 000 personnes, il y en eut au moins le double dans les rangs de ceux qui ont fait la queue. Apparemment, tout le mal vient de l’absence d’une liste qui fait véritablement autorité. Il y auraient des listes parallèles, conçues par on ne sait qui, mais aussi de nombreuses personnes pourvues d’une procuration en bonne et due forme, mais qui ne figuraient pas dans « la » liste.
A partir de ce jour, dans la capitale et autour des lieux de réunion, on verra des centaines de gens venus de régions lointaines errer comme des âmes en peine. Beaucoup sont venus par leurs propres moyens et sont en général désargentés. Mais écartés des salles de réunion, des sites de restauration et d’hébergement, mais aussi des moyens de transport accordés aux vrais participants, ils feront figure de cas sociaux. L’Etat devra se manifester pour prendre en charge ces citoyens laissés en rade, pour les loger et les nourrir et surtout pour les ramener chez eux…
Une manif à Ivato dès la première journée, pourrait créer une mauvaise impression et discréditer toute la conférence nationale. On peut désamorcer la crise en bottant en touche, c’est-à-dire en admettant dans la salle tous ceux sincèrement décidés à contribuer à la réussite de ces assises. Il est possible d’agir ainsi lors de la cérémonie d’ouverture, dans la limite des places disponibles. Mais pour la suite de la conférence, notamment pour les travaux de commission, il faudra y mettre de la prudence. La même situation est intervenue lors des précédentes assises nationales organisées à Ivato, et on résolut la crise en acceptant les « exclus », surtout ceux venus de loin.
Mais cette fois-ci, la configuration est autre , car pour dégager les principales tendances lors des débats, on va recourir au vote à main levée, par exemple pour départager la Constitution unitaire et celle fédérale. Dans ce cas, la question de la représentativité des votants est cruciale et les organisateurs ne peuvent faire entrer n’importe qui dans les salles.
A quoi attribuer ces dysfonctionnements qui placent d’emblée la conférence sous de sombres auspices ? D’abord au choix trop restrictif qui consiste à reprendre pour la conférence nationale les participants des « dinika santatra ». Beaucoup de gens, écartés de ces assises préliminaires puis de la conférence nationale, se bousculent au portillon car bien décidés à faire valoir leurs vues. On aurait dû étendre la représentation à d’autres composantes de la société afin d’obtenir, d’autres sons de cloche. Ensuite car des ministères et départements (notamment ceux de la Décentralisation et de l’Education nationale) ont envoyé des délégués à partir des districts, alors que l’Etat s’était proclamé « neutre » dans l’affaire et a pris ses distances vis-à-vis de l’organisation. Ces ministères agissent ainsi peut-être pour faire triompher des positions censées être celles du régime de transition. Peut-être surtout pour peser dans un sens favorable au statu quo, c’est-à-dire faire échec au gouvernement d’union et conserver le gouvernement en l’état jusqu’à la fin de la transition. Bref, des ministres entendent garder leurs postes et manoeuvrent afin de parvenir à leurs fins. Qu’en sera-t-il lors de vraies élections au suffrage universel ?
Des dysfonctionnements, des défauts et des anomalies donc. Ainsi que nous l’avions déjà dit, il est un peu trop imprudent de miser tout l’avenir de la nation sur un rassemblement organisée de façon imparfaite. On peut envisager une seconde « conférence nationale » mieux préparée et avec la participation des exclus de la première édition. Bien sûr cela coûtera pour nourrir pendant cinq jours tant de monde, mais vu l’enjeu, il ne faut pas en faire tout un… plat.

jeudi 9 septembre 2010

Prix du riz: Des hausses relatives au niveau national

La semaine du 30 août 2010 a été marquée par la hausse relative des prix moyens au kilo du riz par rapport à la semaine du 23 août 2010. En effet, d’après les données de l’Observatoire du riz, il est mentionné que les variations sont de l’ordre de +4% pour le paddy, +3% pour le « makalioka », +2% pour le « tsipala » et +1% pour le « vary gasy ».
Cette situation au niveau national s’avère normale à l’égard des situations habituelles du marché en cette période puisque la période de soudure commence déjà pour certaines Régions.
Toutefois, note-t-on, le prix moyen du riz importé a chuté de 2% en raison de la réduction de 8% du prix de cette variété de riz dans la Région Analanjirofo, tirant à la baisse les prix au niveau national.
En comparant à la même période de l’année dernière, les évolutions des prix moyens sont de : +6% pour le « vary gasy », +5% pour le « tsipala », et +3% pour le « makalioka », le riz importé et le paddy.
En creusant davantage la situation, l’Observatoire du riz indique que durant la semaine considérée, les prix moyens au kilo du riz blanc local varient entre Ar 769 (à Sofia) et Ar 1260 (à Androy).
Ce prix plancher à Sofia est dû à l’abondance du riz sur les marchés dans tous les Districts.
Quant aux prix plafonds à Androy, les facteurs explicatifs sont l’insuffisance du riz vendu sur les marchés due à la rareté des camions transportant du riz. Dans ce contexte, on a également constaté une augmentation des prix moyens dans les Régions Boeny (9%) et Alaotra Mangoro (5%). Cette situation est expliquée par la hausse des prix dans les Districts de Mitsinjo et de Soalala, liée à la difficulté de transports pour Boeny, et la concurrence entre les collecteurs pour Alaotra Mangoro.
Cependant, il est remarqué qu’en raison de l’arrêt temporaire des pluies dans le District d’Andapa (le grenier à riz dans la Région SAVA), le prix moyen au kilo du riz blanc a chuté de 12% par rapport à la semaine dernière.
Concernant les prix moyens au kilo du riz importé , l’Observatoire du riz fait état qu’ils ont été  en dessus de la barre d’Ar 1000 sauf pour le cas d’ Atsinanana.
Ainsi, les prix moyens se situent entre Ar 994 (dans la Région Atsinanana) et Ar 1313 (dans la Région Androy). Et par rapport à la semaine dernière, la Région Analanjirofo a enregistré une diminution de 8% pour le prix du riz importé. Cette baisse s’explique par l’arrivée des approvisionnements en riz importé dans le District de Mananara Nord en provenance de Toamasina I.
De la sorte, selon toujours la même source, il est souligné qu’au niveau des Districts, les prix ont varié d’Ar 900 (Districts de Toamasina I et Toamasina II, Région Atsinanana) à Ar 1400 (District de Tsihombe, Région Androy).
Et à propos de la transaction de paddy , il est observé que les prix moyens au kilo varient entre Ar 386 (Région Sofia) et Ar 785 (Région SAVA).
Par rapport à la semaine dernière, on a enregistré une hausse des prix moyens du paddy dans les Régions Boeny (28%), Amoron’i Mania (14%) et Sofia (5%). Cette hausse est principalement due à la réduction des stocks au niveau des paysans pour Boeny et Amoron’i Mania, et à la concurrence entre les collecteurs pour Sofia.


mercredi 8 septembre 2010

Banque Centrale « Erreur » ambiguë causant 61 milliards d’ariary de pertes

Le Conseil des ministres a approuvé ces dernières semaines le rapport annuel 2009 de la Banque centrale de Madagascar (BCM), qui est depuis disponible en libre consultation sur le site de l’institution.
Il permet de se rendre compte des résultats de la BCM, a priori très positifs puisqu’ils sont bénéficiaires (de 17,84 milliards d’ariary) pour la première fois depuis 2005.
Malgré cela en étudiant ce rapport dans le détail, quelques données nous ont interpellé, à commencer par la variation des fonds propres, qui ont quant à eux diminué de 6,1 milliards d’ariary par rapport à 2008. D’après le rapport, ces chiffres s’expliquent en partie par des corrections d’erreurs présentant un solde débiteur de 48,7 milliards d’ariary (soit 24 millions de dollars), compensées entre autres par une réévaluation des terrains et constructions pour 24,6 milliards d’ariary.
Il faut entrer dans le detail du rapport de la BCM pour trouver une laconique explication de ces corrections d’erreurs, qui se décomposeraient en 2 volets :
  • une correction positive de 12,9 milliards d’ariary relative au « coût de stérilisation des achats de devises sur le MID » ;
  • une correction négative de 61,8 milliards d’ariary «  pour la correction des consommations de pièces détachées de matériels fiduciaires non imputées en charges avant 2009  ».
Ce seraient donc les charges de ces « pièces détachées de matériels fiduciaires », non prévues puisqu’elles n’étaient pas comptabilisées jusque là, qui auraient coûté à la BCM près de 62 milliards d’ariary. Pour rappel, les matériels fiduciaires, ce sont notamment les trieuses et compteuses de billets. Que ces machines soient chères est une affaire entendue. Mais qu’elles le soient à ce point – et seulement pour les charges de leurs pièces détachées – est pour le moins étonnant. En effet, si l’on se réfère aux rapports des années passées, jamais on n’a atteint une telle somme. En 2004, à titre de comparaison, l’auditeur justifie dans son rapport l’importance des montants d’investissements consacrés aux matériels fiduciaires : « la poursuite de la mécanisation du traitement des signes monétaires a nécessité l’acquisition des nouvelles machines complémentaires telles que machines à trier, à compter et celles permettant la destruction des billets de banques usés », explique le rapport pour justifier le chiffre d’acquisition de … 42,74 milliards de FMG, soit un peu plus de 8 milliards d’ariary. On est donc bien loin des 62 milliards d’ariary du rapport 2009, même en imaginant que certaines charges se soient rajoutées depuis. Et cette fois, aucun des documents publiés au titre de l’exercice 2009 ne prend la peine d’expliquer s’il a fallu mécaniser, réparer des pannes ou acquérir de nouvelles machines, alors que la somme impliquée est presque 8 fois plus importante qu’en 2004.
Intrigués par ces pièces détachées à 61,8 milliards d’ariary, nous avons envoyé de nombreux courriers électroniques. Les premiers ont été adressés aux responsables de la société Itech, une filiale de Sipromad chargée entre autres de fournir des matériels fiduciaires, et qui indique sur son site internet compter la BCM parmi ses clients. Nous leur avons demandé des précisions sur la somme de 61,8 milliards d’ariary, mais nous sommes à ce jour restés sans réponse.
Même silence du côté de la Banque centrale, à qui nous avons également demandé à plusieurs reprises des éclaircissements sur l’importance des corrections contenues dans les états financiers 2009. Pas plus de réaction du côté de censeurs de la Banque centrale et du directeur général du Trésor au Ministère des Finances.
Seul Delta Audit, l’auditeur comptable actuel de la BCM, et qui a rendu une opinion favorable sur les états financiers 2009 (« À notre avis, les comptes annuels de la Banque centrale de Madagascar arrêtés au 31 décembre 2009 (…) sont sincères et présentent une image fidèle, sur tous leurs aspects significatifs, du résultat de ses opérations (…) »), a accepté de nous répondre… pour nous dire qu’il n’était pas autorisé à communiquer des informations directement à des tierces parties, et nous prier de nous adresser directement à la Banque Centrale.