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mercredi 1 septembre 2010

Tuerie du 7 février : Marc Ravalomanana renvoie la balle à l'ancien PM Charles Rabemananjara


Marc Ravalomanana est entré, en direct, hier au Magro Behoririka, à partir de l'Afrique du Sud. D'entrée de jeu l'ancien président a abordé l'arrêt rendu par la Cour Criminelle Ordinaire (CCO), sur l'affaire du 7 février. « Je n'ai donné aucun ordre de tirer. Des responsables s'en chargent, notamment le Premier ministre et l'OMC ». Une manière à lui de renvoyer la balle à son ancien Premier ministre, Charles Rabemananjara. « Selon la Constitution, la Cour criminelle ordinaire n'est pas habiletée à juger un Président de la République. Ce verdict n'aura aucun impact sur moi » a-t-il déclaré.

Zone rouge. Concernant les militaires impliqués dans cette affaire du 7 février, l'ancien chef suprême des forces armées estime que ces derniers auraient dû être jugés par un tribunal militaire. Et d'enchaîner que la grande muette devrait se pencher sur le cas des hommes en treillis qui croupissent en prison. A lui de soutenir que « les gens qui étaient venus à Antaninarenina y ont été pour un coup d'Etat. Ils ont franchi la zone rouge, les forces de l'ordre n'ont fait qu'assumer leur responsabilité ».

Tribunal international. Toujours à propos de la tuerie du 7 février, l'ancien chef de l'Etat propose la mise en place d'un tribunal international indépendant. « Il y avait eu des tirs en d'autres endroits, en dehors du Palais ». A lui de rappeler également, les attaques menées contre lui. « On a dit que le Président de la République a acheté un avion, en son nom personnel. C'est faux ». Faisant sans doute allusion à l'achat du « Force One Two ». Le remblai d'Andohatapenaka et la vente de terrain aux étrangers. Tout ceci est faux, a-t-il martelé. Il a terminé son discours en réconfortant les « Zanak' i Dada ». Et de réitérer qu'à son retour au pays, il n'y aura point de vengeance.
Recueillis par Dominique R.

Camille Vital : Pour la nomination de militaires à la tête des Régions

es grands chefs militaires étaient convoqués hier après-midi, à 16 heures, à Mahazoarivo.

Le Premier ministre Camille Vital était entouré d'une pléiade d'« étoiles », en l'occurence, le général Lucien Rakotoarimasy, ministre des Forces armées; le général Randrianazara, Secrétaire d'Etat à la Gendarmerie; le Chef d'Etat-major général de l'Armée, le général Ndriarijaona André; le commandant de la gendarmerie nationale, le général Bruno Razafindrakoto. A l'ordre du jour, la sécurité ou l'insécurité (c'est selon).

Réunion de crise. La séance de travail d'hier était le prolongement de la réunion de crise que le PM de la HAT a eue vendredi dernier avec les hauts gradés membres de son cabinet, entre autres, le général Monibou Ismaël, conseiller spécial en matière de défense; le général Ranto Rabarisoa, conseiller; le colonel Rivolala Rasolofoniaina, conseiller; et le colonel Ralala Roger, directeur de cabinet. Le mot d'ordre est le rétablissement de la sécurité tant urbaine que rurale, tel qu'il a été décidé en conseil des ministres.

Premier ministrable. Malgré la course à la Primature dont le coup d'envoi a été donné au lendemain de la signature de l'accord politique d'Ivato, on ne sent pas une atmosphère de fin de règne au palais de Mahazoarivo. Camille Vital continue d'assumer ses fonctions. Son nom figure du reste dans la liste de Premiers ministrables proposée par l'UDR et le TGV. Sur le plan politique, Camille Vital était le premier à contacter l'aile du Tim conduite par Raharinaivo Andrianatoandro. Il a eu également des contacts avec des Ratsirakistes comme le général Tsaranazy Jean Emile. En somme, le PM de la HAT qui a lui-même des étoiles sur ses épaulettes, compte beaucoup sur les généraux. Il voulait d'ailleurs, au lendemain de son arrivée à Mahazoarivo, remplacer les chefs de Région politiciens par des hauts gradés. Le général Camille Vital donne l'impression de vouloir s'inspirer du mode de gouvernance – un vocable inconnu à l'époque – du général Ramanantsoa qui avait nommé des gouverneurs militaires à la tête des provinces, pour assurer la sécurité sur l'ensemble du territoire, au lendemain du « rotaka » de 72.
R. O

Procès du 07 février : Arrestations dans les camps?

Environ 10 militaires impliqués dans l'affaire 07 février n'ont pas comparu devant la Cour Criminelle Ordinaire. Samedi dernier, la CCO a prononcé contre eux des peines d'emprisonnement alors qu'ils se réfugiaient dans leurs camps d'origine. La majorité d'entre eux se trouve au 1er RFI d'Ivato. Ces militaires condamnés à des peines d'emprisonnement seront-ils arrêtés dans les camps suite au mandat d'arrêt délivrés contre eux? A noter que les militaires dont les noms figurent dans la liste des 19 personnes impliquées dans la tuerie du 07 février sont divisés en 3 catégories: il y a ceux qui ont été écroués, il y a les déserteurs et il y a ceux qui ont choisi de se retrancher dans leurs camps d'origine.
RAJAOFERA Eugène

mardi 31 août 2010

Madagascar : 1.047.000 doses de vaccins contre la grippe A/H1N1 à distribuer en septembre

L'Organisation mondiale de la santé (OMS), va distribuer 1.047.000 doses de vaccins contre la grippe A/ H1N1 à Madagascar en septembre, a-t-on appris lundi auprès du bureau de l'OMS à Antananarivo.

La campagne sera divisée en deux parties dont la première campagne aura lieu du 6 au 10 septembre tandis que la deuxième est prévue vers la fin de l'année, a dit le chargé du programme de lutte contre les maladies à l'OMS, Dr Arthur Lamina Rakotonjanabelo.

La première campagne, qui coûte 4,5 millions de dollars, va cibler 300.000 femmes enceintes et 15.000 médecins ou personnels médicaux en contact permanent avec les patients aux centres de santé dans toute l'île.

La seconde phase va cibler les personnes vulnérables tels que les diabétiques et les enfants de 6 mois à 10 ans, a indiqué le Dr. Rakotonjanabelo.

«Tous les 2 millions de doses demandées par Madagascar à l'OMS ont été acceptées par l'OMS mais seulement 1.045.000 de doses viennent d'arriver dans le pays pour lenteur du rythme de production et indisponibilité de stock ».

Rakotonjanabelo a expliqué que l'OMS distribue encore des vaccins à Madagascar afin d'aider les Malgaches à bien se protéger contre une éventuelle recrudescence de la maladie, malgré la déclaration officielle de la fin de la pandémie, le 10 août dernier par l'OMS.

Depuis l'identification de la première victime de la grippe AH1N1 à Madagascar en août 2009, 1.018 cas ont été confirmés dont 3 décès enregistrés.

lundi 30 août 2010

Madagascar: la condamnation de Ravalomanana complique la sortie de crise

ANTANANARIVO — La condamnation de l?ancien président malgache Marc Ravalomanana aux travaux forcés à perpétuité risque de constituer un nouvel obstacle aux tentatives de sortir l'ile de plus d'un an et demi de crise politique, ont déclaré des responsables et analystes.

M. Ravalomanana, qui vit en exil en Afrique du Sud, a été condamné samedi par contumace par la cour criminelle ordinaire d?Antananarivo pour son rôle dans la tuerie du 7 février 2009.

Ce jour-là, la garde présidentielle avait tiré sans sommation sur une foule qui se dirigeait vers le palais abritant les bureaux du président Ravalomanana, dans le centre de la capitale, faisant au moins une trentaine de morts et plus d?une centaine de blessés.

"Cela ne va pas faciliter le processus de sortie de crise", a commenté à Antananarivo un diplomate occidental sous couvert d?anonymat.

"Je suis perplexe sur le télescopage entre ce procès, qui mérite une enquête approfondie, et les réunions politiques sur la gestion de la transition", ajoute-t-il, notant la rapidité des audiences qui n?ont duré que deux jours.

M. Ravalomanana, interrogé depuis l?Afrique du Sud par l'AFP, a dit rejeter un verdict "stupide, ridicule".

Il a dénoncé un procès politique qui a pour but, a-t-il dit, de l'"empêcher de (se) présenter à la prochaine présidentielle" et de "troubler les pourparlers en cours en ce moment à Madagascar".

"Ca va compliquer la résolution de la crise. Comment voulez-vous qu?on continue à discuter?", s?est interrogé Fetison Andrianirina, chef de délégation de la mouvance Ravalomanana aux négociations politiques à Madagascar.

"C?est un arrêt scélérat auquel nous n?accordons pas d?importance particulière", a-t-il ajouté à l?AFP.

Le 7 février 2009, Andry Rajoelina, alors maire d'Antananarivo et opposant à Marc Ravalomanana s?était déclaré "en charge des affaires du pays" après des semaines de confrontation et de manifestations publiques.

Il avait nommé un "Premier ministre" que des milliers de partisans avaient voulu installer au Palais présidentiel, lieu de la fusillade.

Madagascar est plongée dans une crise politique grave depuis fin 2008, qui a conduit à l?éviction en mars 2009 du président Ravalomanana et à son remplacement par son principal opposant, M. Rajoelina, alors soutenu par l?armée.

Malgré les tentatives de médiations internationales et la signature d?accords l?an passé à Maputo et Addis Abeba, le pays n?a pas entamé de processus unanimement reconnu pour mettre fin à la transition et la plupart des bailleurs de fonds ont suspendu leurs aides envers cette île pauvre de l?Océan Indien.

Il y a quinze jours, un accord entre plusieurs partis politiques et M. Rajoelina a été signé pour mettre en place une transition consensuelle.

M. Ravalomanana et les deux anciens présidents Albert Zafy et Didier Ratsiraka refusent de s?y associer, alors que certains représentants de leurs mouvances ont choisi d?y adhérer.

Cet accord prévoit un référendum constitutionnel le 17 novembre, des législatives en mars 2011 et le premier tour de la présidentielle le 4 mai.

Alors que de larges négociations ont eu lieu cette semaine et devaient se poursuivre dans les jours à venir, un rapprochement des positions semble aujourd?hui compromis.

Samedi, M. Ravalomanana a estimé que "le régime illégal de M. Rajoelina n?a pas la volonté politique de résoudre le problème".

Andry Rajoelina réaffirme la tenue de la conférence nationale malgache du 13 au 18 septembre

APA-Antananarivo (Madagascar) Le président de la Haute autorité de Transition de Madagascar, Andry Rajoelina, a réitéré dimanche soir, lors d’un débat télévisé, la tenue de la conférence nationale du 13 au 18 septembre à Antananarivo.

Cette annonce survient au lendemain de la condamnation par contumace, aux travaux forcés à perpétuité, de l’ancien président malgache Marc Ravalomanana, reconnu coupable d’avoir donné directement les ordres à la garde présidentielle de tirer sur des manifestants, le 17 février 2009, faisant une trentaine de morts et plus d’une centaine de blessés.

Sur les 19 accusés, 14 ont été condamnés aux travaux forcés à perpétuité. Le directeur de la sécurité présidentielle, le général Raoelina, les colonels Serge Ralamboarison, Jadifara et Ambroise Razanakoto, le capitaine René Berthin, le gendarme de deuxième classe Lidy Fikisy, le caporal Jeanot Fatima, l’Adjudant Kotokely Manahira…sont accusés d’être parmi les tireurs embusqués à l’intérieur du palais présidentiel et les bâtiments publics aux alentours.

Par ailleurs, le colonel Richard Randrianarimanana, le comissaire Nambonona Rakotovao et le directeur de la sécurité de la Haute Cour constitutionnelle, Ralitera Randrianandraina, ont tous écopé une peine de deux ans d’emprisonnement avec sursis. Seul Odilon Parfait Razafindraoizy a été relaxé au bénéfice du doute.

A la demande des victimes, la Cour criminelle ordinaire a condamné les accusés à payer aux familles des personnes décédées une somme de 20 millions Ariary (1 euro=2 566 Ariary) et 10 millions d’Ariary pour les blessés, à titre de dommages et intérêts.

Sitôt après le prononcé du verdict, l’ancien locataire d’Ambohitsorohitra, Marc Ravalomanana, a vivement réagi par le biais de ses avocats, déclarant qu’il ne fera pas de pourvoi en cassation.

De son côté, le ministère de la Justice a fait savoir qu’un mandat d’arrêt international sera lancé contre Marc Ravalomanana et une demande d’extradition sera également formulée auprès des autorités sud-africaines. Mais, il n’existe pas de protocole d’accord entre Pretoria et Antananarivo, une manière de dire que cette procédure judiciaire pourrait rencontrer des problèmes.

Aux yeux de Marc Ravalomanana, « ce verdict est stupide, ridicule et revêt un caractère politique visant à l’empêcher de se présenter à la prochaine élection présidentielle ».

Il demande ainsi à la communauté internationale de condamner le régime de transition et de poursuivre l’application de sanctions ciblées à l’encontre de ses dirigeants.

Madagascar : la sortie de crise s’éloigne

Expédiée en deux jours de procès, la condamnation de Marc Ravalomanana risque de constituer un nouvel obstacle aux tentatives de sortir l’île de plus d’un an et demi de crise politique. M. Ravalomanana, qui vit en exil en Afrique du Sud depuis son éviction du pouvoir par Andry Rajoelina en mars 2009, a été condamné samedi par contumace par la cour criminelle ordinaire d’Antananarivo pour son rôle dans la tuerie du 7 février 2009.

« Un verdict stupide et ridicule ». C’est ainsi que Marc Ravalomanana, a qualifié samedi le dénouement de son procès sur la tuerie du 7 février 2009. Ce jour-là, la garde présidentielle avait tiré sans sommation sur une foule qui se dirigeait vers le palais abritant les bureaux du président Ravalomanana, dans le centre de la capitale, pour y porter le Premier Ministre désigné par Andry Rajoelina. Ce drame avait fait 30 morts et une centaine de blessés.

Condamné aux travaux forcés à perpétuité, l’ancien président malgache a dénoncé un procès politique qui a pour but de « l’empêcher de (se) présenter à la prochaine présidentielle » et de « troubler les pourparlers en cours en ce moment à Madagascar ». Pour Fetison Andrianirina, chef de délégation de la mouvance Ravalomanana, ce jugement va « compliquer la résolution de la crise ».

Avis partagé par un diplomate occidental, qui, notant la rapidité du procès, confiait sous couvert d’anonymat dimanche à l’AFP : « Je suis perplexe sur le télescopage entre ce procès, qui mérite une enquête approfondie, et les réunions politiques sur la gestion de la transition ». Pour manifester leur désapprobation par rapport à la condamnation de M. Ravalomanana, les trois mouvances de l’opposition, menées par les trois anciens présidents Didier Ratsiraka, Albert Zafy et Marc Ravalomanana, ont promis de boycotter les concertations qui se poursuivent ce lundi dans la capitale malgache. Une action politique initiée il y a quinze jours par Andry Rajoelina afin d’essayer de sortir de la crise politique que connait le pays depuis un an et demie.

Marc Ravalomanana en appelle à la communauté internationale

Les initiateurs de cette tribune de dialogue ont d’ores et déjà indiqué que la table ronde se poursuivra avec ou sans la présence de l’opposition. La condamnation de Marc Ravolomanana semble ainsi illustrer ce qui apparaît dès lors comme un simulacre de concertation, qui ne prend pas en compte l’opposition. De plus, ce procès, que les trois mouvances voulaient voir suspendu durant les négociations entre les différents partis, ne semble pas avoir été mené de la manière la plus juste qu’il soit : une durée éclair de deux jours et une nuit, absence des avocats des accusés, vision unilatérale du drame - certains observateurs (notamment Ndimby A. dans un éditorial de Madagascar-Tribune) pensent que les personnes (dont Andry Rajoelina) qui ont initié le mouvement de foule vers le palais du président pour le soulever ont également leur part de responsabilité dans le drame. Autant d’éléments qui ont fait dire à l’issue du procès à l’avocate de l’ex-président, Me Razafimanantsoa, qu’il y avait une « violation flagrante des droits de la défense ».

Interrogé par Reuters samedi, Marc Ravalomanana en appelle à la communauté internationale d’intervenir dans la crise. « Ces accusations devraient être déclarées nulles et non avenues. C’est l’œuvre d’un régime qui abuse de sa position pour mener des vendettas politiques. Je demande à la communauté internationale de condamner cette situation et d’intervenir dans cette crise », a-t-il déclaré.

La sortie de crise politique promise par Andry Rajoelina n’est pas prête de se profiler. Bien au contraire, en essayant de museler ses adversaires, le président de la Haute Autorité de la Transition (HAT), ne fait qu’exacerber les tensions entre les différents partis malgaches.